La Vallée des disparus de Bente PORR

lavalleedesdisparusLa Vallée des disparus
de Bente PORR

L’Archipel,
2012, p. 223

Première Publication : 2008

Pour l’acheter : La Vallée des disparus

Née à Hambourg en 1947Bente Porr a suivi des études de langues modernes à Londres. Interprète à Paris et Genève, elle a ensuite travaillé dans le commerce de l’art. Elle est revenue vivre à Hamhourg.

La Vallée des disparus est son premier roman.

  

Un village isolé en Provence, une panne de voiture, et la vie d’une jeune fille et de ses deux compagnons de voyage bascule… Enigmes, légendes et mystérieuses disparitions dans le Sud de la France du début du XXe siècle.
Quand trois amis tombent en panne sur une petite route provençale, ils se retrouvent coincés dans le village de Moriac. Hans, fils trop gâté d’un riche industriel, est fou de rage. Il se montre cruellement agressif envers Fee, sa fiancée, et Curt, son ami d’enfance.
Ce dernier a fait une inquiétante découverte : au pied du village se trouve une étrange vallée où, dit-on, ceux qui s’y sont aventurés n’en sont jamais revenus; Or, un touriste parti sur les lieux a disparu… Quel terrible secret cache cet endroit sinistre ? Tandis que la tension monte entre les trois jeunes gens, Curt décide de résoudre l’énigme de la vallée maudite…

Lorsque j’ai découvert ce livre dans ma BAL, j’étais intriguée. L’auteure m’était parfaitement inconnue et le titre ne me disait rien de plus. Une rapide recherche sur internet, la découverte des excellentes notes sur Bibliomania et un coup d’œil à la quatrième de couverture plus tard, je me lançais, très curieuse. J’ai dévoré ce court roman en une journée tant le suspense m’a tenue en haleine ! Et si le dénouement me laisse un poil mitigée, je garde une excellente impression générale de cette lecture et la recommande chaudement ! Un grand merci à Langage et Projets Conseils et à L’Archipel pour cette excellente découverte !

Le court prologue annonce la couleur : un certain Curt demande conseil à son vieil ami qui lui recommande d’affronter son passé qui le poursuit et l’empêche de vivre sereinement sa vie. Curt s’isole, prend papier et crayon et nous raconte ce qu’il a sur la conscience. 
On remonte assez loin dans ses souvenirs puisqu’il commence son histoire par un épisode de son enfance, épisode qui lui a valu de gagner « l’amitié » d’un certain Germer (Hans), une petite brute stupide. C’est ce même Germer avec qui il a partagé les années de scolarité suivantes, qui le contacte alors qu’ils se sont perdus de vue depuis des mois – choix de vie adulte différents – pour lui proposer une excursion à Cannes. Alors qu’ils devaient voyager tous les deux entre amis de longue date, Curt découvre qu’une troisième personne partagera la voiture avec eux pendant le trajet : Felicita – dite Fee – la fiancée officielle de Germer. Alors que les tensions se multiplient entre les trois voyageurs, la voiture tombe en panne au milieu de nulle part, près du petit village de Moriac et du mystérieux Mont Larin. La réparation de l’automobile s’éternise. Les trois compagnons alors installés à l’auberge du coin, s’occupent comme ils le peuvent et Curt découvre petit à petit le mystère qui entoure la région. 
Les 225 pages de ce roman constituent le témoignage de ce narrateur marqué à vie par ce qu’il a vécu dans ce petit village du sud de la France.

