Night School, Tome 1 de C. J. DAUGHERTY

nightschoolNight School, Tome 1
de C. J. DAUGHERTY

(Challenge YA / Jeunesse – 36/24)
Robert Laffont (Collection R),
2012, p. 466

Première Publication : 2012

Pour l’acheter : Night School, Tome 1

 

C. J. Daugherty avait vingt-deux ans quand elle a vu un cadavre pour la première fois. Bien qu’elle ait cessé de rapporter des faits divers tragiques dans les journaux afin d’éditer des livres de voyage, elle n’a jamais perdu sa fascination pour ce qui conduit certains individus à commettre des actes horribles. Et pour le genre de personnes qui essaient de les arrêter. La série Night School est le fruit de cette fascination.

Tome 2

 

 

Allie Sheridan déteste son lycée. Son grand frère a disparu. Elle vient d’être arrêtée. Une énième fois. C’en est trop pour ses parents qui l’envoient dans un internat aux règles quasi militaire.
Contre toute attente, Allie s’y plaît. Elle se fait des amis et rencontre Carter, un garçon solitaire et ténébreux, aussi fascinant que difficile à apprivoiser…
Mais l’école privée Cimmeria n’a vraiment rien d’ordinaire. L’établissement est fréquenté par un fascinant mélange de surdoués, de rebelles et d’enfants de millionnaires. Plus étrange, certains élèves sont recrutés par le très discrète « Night School », dont les dangereuses activités et les rituels nocturnes demeurent un mystère pour qui n’y participe pas.
Allie en est convaincue : ses camarades, ses professeurs, et peut être même ses parents, lui cachent d’inavouables secrets. Elle devra vite choisi à qui se fier, et surtout qui aimer.

 

Avec ce cinquième titre, la collection R change un peu de registre, s’éloignant de la fantasy et de la dystopie pour aller faire un tour du côté du « thriller ».
Si les deux ou trois premiers chapitres m’ont fait douter de mon empathie avec l’héroïne, la suite m’a rapidement détrompée. Ce premier tome n’est pas exempt de défauts, c’est certain, mais il faut avouer que l’ensemble fonctionne vraiment très bien et a su me convaincre suffisamment pour que je le dévore en deux jours !

Si j’ai douté au début, c’est essentiellement à cause de la personnalité de l’héroïne, Allie. C’est une adolescente rebelle qui exprime son mal-être en taguant le bureau de son proviseur et en détruisant le matériel scolaire puis qui, lorsque ses parents prennent la décision de l’envoyer en pension, pique sa crise car ne comprend pas… Bref, entre Allie et moi, ça sentait mauvais et j’étais quasi sûre de ne pas la supporter.
Cependant et contre toute attente, point fort de cette histoire, l’adolescente évolue beaucoup et devient une héroïne que j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre. En revanche, vu son passé de casse-cou, j’ai été assez surprise par sa relative absence de réactivité alors que tout le monde lui cache plein de choses… A sa place, moi, c’est là que j’aurais piqué une crise pour enfin découvrir le pourquoi du comment !
J’ai apprécié le côté « fragile » de la jeune fille, mis en avant par ses fréquentes crises de panique. Allie est un peu paumée, triste et solitaire mais ce lycée très particulier va la changer et lui permettre d’en apprendre un peu plus sur les autres, sur sa famille… et sur elle. Elle évolue en douceur et dans le bon sens ; ça m’a plu.

En revanche, je regrette un peu l’aspect trop manichéen des autres personnages qui auraient mérité d’être un peu plus travaillés, à mon goût. Ils ne sont pas inintéressants, loin de là, mais ils paraissent ne posséder qu’un (voire deux) adjectif pour les qualifier ; et c’est dommage, parce que la personnalité humaine est plus riche et complexe que ça.
Je pense notamment aux deux bellâtres qui se « battent » pour Allie (oui, on l’a déjà dit et redit, le triangle amoureux est de mise dans la littérature jeunesse !) : Sylvain et Carter. Leur comportement est sans doute la chose la moins surprenante et originale de cette histoire (et quelle dommage !). Alors qu’il semble être le boyfriend parfait, Sylvain se révèle finalement plus proche d’un Georges Wickham alors que Carter, sous ses airs grognons d’ours mal-léché, peut sans problème être « comparé » à Monsieur Fitzwilliam Darcy… Bref, méfiez-vous des apparences ! Malgré ce côté convenu, j’ai quand même apprécié l’aspect romance de ce premier tome car, pour une fois, je ne l’ai pas trouvé niais ou invraisemblable. J’espère que le tome suivant sera dans la même veine et ne s’embarrassera pas de mièvreries.
Je constate que les personnages secondaires féminins sont, de façon générale, plus complexes et développés que les hommes des lieux. A commencer par Isabelle, la directrice de l’école qui, par bien des côtés, m’a fait penser à Neferet, la grande prêtresse de la Maison de la Nuit de P.C. et Kristin Cast. Vous savez, ces femmes qui ont des gestes très attentionnés, presque maternels, mais qui, à côté de ça, sont capables de tuer quelqu’un à mains nues et qui cachent trop de choses pour être honnêtes… Jo ne m’a jamais vraiment convaincue dans le rôle de la meilleure amie et malgré les explications données, je n’ai pas toujours compris sa façon d’agir ; cela dit, la révélation la concernant, dans les dernières pages, m’a surprise car je ne l’avais pas vue venir ! Rachel n’apparaît que tardivement mais elle m’a séduite dès sa première intervention, j’espère qu’on aura l’occasion de la voir davantage dès le tome suivant !
Bien d’autres lycéens et membres du personnel de l’école gravitent autour d’Allie mais il est impossible de tous les citer. Gardez en tête que jusqu’au bout, on ne sait pas à qui faire confiance…

