L'Assassin royal, Tome 2 : L'Assassin du roi de Robin HOBB

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L’Assassin royal, Tome 2 :
L’Assassin du roi

de Robin HOBB
(Challenge ABC Imaginaire – 4/26)

Editions France Loisirs,
2002, p. 437

Première Publication : 1996

Pour l’acheter : L’Assassin Royal, tome 2

Robin Hobb, de son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogden, née le 5 mars 1952 est un écrivain américain de fantasy. Les treize volumes en français de l’Assassin royal sont désormais regroupés en quatre tomes : La Citadelle des ombres (environ 1000 pages par tome) chez Pygmalion.

Tome 1 : L’Apprenti assassin
L’Assassin Royal, Volume 1 (BD)

♣ ♣

Fitz, le bâtard royal, a survécu à sa première mission meurtrière qui a failli lui coûter la vie. Revenu à la cour, il retrouve celle qu’il a aimée mais ne peut lui déclarer sa flamme sous peine de la condamner. Autour du trône s’élaborent de complexes intrigues dont il pourrait être la victime. Fin stratège, il parvient à contrer certains desseins malveillants alors que les pirates rouges menacent le royaume…

Pour tout avouer, j’ai commencé cette lecture avec pas mal d’appréhensions. J’avais pourtant aimé le premier tome il y a plusieurs mois de cela mais, je n’étais pas très motivée à lire cette suite. J’imagine que la taille de ce cycle (sans compter les « annexes ») m’impressionne.
Et pourtant, une fois lancée, je n’ai au aucun mal à me replonger dans cette histoire et à dévorer ce tome en quelques jours à peine. Une nouvelle fois, j’ai beaucoup apprécié, mais il me manque quand même un je ne sais quoi pour que cette saga me marque vraiment. Peut-être que les prochains tomes m’apporteront ce petit truc qui me fait défaut ?

Il semblerait que ce deuxième tome français corresponde en fait uniquement à la première partie du deuxième tome américain (ah ces découpages bien de chez nous…). On m’a donc conseillé de lire le troisième tome (le français, celui qui correspond donc à la seconde moitié du deuxième tome d’origine… ça va, vous suivez ?) assez rapidement, ce que j’espère pouvoir faire rapidement, en mars ou en avril.
Il est vrai que L’Assassin du roi a un petit goût d’inachevé et apparaît comme une mise en place des évènements qui se dérouleront dans La Nef du crépuscule. Ainsi, il faut bien l’avouer, il ne se passe pas « grand chose » ou plutôt, aucun évènement véritablement « décisif » (enfin si, il y a des choses importantes, mais tout se passe dans l’ombre, discrètement). Le lecteur n’assiste pas à de grandes scènes de batailles ou de coups d’état mais entre petit à petit dans l’ambiance du palais habité par les intrigues et les faux-semblants. Ce tome est disons, plus « psychologique », plus  « contemplatif ». Ce n’est pas désagréable, bien au contraire.

J’ai aimé suivre l’évolution de Fitz qui a maintenant 15 ans. Il doit jongler entre son amour pour Molly (son amie d’enfance), son amitié interdite avec un loup (il a utilisé le Vif et s’est trop lié avec l’animal sauvage), les attaques de plus en plus fréquentes et proches du palais des forgisés (ces espèces de zombies) et sa place « bancale » au sein du royaume (je vous rappelle qu’il est le fils bâtard de feu Chevalerie, l’aîné de l’actuel roi Subtil). Difficile de mener une vie « normale » quand on a juré allégeance à son roi, qu’on est assassin dans l’ombre et qu’un oncle – bien décidé à récupérer le trône – a déjà tenté de nous tuer et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin…

Robin Hobb a beaucoup de talent. Elle sait mettre en scène ses personnages et sait surtout conter leurs états d’âme. Psychologiquement, je trouve le cycle (enfin les deux premiers tomes du moins) de L’Assassin Royal très riche, très intense. L’auteure parvient à mettre des mots sur des émotions, des sentiments et le résultat est là : le lecteur reçoit et ressent vraiment quelque chose lors de sa lecture. Je me base uniquement sur la traduction française mais il n’y a pas beaucoup plus à dire que : c’est très bien écrit, tout simplement.
Et ce qui donne encore plus d’intensité au texte et à ce qu’il raconte, c’est l’utilisation de la première personne du singulier. Fitz est l’unique narrateur, on est donc dans sa tête du début à la fin. Je trouve ce personnage très « vrai ». Il ne me manque qu’un minuscule déclic (mais je ne sais pas lequel) pour que je m’attache complètement à lui et l’adore.

Outre son talent dans la forme du récit, Robin Hobb a mis en place un univers riche et passionnant. La magie est là, mais tout juste effleurée pour le moment, tellement mystérieuse et puissante (l’Art et le Vif). On ne sait pas encore grand chose à ce sujet mais les pièces du puzzle se mettent petit à petit en place et j’ai hâte d’en savoir plus. Je suis également très pressée de comprendre le « pourquoi » des forgisés et leur rôle dans ce grand ensemble… ça m’intrigue (et j’avoue que trouver une sorte de « zombies » dans un cycle de fantasy, c’est pas banal et ça me plaît !).
Mais l’univers de Robin Hobb ne se limite pas à cet aspect magique/fantasy, l’auteure va beaucoup plus loin et met en place une vraie intrigue politique (complots, messes-basses et assassinats à la cour) dans un monde proche de nos anciennes monarchies médiévales.

De l’Assassin royal, il faut donc retenir : l’univers riche, les intrigues politiques passionnantes (pas du tout barbantes) et surtout les personnages évoluant dans ce monde, des personnages complexes et travaillés que Robin Hobb rend particulièrement « authentiques » et attachants.
Je n’ai pas encore parlé de ces figures nombreuses, gravitant toutes autour de Fitz et qui, malgré leur nombre, possèdent toutes une personnalité à part, dense et reconnaissable : Molly la meilleure amie/amante, Vérité l’oncle strict mais aimant, Royal l’oncle fourbe et fratricide, Subtil le Roi grand-père intransigeant, Burrich le « père adoptif » bourru mais impliqué, Patience la belle-mère un peu folle mais à l’écoute, le Fou aux paroles sibyllines, Umbre le maître assassin ou encore le Loup, cet animal sauvage devenu un véritable frère lorsque Fitz en avait le plus besoin… Fitz le « mal-né », souffrant de sa place, des secrets qu’il porte et de sa solitude… il est émouvant et attachant mais, il me manque encore un minuscule quelque chose.

J’ai aimé ce deuxième tome et ne lui trouve pas de défauts (si ce n’est peut-être son absence de véritables « actions » qui gênera peut-être ceux qui ont un peu de mal avec l’aspect plus « psychologique » dans un cycle de fantasy ; mais c’est, personnellement, ce que je préfère !) mais, sans pouvoir mettre le doigt dessus, il me manque ce tout petit truc, ce minuscule déclic qui transformera cette belle lecture en vrai coup de cœur… J’espère que je l’aurai grâce aux tomes suivants !

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