Cette courte fiction possède en fait deux aspects bien distincts mais tout de même intimement imbriqués. D’un côté, et c’est ce que j’ai préféré, l’enquête et le mystère liés aux disparitions dans la vallée qui mène au Mont Larin ; et de l’autre, les relations qui unissent les trois personnages entre eux. Si j’ai adoré les différentes étapes de « l’enquête » menée par Curt – le narrateur – et Fee, j’ai en revanche moins apprécié les personnages à proprement parlé.
En effet, le narrateur d’origine « exotique » a passé son enfance et son adolescence enAllemagne, effacé, écrasé par son « ami » Germer, une brute épaisse au QI d’huître, uniquement intéressé par les femmes et le sport. Curt voue une amitié sans faille à Germer, ne disant jamais rien, acceptant toutes les insultes, les brimades et les humiliations pour ne pas gâcher cette relation… et il faut attendre les évènements de Moriac pour qu’il se rende enfin compte que Germer n’a jamais été son ami. Désolée pour la vulgarité, mais il faut quand même être particulièrement con – ou aimer être soumis et humilier quotidiennement – pour ne pas se rendre compte que cette relation n’a rien d’une amitié ! Par ce côté naïf, soumis et vraiment « j’ai rien dans le pantalon », le narrateur m’a agacée – vraiment beaucoup agacée -, j’avais envie de le secouer. Germer quant à lui, est exécrable du début à la fin. Il n’y a pas une scène dans laquelle il intervient où je n’ai pas eu envie de le tuer. Stupide et méchant, c’est une mauvaise association. Fee est sans doute la figure pour laquelle j’ai eu le plus de sympathie. Effacée et soumise au début (j’imagine que l’époque – les années 30 – veut ça, parce qu’à sa place en 2012, j’aurais réagi bien avant !), elle fait entendre sa voix petit à petit et finit même par prendre quelques décisions d’importance. Vous vous doutez que deux hommes et une jolie femme entraînent forcément un triangle amoureux… cet aspect-là de l’histoire est sans réelle surprise… sauf l’évènement survenant dans la dernière partie du texte (je ne l’avais pas vu venir !).

En revanche, et je reviens sur ce qui m’a séduite, le mystère que l’on perce petit à petit est plein de surprises… et garde même sa part d’inexpliqué. En conséquence, le dénouement est assez « ouvert ». On obtient pas mal d’explications dans les dernières pages, mais pas le fin mot de l’histoire ; c’est au lecteur de choisir. J’avoue que ce parti pris de l’auteure me gêne autant qu’il me séduit. D’un côté, je suis satisfaite car je ne me retrouve pas avec une explication tirée par les cheveux qui me déçoit, mais de l’autre, j’ai quand même un peu un sentiment d’inachevé car je n’aime pas ne pas avoir de réponse claire et rester dans le doute. Légèrement mitigée par cette fin donc, mais je tends quand même vers la satisfaction.

J’aimerais terminer cet avis avec l’élément de ma lecture qui m’a totalement conquise : l’ambiance du texte. Je félicite Bente Porr pour l’atmosphère très angoissante qu’elle a réussi à insuffler dans ces quelques pages. Pour preuve : lors de ma lecture samedi dernier, j’étais tellement prise par l’histoire, par cette ambiance mystérieuse et angoissante, que j’ai fait un bond sur mon fauteuil lorsque le voisin du dessus a fait tomber quelque chose, et j’ai peiné à éteindre ma lumière une fois l’heure de dormir venue… Concrètement, il n’y a rien qui fait vraiment peur, c’est simplement que je n’ai eu aucun mal à m’imaginer ce petit village français des années 30 et ses habitants qui cachent des secrets, à la lisière duquel une vallée mystérieuse et brumeuse renferme quelque chose qui a déjà tué plus d’une dizaine de personnes. Cette vallée brumeuse au pied de la montagne, ce silence anormal et étouffant, je les avais en tête, je m’y croyais (alors imaginez quand un gros boom a retenti au dessus de ma tête !)… Si je dois retenir une seule chose de La Vallée des disparus, c’est ça : l’atmosphère de l’histoire. 
Et je pense que l’utilisation permanente du « je », même si je n’ai pas particulièrement apprécié Curt le narrateur, m’a permis d’entrer encore plus facilement dans l’histoire et de vivre l’enquête et la résolution du mystère auprès et avec les trois « amis ».

Je me rends compte que j’ai relevé quelques bémols, mais vraiment, cette lecture m’a énormément plu ! En ouvrant ce livre, je n’aurais pas cru l’apprécier autant ! Je remercie donc une nouvelle fois Langage et Projets Conseils et L’Archipel pour cette découverte et recommande chaudement la lecture de La Vallée des disparus !

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