La Fille de braises et de ronces, Tome 1 de Rae CARSON

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La Fille de braises et de ronces,
Tome 1

de Rae CARSON
(Challenge YA / Jeunesse – 25/24)

Robert Laffont (Collection R),
2012, p. 402

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : La Fille de braises et de ronces

Rae Carson a travaillé dans l’enseignement, dans la vente, et même dans un cabinet d’architectes, avant de se consacrer à temps plein à l’écriture.
Dès sa publication en septembre 2011, La Fille de braises et de ronces (The Girl of Fire and Thorns) a reçu un accueil unanime de la critique, des blogueurs et des libraires aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Le Publishers Weekly l’a d’ailleurs choisi pour sa sélection des quatre premiers romans américains les plus prometteurs de 2011, dans la catégorie Jeunes adultes.
Babelio

 

 

A 16 ans, Élisa est devenue malgré elle l’Élue et l’unique porteuse de la Pierre Sacrée. Bien qu’elle porte le joyau à son nombril, signe qu’elle a été choisie pour une destinée hors normes, la princesse Élisa a déçu les attentes de son peuple : la population de son royaume ne voit en elle qu’une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée…
Le jour de ses 16 ans, son père l’envoie dans un lointain royaume afin de retrouver son futur mari, un bel homme de vingt ans son aîné. Mais ce dernier refuse finalement de la reconnaître comme sa femme. Dévastée par la tristesse, Élisa décide alors de prendre son destin en main et de découvrir quelle est sa mission. Alors qu’une armée menée par des êtres aux pouvoirs effrayants s’apprête à envahir et détruire son nouveau royaume, et que chacun à la cour tente de la manipuler, Élisa prend conscience que, non seulement sa vie, mais aussi le monde entier sont en danger.
Comment une jeune fille qui ne connaît rien aux arcanes politiques, et tout aussi ignorante des choses de l’amour, pourrait être l’Élue qui sauvera l’humanité ? Élisa doit découvrir au plus vite l’histoire mystérieuse et les pouvoirs de la Pierre Sacrée, avant que l’ennemi ne vienne lui dérober le joyau qui orne son ventre et la prive de son héroïque et tragique destinée…

J’ai repoussé la rédaction de ce billet et je peine à me lancer… Mais pourquoi ? Et bien parce que ce livre m’a transportée, parce que j’ai a-do-ré et parce qu’il s’agit du plus beau coup de cœur de ces dernières semaines ! Et j’ai toujours plus de mal à faire passer mon enthousiasme qu’à montrer qu’une lecture m’a déplu.
Je vais tenter d’illustrer, point par point, pourquoi ce premier tome de La Fille de braises et de ronces m’a tant charmée. Je vais essayer d’être juste mais je vous avoue que j’ai beau y réfléchir, je ne vois pas vraiment de points négatifs… Rien n’est jamais parfait, mais là, j’ai beau chercher… Bref. Je n’ai qu’une chose à dire : lisez ce premier tome et vivement la publication de la suite !

