Le Montespan de Jean TEULE

lemontespanLe Montespan
de Jean TEULE

Pocket,
2011, p. 310

Première Publication : 2008

Pour l’acheter : Le Montespan

Jean Teulé, né le 26 février 1953, est un romancier français, qui a également pratiqué la bande dessinée, le cinéma et la télévision.
Wikipedia.

Le Magasin des suicides

♣ ♣ ♣

Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C’était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan…
Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu’il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l’homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d’assassinat, il poursuivit de sa haine l’homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme…

De Jean Teulé, je n’avais lu jusque là, que Le Magasin des suicides qui m’avait plu : un petit livre original avec un humour noir qui avait su me convaincre, malgré une fin un peu décevante. Le Montespan me tentait car je voulais découvrir l’auteur dans un autre registre – plus historique cette fois – et parce que ce nom « Montespan », me parlait. Merci donc à Jed’s Burdy qui m’a offert ce petit poche pour mon anniversaire il y a quelques mois !
Je ne savais que peu de choses au sujet de la maîtresse de Louis XIV, la Montespan, mais j’avais très envie d’en apprendre plus car, figurez-vous que c’était une habituée des termes de Bourbon l’Archambault et qu’elle est morte dans ce petit village de l’Allier. Et ce petit village, en fait, c’est mon petit village. Là où je suis née, là où j’ai grandi… le village que je retrouve avec énormément de plaisir dès que je peux m’y rendre.

Comme l’indique très justement la quatrième de couverture, ce roman n’offre pas l’histoire de la célèbre Montespan, mais celle de son mari, le marquis de Montespan. Epoux fou amoureux de sa femme Françoise – une beauté blonde surnommée Athénaïs – à une époque où mari et femme se choisissent par intérêt, il passe 25 ans de sa vie à tenter de l’arracher de Versailles et des griffes du roi Soleil, ce petit homme laid et qui n’a pris qu’un seul bain dans sa vie… Faisant fi des traditions et habitudes de l’époque, le cocu le plus connu de France ne recule devant rien, risquant tout, car on ne défie pas le grand monarque sans en subir les conséquences (plusieurs fois la prison et même la mort !) pour suivre les élans de son cœur. Refusant les compensations pécuniaires du roi en échange de sa femme, le marquis de Montespan se ridiculise aux yeux de tous… mais il l’aime sa Françoise !
L’amour rend aveugle et idiot, la détermination inflexible de Montespan peut ainsi agacer ; mais j’ai tout de même aimé suivre l’évolution de sa vie. Ce petit marquis m’est apparu comme la seule personne honnête, sincère et intègre de l’histoire. Je ne sais pas jusqu’où l’on peut voir une vérité historique dans ce roman, mais si, ne serait-ce que la moitié des faits relatés sont véridiques, j’ai envie de dire : « Chapeau ! ». Montespan c’était en fait un vrai rebelle, aucunement intéressé par l’approbation du roi, ne voyant aucun intérêt à suivre bêtement les autres courtisans et à s’aplatir devant le monarque. Il faudrait qu’il se sente honoré d’être cocufié par le grand Louis XIV ? Oh que non ! Sa femme c’est sa femme et roi de France ou non, il ne renonce pas !

portraitmontespanparmignardLe ridicule de la situation de Montespan et de sa ténacité est accentué par la plume de Jean Teulé. L’ironie et le second degré que j’avais appréciés dans Le Magasin des suicides sont à nouveau présents ici, et ça m’a plu. En revanche, j’avoue que j’ai parfois tiqué en lisant quelques passages relativement crus. Bon, c’est assez en accord avec l’époque et ses habitants qui, apparemment, ne s’embarrassaient pas de manières (que ce soit en privé ou en public d’ailleurs) mais nous, lecteurs du XXIe siècle qui utilisons – normalement – des toilettes pour faire ce que nous avons à faire… Bref. C’est parfois cru mais c’est en accord avec le fond donc je n’ai pas été dérangée plus que ça.
Sur 300 pages, Jean Teulé nous conte les aventures du Montespan. Environ 30 ans de la vie d’un homme sont contenus dans un livre de poche de 2 centimètres d’épaisseur. Vous vous doutez que les ellipses narratives sont nombreuses et fréquentes. Dans l’ensemble, elles sont assez bien traitées pour qu’on n’y fasse pas plus attention que ça, mais certaines m’ont un peu déstabilisée car la durée « sautée » n’est pas toujours explicitement annoncée, et moi j’aime bien savoir quand se passent les choses (il n’est pas rare que plusieurs années s’écoulent en deux chapitres).
A noter que les chapitres sont courts – qui dit chapitres courts dit souvent rythme de lecture soutenu et donc livre rapidement avalé – et souvent illustrés par des dessins en noir et blanc évidemment (des reproductions de tableaux de l’époque par exemple) pour accentuer les propos avancés par l’auteur (celui représentant les quatre « bâtards » du roi, conçus avec la Montespan, m’a particulièrement marquée).

Alors, concrètement, ai-je aimé ou non Le Montespan ? Difficile à dire. Je n’ai pas adoré mais je n’ai pas non plus détesté. Je reconnais l’originalité et l’intérêt du texte, je concède que je l’ai lu très vite et sans difficulté et même que l’histoire a su me « captiver » à certains moments ; mais difficile de résumer ce ressenti par un simpliste « j’ai aimé ». Disons seulement que je ressors de cette lecture avec un sentiment plutôt positif.

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