Orgueil et préjugés, Simon LANGTON

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Orgueil et préjugés
1995, 5h00 (6 x 50mn)

d’après Orgueil et préjugés de Jane AUSTEN
aussi adapté en 2005 par Joe WRIGHT

Réalisé par Simon LANGTON

Avec : Colin Firth (Fitzwilliam Darcy),
Jennifer Ehle (Elizabeth Bennet),
David Bamber (Mr Collins),
Crispin Bonham-Carter (Mr Charles Bingley),
Anna Chancellor (Caroline Bingley),
Susannah Harker (Jane Bennet),
Barbara Leigh-Hunt (Catherine de Bourgh),
Adrian Lukis (George Wickham),
Alison Steadman (Mme Bennet),
Julia Sawalha (Lydia Bennet),
Benjamin Whitrow (Mr Bennet),

 Fiche IMDb
 Article Wikipédia (super intéressant, avec plein de détails sur la production !)

Pour l’acheter : Orgueil et préjugés – Edition 2 DVD
(une version collector est également disponible sur Amazon…)

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Mrs. Bennet n’a qu’un but dans la vie : trouver un riche mari pour chacune de ses cinq filles, afin de leur assurer un avenir serein. Mrs Bennet espère ainsi que l’une d’elles saura plaire à leur nouveau voisin, le sympathique et riche Charles Bingley qui vient de louer la somptueuse demeure de Netherfield. Malheureusement, il est accompagné de ses deux sœurs et de son meilleur ami, Mr. Darcy, qui le voient d’un très mauvais œil s’éprendre de Jane, l’aînée des Bennet, car tous les trois jugent la famille, à l’exception de Jane, tout juste fréquentable.

Qu’il m’est difficile de rédiger ce billet ! Voilà six mois (si ce n’est pas plus !) que je repousse l’exercice, mais le coup d’envoi du Pride and Prejudice Challenge en ce 28 janvier 2012 (à l’occasion des 199 ans de la sortie du célèbre roman de Jane Austen, le 28 janvier 1893), m’a finalement décidée. Je me lance, remplie d’appréhensions car cette mini-série a une telle importance à mes yeux, cette adaptation est si génialissime à mon goût ; que j’ai peur de ne pas être à la hauteur de la tâche, de ne pas réussir à lui rendre hommage… Je ne sais pas si je parviendrai à vous convaincre d’y jeter un œil, mais vraiment, si vous aimez Jane Austen et ce roman, il faut regarder cette version d’Orgueil et préjugés proposée par la BBC en 1995 !

bennetfamillePour la petite histoire : j’ai découvert Jane Austen et son Orgueil et préjugés assez tardivement, grâce à l’adaptation de Joe Wright sortie en 2005. Le film m’avait plu, surtout visuellement et musicalement ; et l’histoire m’avait interpellée. C’est donc par pure curiosité que je me suis lancée dans l’œuvre d’origine et… coup de foudre ! Puis, je ne sais plus de quelle façon (sans doute grâce à mon amie AL, fan du 7ème art), j’ai eu vent de cette mini-série. J’ai acheté le double DVD d’occasion et je me suis lancée, pleine d’appréhensions en apprenant que j’en avais pour cinq heures au moins… C’était il y a environ deux ans. Comment mieux vous prouver mon adoration pour cette adaptation qu’en vous avouant que depuis mon achat (j’ai d’ailleurs troqué le double DVD pour m’offrir le gros coffret proposé par la Fnac), j’ai bien dû la visionner une vingtaine de fois, sans compter mes excursions régulières sur Youtube pour me replonger dans certains passages. En français, en anglais, avec ou sans sous-titres, j’ai tout testé (mais vous conseille tout de même la version originale, la langue est belle et assez compréhensible) au point de connaître certains passages par cœur.
Bref, je crois que c’est clair : je suis amoureuse de cette mini-série (que je préfère 1000 fois à la dernière adaptation) et je me réserve régulièrement (environ une fois par mois) cinq heures de mon temps pour m’y replonger.
Même si je suis sûre que vous me croyez sur parole, je vais tenter d’avancer – le plus objectivement et dans le détail possible – les qualités (et elles sont plus que nombreuses !) de cette adaptation.