raecarsonJe ne sais même pas par quoi commencer tant tous les éléments m’ont plu… Commençons par les personnages et l’héroïne avant tout : Elisa. Cette jeune fille vient de fêter ses 16 ans. Sa sœur aînée (parfaite en tout point) et son père le roi d’Orovalle, ont conclu un accord avec Alejandro, le roi de Joya d’Arena : Elisa doit l’épouser pour conclure la paix et l’entraide entre les deux royaumes, alors qu’un peu plus loin, une guerre gronde. La jeune fille n’a pas eu le loisir de donner son avis, elle doit fait avec. Approchant de l’autel qui la liera à Alejandro, elle prie pour qu’il soit laid ou handicapé, car elle sait qu’elle, elle est laide ; elle ne veut pas être un poids ou une honte pour son futur époux. Elisa, avant d’être l’Elue portant la pierre sacrée à son nombril, est une jeune fille se sous-estimant, mal dans sa peau et trouvant refuge dans la nourriture. La princesse benjamine est enveloppée et doit subir les regards et chuchotements de tous. A son arrivée dans son nouveau royaume, son époux refuse d’annoncer son mariage à son peuple. Elle doit jouer les invitées diplomatiques, ravalant l’humiliation, supportant les moqueries ouvertes de la maîtresse officielle du roi. Dans ce palais, Elisa fait la connaissance du prêtre Nicandro qui lui révèle quelques informations sur la pierre sacrée, sur les élus et leurs missions… Elle comprend alors que tout son entourage lui a toujours menti et qu’elle peut être à tout moment en danger. Le pire arrive soudain : elle est enlevée et doit suivre ses kidnappeurs au milieu du désert. Commence alors pour elle de nouvelles épreuves qu’elle devra surmonter seule. Elisa en ressort changée, grandit… elle découvre la soif et la faim, l’horreur de la guerre mais aussi l’amitié sincère, l’amour infaillible…
Je me suis prise d’une très grande affection pour cette héroïne, Elue d’une civilisation, tellement seule dans ce monde… cette adolescente qui se bat, jour après jour pour une cause qu’elle croit juste et qui malgré toutes les souffrances physiques et morales continuent, sans relâche… Et malgré tout ça, malgré son statut d’Elue, jamais l’auteure nous présente Elisa comme une Wonder woman à qui tout réussi. Non, Elisa, malgré la pierre sacrée, est humaine et pourrait être notre voisine de palier. J’ai cru en elle, pas seulement comme une héroïne de roman, mais comme une personne authentique.
Et je pourrai dire la même chose de tous les autres personnages, tellement vrais, tellement authentiques. Rae Carson nous offre des personnalités riches, complexes… tellement réalistes ! Je crois que ma préférence va à Cosmé. On la découvre au palais d’Alejandro, elle est alors la camériste mesquine de la maîtresse du roi. Et puis, au fil des pages, la jeune femme haïssable se dévoile. Mais elle ne passe pas de la vraie garce à l’amie attentionnée, non ; c’est beaucoup plus complexe et travaillé que ça. Dans le même ordre d’idées je pourrais vous citer Ximenia (bien qu’elle soit un peu trop discrète à mon goût), Belén, Rosario… Le personnage qui se révèle peut-être le plus « lisse » est Humberto. Mais malgré son côté un peu fade, il est tellement adorable qu’on ne peut que l’aimer… Je me suis vraiment attachée à tous ces personnages, j’ai aimé leur authenticité, leur caractère… ils ont tous une histoire, un côté touchant. Bref, un très bon point pour l’auteur !

Toutes ces figures évoluent dans un monde presque en guerre. Des alliances se créent, certains complotent, d’autres manigances… Elisa ouvre les yeux sur beaucoup de choses et en fait profiter le lecteur. On passe très peu de temps à Orovalle (le royaume d’origine de l’héroïne) puisqu’elle part très vite sur les routes pour rejoindre son nouveau chez elle : Joya d’Arena. De cette région, on ne voit pas grand-chose puisqu’Elisa passe ses heures enfermée au palais où, on l’apprend, il n’y a aucune verdure (ce qui lui manque !). Le royaume et le paysage qu’on découvre le plus dans ce premier tome, c’est le désert. Avec mon amour pour le vert et les paysages luxuriants, je n’aurais jamais cru qu’une histoire se déroulant majoritairement dans un paysage aride réussirait à me séduire… et je suis la première surprise ! Mais Rae Carson raconte si bien les choses que je me serais cru, aux côtés d’Elisa, à braver la chaleur et les tempêtes de sable, à souffrir de la faim et de la soif, à peiner à se déplacer au milieu des dunes, les pieds dans le sable…

