Amour et Cruauté de Djaffard SI AHMED

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Amour et Cruauté

de Djaffard SI AHMED
Mon Petit Editeur,

2011, p. 319

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : Amour et cruauté

Djaffard Si Ahmed est enseignant de français dans le petit collège de Ben Hamdani. Il n’a jamais pensé écrire, quoique la passion l’habite depuis son adolescence. Mais, la fin des années 80, la décadence rapide des conditions d’existence, le fort malaise qui s’installa et qui conduisit le pays à une méchante guerre, une guerre fratricide où ni hommes, ni femmes, ni enfants, pas même des bébés d’un jour, ne furent épargnés. C’est cette méchante guerre qui présida à la naissance de deux romans, dont celui-ci.

♣ ♣ ♣

Elle, Hafsa, fille de la veuve Zoueirat, était heureuse de ses coups. La main de fer, qui la suppliciait, de laquelle elle voudrait encore souffrir, la secouait d’un désir sans cesse renaissant. Lui, Momed, dans ses prières, pressait son ventre, un petit ventre vierge de jeune pucelle, l’écrasant, d’une pression continue de fardeau, jusqu’à l’étouffer. Les obscénités, les coups, elle les acceptait, comme toute jeune fille sage, on tolérait tout à l’élu de son cœur. Mais, cette posture, cette attitude césarienne, ce pied souillé sur son cœur aimant, l’avait frappée de stupeur, lui ôtant jusqu’à la sensation de souffrance. Sans vice, nette de pêché, fille à la matrice propre, chaste, vertueuse et inaccessible, elle n’arrivait pas à s’expliquer la juste raison d’une telle explosion de colère.

 

Pour la première fois depuis très longtemps, j’ai eu beaucoup de mal lors d’une lecture. Je me suis même demandée, pour la toute première fois de ma vie de lectrice, si je devais abandonner ou non. Sauf que je suis un peu TOCée et donc incapable de lâcher un livre avant d’avoir tourné la dernière page. Bon, pour être tout à fait franche, j’ai lu les 100 dernières pages en diagonale et non avec une grande attention.
J’ai vu deux avis très enthousiastes sur ce titre, je pense que je suis passée à côté ou que Amour et Cruauté n’était tout simplement pas fait pour moi. Je vais tenter de vous expliquer un peu mon ressenti mais pour une fois, ce sera très court… et surtout n’oubliez pas que cet avis m’est très personnel, d’autres ont beaucoup apprécié !

Pour vous faire un petit topo, vu que la quatrième de couverture est un extrait et non un résumé, voilà ce qu’il faut savoir. Dans les environs de Boufarik (une ville du nord de l’Algérie), à la fin du XXe siècle, Hafsa vit avec sa mère Zoueirat dans un bidonville. Il y a beaucoup de tensions entre les deux femmes. La jeune fille d’une vingtaine d’années reproche à sa mère – veuve – de traîner toute la journée, d’attirer le regard des hommes et donc les commérages. Zoueirat elle, en veut à sa fille pour l’existence qu’elles mènent, la rendant coupable de tous ses maux. La vie est dure pour les deux femmes qui doivent en plus subir la haine de certaines voisines jalouses et la convoitise de certains voisins affamés. Entre deux habitations, dans l’air saturé de la décharge limitrophe, les disputes et bagarres ne sont pas rares. Et rien ne s’arrange avec l’arrivée de Momed qui séduit Hafsa, malgré les mises en garde de la mère de celle-ci. Folle amoureuse, la jeune fille ne voit pas la cruauté dont fait preuve le jeune homme, chef d’un groupe armé qui n’hésite pas à tuer et violer au nom de ses idées religieuses…

Donc voilà. J’ai été révoltée par certains scènes et ai peiné à en supporter d’autres. Je pense que c’était le but et en ce sens, c’est parfaitement réussi. Mais c’est trop pour moi, pour la jeune femme très indépendante et insoumise que je suis. Je ne me voile pas la face, je sais que ça existe et que je suis chanceuse d’être à la place où je suis, mais ce n’est pas ce que je recherche dans mes lectures (je suis adepte d’Imaginaire avant tout).

J’ai eu, qui plus est, beaucoup de mal avec les personnages. Evidemment, j’ai haï Momed (je pense que je ne suis pas la seule), mais contrairement aux autres avis que j’ai pu lire, je n’ai pas du tout accroché à la figure d’Hafsa et n’ai ressenti aucune empathie pour elle, au contraire. J’avais envie de lui enlever ses œillères, de la secouer et de lui hurler : « mais ouvre les yeux bon sang !!! ». Seule Zoueirat a su me « toucher » par moments (pas tout le temps non plus… je n’ai parfois pas du tout compris ses réactions) lorsqu’elle fait tout pour protéger sa fille, notamment. Mais ça s’arrête-là. Dans l’ensemble, je n’ai pas su m’attacher à eux, j’ai rarement réussi à me mettre à leur place et à comprendre leurs réactions et leurs pensées.

J’ai également eu un peu de mal avec la plume de Djaffard Si Ahmed. Mais je pense que le problème venait plus de mon « manque d’intérêt » pour le fond que pour le style en lui-même. Certains passages descriptifs m’ont semblé très longs et parfois répétitifs. En revanche, je reconnais bien volontiers que l’auteur a su m’emmener jusqu’au bidonville près de Boufarik, dans cette atmosphère très particulière, très lourde et tendue. Je n’ai pas eu de mal à ressentir cette tension, cette angoisse… et même la violence régnant dans la communauté.

J’ai eu du mal à aller au bout de ma lecture mais je reconnais que le thème – pas fait pour moi – n’en reste pas moins fort et intéressant. Je n’ai pas su apprécier ce titre mais n’ai pas eu de mal à m’immerger dans son atmosphère particulière ; je félicite donc l’auteur pour cela. Je me répète mais ne vous fiez pas à mon avis seul, d’autres lecteurs ont adoré !

Merci à Janyce de Publibook pour cette découverte !

 

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