cjdaughertyJe vous ai parlé (trop) longuement des personnages mais ne me suis même pas encore attardée sur l’intrigue… Alors, avec du recul, en y réfléchissant, je me suis rendue compte qu’il ne se passait finalement pas énormément de choses dans ce premier tome.
Allie débarque au lycée, fait la connaissances de ses nouveaux camarades et du corps enseignant et découvre qu’il se passe des choses étranges dans le coin, notamment lorsqu’il fait nuit : alors qu’elle discute avec Jo à l’extérieur, elles sont attaquées par quelqu’un ou quelque chose… mais quoi ? Lors d’un bal, le pire arrive mais personne ne voit rien et pire encore, la direction fait passer le meurtre pour un suicide… Mais que se passe-t-il dans cette école ? Qui sont les « gentils » et qui sont les « méchants » ? A qui faire confiance ? Qu’est-ce que c’est que cette organisation secrète – la Night School – dont font partie plusieurs élèves ?
Il ne se passe peut-être pas beaucoup d’évènements percutants mais l’auteure a su distiller les éléments intelligemment, de sorte que le suspense est vraiment très présent et parfois insoutenable… il faut absolument tourner les pages plus vite pour avoir les réponses aux questions qu’on se pose !
Le rythme est bon et ça fonctionne très bien jusqu’aux deux tiers de l’ouvrage. Là, j’ai eu une petite baisse de tension parce que les questions c’est bien, mais les réponses tardent à arriver… et puis hop, on apprend deux ou trois choses, d’autres questions arrivent, le suspense reprend et nous happe à nouveau ! Et même si, à la fin de notre lecture, on peut déplorer l’absence de réponses à certaines questions, on meurt d’envie de lire la suite pour en apprendre plus, notamment sur la famille d’Allie…

J’ai été très agréablement surprise par le style (la traduction ?) de C.J. Daugherty qui, malgré l’utilisation du point de vue externe, a réussi à me captiver bien davantage que Maureen Johnson, quelques jours avant, avec son Hantée à la première personne du singulier !
Je n’ai eu aucun mal à suivre les aventures d’Allie dans cette école anglaise, perdue au milieu de ces bois… J’ai parfaitement réussi à m’imaginer les différentes scènes (dans la chapelle, dans l’ancien cimetière, dans le lac…) parfois assez angoissantes, surtout les scènes nocturnes (lorsque l’héroïne fait demi-tour pour fermer la porte de la chapelle et croit voir une ombre… la flippe !)…
Je note et je retiens l’aspect très particulier de cette histoire. Je m’explique car c’est sans doute un des éléments qui m’a le plus séduite. Tout au long de ma lecture, je me suis posée des questions, j’étais dans le doute… ce qui m’a fait penser aux romans fantastiques (le fantastique dans sa définition d’origine, c’est-à-dire un récit caractérisé par l’absence de réponses, par le doute du lecteur… comme avec Le Horla de Maupassant ou La Vénus d’Ille de Mérimée, par exemple). Y a-t-il une créature surnaturelle là-dessous (loup-garou, vampire…), surtout si l’on repense à l’attaque des deux jeunes filles au début du roman ? Ou ne sommes-nous qu’en présence d’humains ? Franchement, c’est assez bien mené et malgré quelques réponses, je doute encore… Mais je n’en dis pas plus, à vous de le découvrir !

Malgré une petite baisse de rythme aux deux tiers de ma lecture et des personnages qui manquent encore un peu de profondeur, j’ai dévoré ce premier tome en deux jours à peine ! C.J. Daugherty maîtrise le suspense et sait offrir un cadre et une ambiance qu’on n’oublie pas de sitôt ! Quelques mots pour conclure : vite, la suite !

« La flaque de lumière dorée qui illuminait le cimetière plus tôt dans la soirée avait disparu et la porte de la chapelle béait telle une bouche obscène dans la pénombre.
Allie inspira à fond, puis elle se précipita vers la porte et s’arc-bouta sur ses jambes pour la pousser de toutes ses forces. Comme le battant ne bougeait pas d’un millimètre, elle s’aperçut qu’il était retenu par un crochet en métal noir. Même une fois libérée, cependant, il restait incroyablement lourd. Allie appuya dessus de tout son poids et la porte se refermait enfin en grinçant, comme à contrecoeur, quand Allie crut déceler un mouvement à l’intérieur.
Elle se figea et scruta l’ombre. Voyant que le battant continuait de pivoter sur ses gonds, elle attrapa la poignée à deux mains et planta ses talons dans le sol pour enter de le retenir. Mais la vieille porte était têtue ; à présent qu’elle était décidée à se refermer, rien ne pourrait l’arrêter. Le loquet s’enclencha dans un cliquetis métallique dont l’écho résonna jusque dans la forêt.
Allie fixait la porte close, le coeur battant. »

Merci à la Collection R pour cette découverte pleine de suspense !

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