filledebraisesetderoncescouvertureanglaiseCe qui m’a également plu dans l’univers mis en place par l’auteure, c’est son côté très palpable et très réaliste. Les touches de fantasy, de magie, sont finalement assez effacées (bien que la pierre sacrée d’Elisa ne la quitte jamais). D’ailleurs, on apprend assez peu de choses sur ce point et je suis sûre que le tome suivant nous apportera beaucoup plus de précisions sur le rôle des élus, sur les animagi… et j’ai hâte de découvrir tout ça ! Si on fait abstraction de ces éléments, on pourrait se croire dans un monde « normal », dans lequel les différents pays entrent en guerre… et qui dit guerre, dit scènes d’horreur, nombreux morts et blessés. Là entre un autre élément qui m’a définitivement conquise pendant cette lecture et dont j’ai déjà parlé plus tôt : le réalisme de Rae Carson.
L’auteure nous décrit en effet certaines scènes avec une grande précision et beaucoup de véracité. Je pense à la découverte des blessés lorsqu’Elisa parvient au point de ralliement du peuple du désert ou même à sa longue traversée sous un soleil ardent, dans un paysage de dunes interminables… Je me répète, mais je m’y serais cru. Rae Carson décrit les sensations de la jeune héroïne, sa soif, sa faim, sa souffrance physique pendant ce trajet… Je garde également en tête le moment où elle se cache pendant des heures, recroquevillée dans le renfoncement d’une grotte pour échapper à ses ennemis puis, un besoin naturel la sortant de là… l’auteure n’épargne aucun détail ce qui rend le texte encore plus fort. Dans la même optique, de nombreux personnages trouvent la mort pendant ce premier tome, des personnages secondaires mais également certaines figures principales… Y a-t-il beaucoup de textes, estampillés « jeunesse », qui se permettent un tel « réalisme », une telle « authenticité » ? Généralement, on réduit les scènes de guerre/bataille au strict minimum, les horreurs ne sont pas trop décrites et « tout est bien qui finit bien, ou presque »… Ici, non, rien n’est enjolivé. Le monde est cruel, les hommes également et Elisa doit survivre à tout ça. J’ai vraiment aimé cet aspect-là.

Le dernier point que j’aimerais ici aborder est celui de la forme, de la plume de Rae Carson (ou plutôt de la traduction offerte par Madeleine Nasalik). J’ai déjà dit à quel point j’avais aimé les descriptions offertes, à quel point l’ensemble m’avait paru réaliste et palpable. Peut-être cela s’explique-t-il par l’utilisation de la première personne du singulier qui permet de tout vivre à travers les yeux de l’héroïne, la rendant par la même occasion, encore plus attachante ?
Dialogues, descriptions, je suis entrée dans cette histoire et ai eu du mal à en ressortir ; j’avais les scènes sous les yeux et les vivais en même temps qu’Elisa ! Même s’il ne s’agit pas de grande littérature, j’ai trouvé le texte très riche. Les phrases m’ont paru recherché mais plus important encore, elles faisaient sens et délivraient de belles images et de grandes émotions. Merci Rae Carson.
Je terminerai en précisant que même s’il s’agit d’un premier tome, il se suffit amplement à lui-même. Bien sûr, on attend une suite (et j’ai hâte de la découvrir), mais le lecteur ne reste pas sur sa faim et peut tourner la dernière page, serein.

Vous l’avez compris, cette lecture m’a transportée. J’ai été emballée de la première à la dernière ligne. L’héroïne et les personnages gravitant autour d’elle, le monde décrit, l’intrigue, les émotions sous-jacentes… tout, absolument tout m’a conquise. Le seul petit bémol que je pourrais apporter est le suivant : il manque une petite carte illustrant le monde mis en place par Rae Carson. Ce n’est pas primordial, on se débrouille très bien sans, mais il fallait bien trouver un petit défaut…

Merci infiniment à la Collection R pour cette magnifique découverte…

Une pensée sur “La Fille de braises et de ronces, Tome 1 de Rae CARSON

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