Cosmétique de l'ennemi de Amélie NOTHOMB

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Cosmétique de l’ennemi

de Amélie NOTHOMB
(Baby Contemporain – 9/20)
Le Livre de Poche,

2003, p. 123

Première Publication : 2001

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Amélie Nothomb née Fabienne-Claire Nothomb le 9 juillet 1966 à Etterbeek, Bruxelles, est une écrivaine belge francophone. Elle partage sa vie entre la France et la Belgique, et une partie d’elle reste tournée vers le Japon.
En 2004, elle en était à son 53e manuscrit. Elle dit écrire près de quatre romans par an pour n’en publier qu’un seul : « J’écris 3,7 romans par an, c’est un rythme, je l’ai constaté après coup. Cela dit, n’allez surtout pas imaginer que tous ces romans sont bons. Il y a une énorme proportion de romans ratés dont il est hors de question que je les publie », « L’immense majorité [de ces manuscrits] restera dans des caisses et n’en sortira pas. Je veillerai à me protéger suffisamment pour cela ». Se disant également « enceinte de ses romans », Amélie Nothomb dit écrire depuis l’âge de dix-sept ans.
Wikipédia.

Attentat Biographie de la faim Les Combustibles Robert des noms propres Stupeur et tremblements

 

 

Sans le vouloir, j’avais commis le crime parfait : personne ne m’avait vu venir, à part la victime.
La preuve, c’est que je suis toujours en liberté. C’est dans le hall d’un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d’avance. Il lui a suffi de parler. Et d’attendre que le piège se referme. C’est dans le hall d’un aéroport que tout s’est terminé. De toute façon, le hasard n’existe pas.

 

Cosmétique de l’ennemi est le sixième titre de l’auteure que je lis, mais j’ai toujours la même appréhension lorsque je commence un livre d’Amélie Nothomb. Avec la demoiselle, c’est soit ça passe, soit ça casse et le juste milieu n’est pas de mise. D’ailleurs, je dis toujours la même chose dans l’introduction de mes chroniques « Nothombiennes », mais c’est vraiment le cas…
Le pitch me tentait bien – comme souvent avec ses titres – mais, comme d’habitude, je me méfiais. J’ai trouvé la première partie intéressante bien qu’un peu… « mais où veut-elle en venir ? » « qu’est-ce que c’est encore que cette situation improbable ? »… mais tout s’éclaircit vers les deux tiers du texte et ça m’a plu ! Ce n’est peut-être pas mon Nothomb préféré mais c’est sans doute un de ceux qui me marqueront le plus !

120 pages en police 14 (si ce n’est pas plus !), ça se dévore d’un coup, en une heure environ. Le mieux c’est vraiment de l’avaler en une seule fois pour ne pas avoir de coupure dans le dialogue. De toute façon, le texte est conçu pour être lu d’une traite puisqu’il n’y a aucun chapitre ni saut de ligne, juste un gros bloc formé par le dialogue des deux protagonistes…

Tout se déroule en quelques heures, dans le hall d’un aéroport, entre deux hommes qui semblent coupés du reste du monde. On assiste donc au dialogue entre les deux protagonistes, alors qu’ils sont bloqués au sol, en attendant leur vol retardé de quelques heures. L’un des deux, Jérôme August, homme d’affaire, tente tant bien que mal de poursuivre la lecture du livre qu’il a dans les mains alors que l’autre homme, Textor Texel, s’impose et lui tient la grappe, lui racontant son passé et ses premiers pas de meurtrier.
Au début, autant agacé par cet énergumène louche que Jérôme August, le lecteur finit, comme ce dernier, par prendre goût aux propose de Textor Texel et attend la suite de l’histoire avec impatience ! Plus les pages défilent, plus le dialogue se complexifie et le postulat de base s’inverse petit à petit jusqu’à la révélation, finalement pas si extraordinaire que ça, mais bien amenée et qui entraîne une chute qui m’a plu.

Amélie Nothomb place deux hommes dans un aéroport et parvient, avec si peu de choses, à mener un dialogue sur 120 pages sans temps morts et c’est plutôt réussi ! Peu d’éléments au départ mais finalement un texte plus « riche » qu’on aurait pu le penser…

Si j’ai un petit reproche à faire à ce titre (et aux cinq autres que j’ai pu lire de l’auteure), c’est qu’Amélie Nothomb… se contente de faire du Amélie Nothomb ! Même format ou quasiment (entre 100 et 180 pages, en tout cas jamais plus de 200), même intrigue et personnages barrés… ça fonctionne bien, mais un jour, j’aimerais bien croiser l’auteure dans autre chose.
Parce qu’au bout d’un moment, ça sent un peu la solution de facilité… les histoires qu’elle nous propose sont originales, certes, mais c’est du pur Nothomb ! A quand un peu de renouveau chez la Dame au chapeau ?

« – Si. Celui qui l’a tuée, c’est forcément celui qui l’aimait le plus !
– Non ! C’est celui qui l’aimait mal ! »

« – Que me demandez-vous, au juste ?
– De m’écouter.
– Il y a des psy, pour ça.
– Pourquoi irais-je chez un psy quand il y a des aéroports pleins de gens désœuvrés tout disposés à m’écouter ? »

« Cette fille, je la connaissais mieux que personne. Je l’avais violée, ce qui n’est déjà pas mal, je l’avais assassinée, ce qui reste la meilleure méthode pour découvrir intimement quelqu’un. »

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