Le Trouble-vie de Jan van AAL

troubleviejanvanaal

coupdecoeur

Le Trouble-vie
de Jan van AAL
Mon Petit Editeur,

2011, p. 105

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : Le Trouble-vie

Jan van Aal a fait carrière dans la publicité. Pendant plus de vingt ans, il a présidé la filiale française d’un grand groupe de communication américain. Il est l’auteur de quatre ouvrages sur son métier, d’un roman, Sable Bleu, et de quatre autres livres – en édition privée – destinés à sa famille. Le Trouble-vie est son deuxième roman.

Sable Bleu

♣ ♣ ♣

Après quelques années de petits boulots et de galère, Mathurin Gardisette ouvre à Saint-Raphaël un bureau d’écrivain public. Dans sa nouvelle activité, il découvrira une foule de personnages avec lesquels – ou entre lesquels – il créera des liens souvent inattendus, par le biais de lettres ou de rencontres. Étranger aux confidences qui lui sont faites et aux événements qui lui sont racontés, il se considère simplement comme une sorte d’intermédiaire transparent entre ses clients et les destinataires des travaux qui lui sont confiés. Rien d’autre. Il n’existe pas. Il se contente d’exécuter.
Surfant sur la vie des autres, sans chercher à s’y impliquer, il peut ainsi jouer au médiateur… ou au trouble-vie. Au choix.

Avec Le Trouble-vie je vous présente mon petit coup de cœur de la fin du mois de mars. Ce n’est pas du tout le genre de livres vers lequel je me tourne habituellement mais je suis très heureuse d’avoir pu découvrir celui-ci. J’ai vraiment adoré ! Je suis maintenant très très curieuse de lire autre chose de ce Monsieur Jan van Aal que je ne connaissais absolument pas avant la découverte de ce titre mais qui m’intrigue vraiment. J’ai eu le coup de foudre pour sa plume.

Le Trouble-vie est un roman très court, 105 pages, et pourtant je l’ai trouvé très riche et surtout très développé du côté des personnages. Lorsque je lis des nouvelles, des pièces de théâtre ou de courts romans, j’ai toujours l’impression de ne pas avoir le temps de m’attacher aux figures, tout est trop rapide et je suis frustrée. Mais ici, je n’ai ressenti aucun manque, tout est là.
On suit l’aventure de Mathurin Gardisette, surnommé rapidement Mr Mathu. Le jeune homme débarque à Saint-Raphaël, sur un coup de tête, quittant Paris après un accident. Ce qui devait n’être qu’une petite escale se transforme en petite ville de résidence. Alors qu’il entre dans un café, Mathu rencontre Yvette Simonet, une vieille dame un peu bavarde qui lui demande son aide pour rédiger une lettre. Ravi de gagner un petit billet aussi facilement, le nouveau venu accepte. Et se laisse prendre en jeu. Il ouvre son propre bureau d’écrivain public et bien vite, reçoit les demandes de nombreux habitants de la ville.
On entre dans la vie de chacun et on apprend à les connaître à travers leurs besoins. L’un veut résilier son contrat d’assurance, l’autre veut emprunter de l’argent à sa famille pour un projet, un troisième veut déclarer sa flamme à la jeune fille qu’il croise tous les jours dans le bus… J’ai adoré entrer dans ces vies ! C’est frais, plein de bons sentiments… c’est humain, authentique. On ressent vraiment l’ambiance « petit village », petite communauté dans le Sud de la France avec le soleil baignant les terrasses des cafés.
Evidemment, on en apprend plus sur Mathu, le narrateur mais également sur Yvette, la vieille dame qui fait office d’élément déclencheur. Même si le texte est court, je trouve qu’on plonge très facilement dans l’histoire de leur vie, de leur passé et j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir les quelques anecdotes que nous offre Madame Simonet. On oublie bien trop souvent que les personnes âgées ont eu des vies palpitantes et qu’ils ont beaucoup à nous raconter. Jan van Aal nous le rappelle gentiment ici, et ça m’a plu.
On se doute du dénouement dès que la jolie Lola, « fiancée » avec le stupide Samy, entre en scène (un petit remake de Cyrano de Bergerac, comme le cite si bien Mathu ?). Et pourtant, même si c’est évident, si c’est attendu et sans surprise, ça ne m’a pas gênée parce que c’est bien amené et parce que ça met du baume au cœur !

Si j’ai autant apprécié ce court texte, c’est non seulement parce que l’histoire et les personnages donnent le sourire, mais surtout parce que Jan van Aal écrit très bien. Dès les premières lignes j’ai été happée par le récit et j’ai tout de suite su que ça allait être une grande histoire d’amour entre nous.
L’auteur utilise la première personne du singulier pour faire parler Mathu et il le fait avec beaucoup d’humour, de dérision et d’intelligence. C’est frais, vraiment très agréable à lire… Bref, je ne peux que conseiller ! Je vous mets un ou deux extraits un peu plus bas, pour que vous puissiez juger.
Les 105 pages se divisent en 21 très courts chapitres. C’est rythmé, ça se boit comme du petit lait et j’en redemande ! Vite, un autre livre de Jan van Aal !

J’essaye de trouver un point négatif à ma lecture, mais je n’en vois pas. Le Trouble-vie est arrivé au bon moment et j’ai pris énormément de plaisir à le découvrir ! Je suis tombée amoureuse de cette petite intrigue sans prétention mais pleine de bons sentiments et j’ai tellement aimé la plume de Jan van Aal que je vais aller voir ce qu’il a écrit d’autre !

« – Je peux vous offrir un café et un croissant ?… comme d’habitude ?
J’avais horreur des habitudes. Je commandai un pastis. Elle parut surprise, voire contrariée.
– J’espère que vous n’avez pas oublié de poster la lettre pour mon amie Odile.
Non, je n’avais pas oublié.
 » (p. 25)

« Quel culot, cette Yvette Simonet ! Je la connaissais depuis deux jours seulement (enfin, quand je dis que je la connaissais : je l’avais juste rencontrée une seule fois, hier ! C’est dire si nous étions des inconnus l’un pour l’autre) et elle me proposait déjà d’écrire ses mémoires. J’étais là de passage – ça, elle l’avait bien remarqué ! – et elle me proposait de m’enraciner à Saint-Raphaël pendant plusieurs jours, ou même peut-être plusieurs semaines, pour l’écouter raconter sa vie. Sacré bout de bonne femme cette Yvette ! Elle ne doutait de rien. Elle voulait me mener par le bout du nez. Elle se prenait pour qui Yvette ! […] Rien ne me retenait à Saint-Raphaël, mais rien ne me poussait à en partir. J’étais encore libre. Je décidai d’accepter la proposition de Madame Simonet. » (p. 27-28)

Merci à Janyce de Publibook pour cette découverte !

5 pensées sur “Le Trouble-vie de Jan van AAL

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

93086739a0cd7bfb6b7cce99be0ddbda{{{{{{{{{{