La Fille qui voulait être Jane Austen de Polly SHULMAN

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La Fille qui voulait être Jane Austen

de Polly SHULMAN
(Challenge YA/Jeunesse – 9/20)

Albin Michel (Wiz),

2010, p. 277

Première Publication : 2006

Pour l’acheter : La fille qui voulait être Jane Austen

Diplômée de l’Université de Yale, Polly Shulman a travaillé pour The New York Times et Newsday et a contribué à des adaptations cinématographiques de l’œuvre de Jane Austen.

Julie et Ashleigh sont les meilleures amies du monde depuis l’enfance. Si la première, grande et mince, est du genre timide et réservée, elle ne peut pas toujours calmer l’exubérance et l’originalité de la deuxième que jamais rien ne peut arrêter. Après son obsession pour la confiserie ou la légende arthurienne, voilà qu’elle se prend de passion pour les romans de Jane Austen, auteure préférée de la timide Julie.
Dans le but de vivre une aventure austenienne, Ashleigh se met en tête d’aller au bal très sélect de Forefield. Un peu contre son gré, Julie se retrouve entraînée dans cette histoire… Sans invitation officielle, les deux jeunes filles sont sur le point de se faire poliment renvoyées quand deux gentlemen leur sauvent la mise en les faisant passer pour leurs cavalières. Seraient-ce là les deux réincarnations de Mr Bingley et de son grand ami Mr Darcy ? C’est en tout cas ce qu’espère Ashleigh !

J’avais repéré ce livre à sa sortie française et ensuite sur plusieurs blogs que je suis régulièrement. Evidemment, la mention de Jane Austen ne pouvait que me tenter et c’est parce qu’elle me connait si bien que ma copine parisienne m’a offert ce titre il y a quelques semaines, pour mon anniversaire ; merci à elle !
Luttant vaillamment entre deux pages de Petite sœur, mon amour de Joyce Carol Oates, j’avais besoin de faire une pause et de me détendre quelques heures avec quelque chose de léger et rafraichissant (pour tout vous avouer, je n’ai toujours pas repris ma lecture du Oates en question…).
En l’ouvrant, je savais que la mention de Jane Austen dans le titre était un peu un leurre, j’étais prévenue donc n’ai pas été particulièrement déçue. Même si on sent venir le dénouement à des kilomètres et que les personnages sont parfois agaçants, j’ai passé un bon moment avec ce livre très « girly » (qui l’eut cru me connaissant ?) !

Comme je viens de le dire, la référence à Jane Austen n’est vraiment qu’un prétexte (sa présence dans le titre est sans doute un choix purement commercial vu le succès de la Dame 200 ans après son passage sur Terre…) pour mettre en place l’histoire des deux adolescentes. L’adoration que porte Ashleigh aux romans austeniens lui donne une excuse pour entraîner sa meilleure amie au bal interdit et de là en découle évidemment une rencontre clef pour les demoiselles et des histoires de cœur…
Par la suite, le côté Jane Austen est vite oublié et rarement remis en avant. Soyez prévenues avant de commencer cette lecture car quand on le sait, je pense qu’on s’indigne beaucoup moins de cette « publicité mensongère «  !

pollyshulmanL’intrigue en elle-même n’a rien d’extraordinaire et on connait le fin mot de l’histoire dès les premières pages mais, comme les comédies romantiques au cinéma qui ne brillent pas par l’originalité de leur scénario, La Fille qui voulait être Jane Austen détend, fait sourire et fait passer un bon moment ; c’est ce qu’on attend d’un tel titre.

Les personnages autant de points forts que de points faibles dans cette lecture. En effet, la figure d’Ashleigh la marginale (un peu la Luna Lovegood du coin) est marquante et sort de l’ordinaire. Malheureusement, si son excentricité me faisait sourire et me plaisait au début, elle se révèle parfois sacrément bornée (quand Julie tente de lui dire quelque chose par exemple) ce qui m’a agacée. Julie, parlons-en d’ailleurs. C’est l’héroïne du livre (c’est l’unique narratrice) mais je l’ai trouvée finalement beaucoup plus effacée et fade que sa camarade. Les jeunes lectrices se reconnaitront sans doute dans sa réserve et sa timidité, mais, même si je l’ai trouvée sympathique, elle manque un peu de punch à mon goût. Les figures masculines – notamment les deux cavaliers de ces demoiselles, Parr et Ned – manquent cruellement de charisme. Sans relief, ils sont beaux, gentils et serviables ; ça manque un peu de profondeur tout ça.
Dans l’ensemble, les personnages sont un peu trop gentillets, un peu trop beaux, trop « parfaits » (sauf Ashleigh). L’histoire aussi d’ailleurs ; comme si c’était aussi évident et « facile » dans la vraie vie… Cela dit, et je me répète, ça n’en reste pas moins très mignon et rafraichissant, idéal pour les jeunes filles en fleur en quête de leur Mr Darcy.

Quelques mots encore pour ajouter que le texte est à la première personne du singulier (Julie est l’unique narratrice) ; on suit donc l’histoire exclusivement du point de vue de l’héroïne ce qui plaira d’autant plus aux lectrices qui pourront s’identifier à la demoiselle timide et à ses rêves… Bon, j’ai un peu passé l’âge, mais je me suis tout de même prise au jeu et j’ai apprécié les quelques touches d’humour qui se sont glissées dans ce « journal intime » (le coup du Prix de la Paix des Familles m’a beaucoup fait rire, par exemple).

Ce n’est donc pas un incontournable mais un livre que je conseille à celles (non pas à ceux…) qui ont besoin de retrouver leur âme d’adolescente et leur sourire pendant quelques heures. Et si grâce à ce titre, certaines jeunes filles ont ensuite envie de se tourner vers du Jane Austen (et notamment Orgueil et Préjugés), je dis bravo à Polly Shulman !

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