Avant toute chose, sachez que si vous souhaitez vous lancer dans cette mini-série, il vous faudra prévoir au moins cinq heures dans votre emploi du temps. Et oui, qui dit mini-série dit plusieurs épisodes… six exactement. Six épisodes de 50 minutes environ. Et voilà déjà un immense point positif en faveur de cette adaptation : six épisodes, cinq heures en tout ; le réalisateur a choisi un format idéal ! Le spectateur peut ainsi faire connaissance progressivement avec chacun des personnages, s’imprégner pleinement du contexte et comprendre correctement les tenants et aboutissants de cette histoire.
Si la version de 2005 est bien mignonne et très jolie visuellement, elle occulte de nombreuses choses et fait de l’histoire de Jane Austen une bête histoire d’amour pour adolescentes en fleur. Orgueil et préjugés ce n’est pas que l’histoire d’amour cucul la praline (ce qu’on pourrait penser avec le seul visionnage de la version récente) d’Elizabeth et de Darcy. Orgueil et préjugés c’est effectivement l’histoire d’un amour, un amour profond ; mais c’est aussi et surtout le prétexte à la critique de la société anglaise de la fin du XVIIIe / le début du XIXe siècle (les filles ne pouvant hériter de leur père, ne pouvant s’en sortir, si elles sont d’extraction moyenne, qu’en faisant un beau mariage…). Grâce au format adopté par Simon Langton, le spectateur plonge complètement dans l’œuvre de Jane Austen et découvre de nombreux détails insoupçonnés.

Un travail extraordinaire a été mené au niveau des décors et des costumes. Je ne suis pas une spécialiste mais il me semble que cette mini-série respecte la réalité historique, à commencer par les convenances de l’époque et la manière de s’habiller (une demoiselle ne court pas à travers champ en chemise de nuit au milieu de la nuit, surtout sans chaperon (!), n’est-ce pas Monsieur Joe Wright…). Grâce aux robes portées par ces demoiselles, on sait directement quel est le statut de tel ou tel personnage ; les habitudes vestimentaires sont également respectées : les robes colorées, à motifs et plus « grossières » pour le quotidien, les tissus plus chatoyants pour les grandes occasions (et non des robes à la coupe qui n’existe pas et qui ressemblent presque aux robes que pourraient porter des paysannes dans un mauvais film de fantasy se déroulant au Moyen-Age… n’est-ce pas Monsieur Joe Wright…). On retrouve également les jolis spencers (j’adore !), les petites ballerines/bottines et les coiffes – j’ai cru comprendre, grâce à cette adaptation, que les femmes mariées la portaient incontournablement lorsqu’elles recevaient – et on oublie la jeune fille échevelée, sauf dans l’intimité (j’ai envie de dire… n’est-ce pas Monsieur Joe Wright…).
Les décors – magnifiques – servent le contexte et l’histoire. Le choix des demeures est parfaitement réfléchi et correspond à la place qu’occupent leurs habitants dans la société. Les Bennet ont une maison modeste certes, mais tout de même agréable bien qu’un peu défraichie. Même s’ils ne roulent pas sur l’or, c’est tout de même une famille respectable et Mr Bennet est un gentleman, pas un vulgaire paysan (alors le cochon dans la maison, l’étable et la cour boueuse, on oublie… n’est-ce pas Monsieur Joe Wright… promis, c’est la dernière fois !). Et avec les positions des personnages de plus en plus élevées au fil des épisodes, on découvre des demeures de plus en plus imposantes : Netherfield (la « maison » des Bingley) puis Rosings Park (où vit la grande Lady Catherine) et enfin, le must du must… Pemberley la « modeste masure » (colonnade, bassins, jardins, parc immense,…) de ce cher Darcy et de sa petite sœur.
Chaque détail a son importance dans cette adaptation et permet au spectateur de comprendre en un seul coup d‘œil (même inconsciemment).

Je ne suis pas une pro du 7ème art, mais je pense qu’on peut dire que cette mini-série est filmée de façon assez « classique » ou du moins, beaucoup plus classique que la version de 2005. Visuellement, c’est moins « artistique » que cette dernière, mais les plans permettent quelque chose que j’adore dans cette ancienne version et sans doute ce que je préfère : les jeux de regards entre les personnages. Tantôt en gros plans, tantôt en vues d’ensemble, les choix de cadrage permettent au spectateur de percevoir ce qui se passe dans la tête des personnages et entre eux… cela donne une nouvelle intensité aux scènes et à l’histoire ; j’adore !

darcybingleyMais ces jeux de regards ne pourraient évidemment pas se faire sans différents acteurs. Alors les acteurs, parlons-en, et commençons par les deux principaux : Jennifer Ehle et Colin Firth. A mon goûr, ces deux-là forment une Elizabeth et un Darcy absolument parfaits. Il se passe énormément de choses sur leur visage, dans leurs yeux. Les deux acteurs sont merveilleusement expressifs sans non plus tomber dans la caricature et incarnent parfaitement les héros austeniens.
Jennifer Ehle est peut-être moins jolie que Keira Knightley pour la plupart des gens (bien que je sois de l’avis contraire) mais est plus proche, je pense, du canon de beauté de l’époque. Elle est la Lizzie que j’avais imaginée et que j’ai envie de percevoir en pensant à Orgueil et préjugés : le sourire espiègle, les yeux pétillants, malicieuses mais quand même « bien » élevée, rieuse mais pas non plus glousseuse… Bref, elle est parfaite selon moi.
Et que dire de Colin Firth ! Quelle maîtrise du personnage de Darcy, quelle évolution dans son regard et dans les expressions de son visage ! Tout d’abord hautain et réservé et de plus en plus « adouci » sans non plus tomber dans l’amoureux transi… Grâce à l’excellent jeu de l’acteur, on comprend les états d’âme de Darcy et l’évolution de son comportement. Rien à dire, c’est parfait !
Mais deux acteurs géniaux ne serviraient à rien s’ils ne possédaient pas une certaine complicité… Jennifer Ehle et Colin Firth l’ont, cela ne fait aucun doute !

Les autres acteurs sont trop nombreux pour que je les cite tous individuellement. Retenez surtout que certes, ils sont peut-être moins attrayants physiquement que ceux de la version 2005, mais ils sont surtout plus proches de l’idée que je me fais des personnages d’une histoire se déroulant à cette époque (les acteurs choisis pas Joe Wright sont trop « modernes » à mon goût, mais sont cohérents avec l’esprit que le réalisateur a voulu donner à sa production).
Le casting est presque parfait sauf peut-être en ce qui concerne le choix de Susannah Harker dans le rôle de Jane. Je ne renie pas le talent de l’actrice mais je ne suis pas convaincue par son physique (l’aînée des filles Bennet est censée être une beauté parfaite et malgré le recul que je prends en imaginant les canons de beauté de l’époque, j’ai l’impression que ça ne colle pas). Au contraire, je trouve Lucy Scott, celle qui joue Charlotte Lucas, beaucoup trop jolie pour son rôle… mais bon, ce n’est qu’une histoire de goût après tout.
En revanche, je dis un énorme bravo à David Bamber (d’ailleurs, avez-vous remarqué que lui et les deux acteurs principaux se sont retrouvés dans le casting du Discours d’un roi ?) qui incarne un Mr Collins aussi ridicule dans son physique et sa façon d’être (la mèche de cheveux collante sur le front, le rictus crispé et la maladresse évidente en descendant du fiacre…) que dans ses paroles ! J’aime également beaucoup le choix d’Anna Chancellor (que vous avez pu voir aux côtés de Hugh Grant dans l’excellent Quatre mariages et un enterrement, par exemple) pour le rôle de Caroline Bingley, la moqueuse sœur qui ne cesse de faire les yeux doux à Darcy, en vain ! Je m’arrête-là avec les acteurs secondaires, ils sont vraiment trop nombreux, mais sachez qu’ils maîtrisent tous leur rôle et qu’aucun ne me déçoit !

J’ai beaucoup parlé et comme je le craignais, je ne suis pas satisfaite de ce que j’ai raconté. J’ai oublié de vous dire que la musique – signée Carl Davis -, bien que moins « romantique » que dans la version récente, colle bien à l’ensemble et que certaines scènes m’ont marquée à vie : la première rencontre d’Elizabeth et Darcy, le bal de Netherfield, la scène du lac, celle où Elizabeth joue du piano… Mais, au lieu de tout effacer, je vais seulement terminer par ceci : à chaque nouveau visionnage, j’ai l’impression de voir de nouveaux détails et d’entrer encore plus dans l’histoire ; cette adaptation, en plus d’être fidèle au roman d’origine, est vraiment très riche ! Dorénavant, lorsque je pense aux personnages ou aux décors, ce sont les acteurs et les scènes de cette mini-série que j’ai en tête. Si vous avez l’occasion, regardez-là, elle vaut vraiment le coup !

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Allez, quelques vidéos…

Je vous présente la famille Bennet :

Darcy refuse de danser avec Elizabeth qu’il juge « tolerable » :

Grande tension entre les deux personnages lors de la célèbre danse… :

 

 

Bon anniversaire (199 ans !) Orgueil et préjugés !

Une pensée sur “Orgueil et préjugés, Simon LANGTON

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