Le Chaperon rouge de Sarah BLAKLEY-CARTWRIGHT et David L. JOHNSON

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Le Chaperon Rouge
de Sarah BLAKLEY-CARTWRIGHT
et David L. JOHNSON
Michel Lafon,

2011, p. 347

Première Publication : 2011

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♣ ♣ ♣

Le village de Daggerhorn semble sommeiller au creux de la vallée. Depuis des générations, le Loup qui menace sa tranquillité est tenu à l’écart grâce à un sacrifice mensuel. Mais aujourd’hui, plus personne n’est à l’abri. Et la peur rôde…
A la mort de sa soeur, Valérie est inconsolable. Henry, le séduisant fils du forgeron, tente de gagner ses faveurs, mais le coeur indompté de la belle bat pour un autre garçon : Peter, le bûcheron exclu du groupe, qui lui offre des escapades palpitantes en dehors du cocon familial.
Un beau jour, un chasseur de loups de passage dans la région fait une terrible révélation qui provoque la stupeur des villageois : la Bête qui les terrorise vit parmi eux. Chacun devient suspect. Bientôt, on comprend que seule Valérie peut entendre la voix du Loup. Et celui-ci exige qu’elle le rejoigne avant que le sang ne coule…

J’ai remarqué la sortie du film depuis quelques temps déjà, et surtout la présence de Gary Oldman dans le casting. Mais ce n’est que très récemment que j’ai appris qu’un livre existait. 
Je croyais au départ que le livre avait servi à l’élaboration du film, mais en fait, on apprend dans la préface qu’il a été rédigé pendant le tournage ; c’est donc comme un complément au support visuel qu’il faut l’appréhender, je pense. Cela dit, pour ne pas connaître à l’avance le dénouement et le nom du coupable, il vaut peut-être mieux le lire en premier… quoique… on peut faire la remarque dans l’autre sens également…

Alors qu’elle n’a que sept ans, Valérie quitte son lit en pleine nuit pour tenter de sauver sa chèvre offerte en sacrifice. Ce soir-là, elle fait la connaissance du Loup…
Dix ans plus tard, alors qu’elle, sa sœur aînée Lucie et leurs amies ont l’autorisation de camper dans les champs après la journée de moisson, la nuit sanglante se lève et le Loup fait une première victime dans l’entourage de Valérie.
Alors que l’angoisse monte et que d’autres villageois sont assassinés, le doute grandit : qui est l’habitant du village qui se transforme en loup-garou et sème la terreur ? Peter, l’ami d’enfance mystérieux de Valérie qui réapparaît après dix ans d’absence ? Henry, le fils du forgeron, étrangement là où il ne faut pas ? La grand-mère de la jeune fille qui a toujours eu des allures de sorcière ?… Qui ? Et pourquoi veut-il Valérie ?

Je dois avouer que je ressors de cette lecture assez mitigée et je pense que je vais avoir un peu de mal à faire passer mon ressenti ; si mon billet est brouillon, je m’en excuse. Commençons par ce qui m’a déplu pour terminer sur une note positive !
Je pense que la plume n’est pas étrangère à ma déception. Je ne sais pas si l’on doit s’en prendre à la traduction ou directement au style de Sarah Blakley-Cartwright, mais je n’ai pas trouvé ça bon. Je suis pourtant bon public, mais là, j’ai relevé des dizaines de maladresses. Certains passages m’ont paru tellement nébuleux que j’ai du les relire plusieurs fois pour parvenir à une compréhension plus ou moins acceptable. Les descriptions sont certes très visuelles (en même temps, le film est à la base de la rédaction) mais le point de vue externe est, à mon goût, mal employé. On passe d’une scène à l’autre, d’un personnage à l’autre comme du coq à l’âne, sans transition. C’est déstabilisant. En revanche, les chapitres courtes permettent une lecture plutôt rapide.

Autre point négatif qui rejoint un peu le précédent car relève la plupart du temps de l’incompréhension : les réactions de Valérie l’héroïne. Je trouve que ses sentiments sont mis en avant maladroitement. Bien sûr, elle doit être perdue, dans le doute, confuse… mais est-ce une raison pour la faire changer d’avis en une demi seconde ? Elle se jette dans les bras de Peter, l’embrasse à pleine bouche et l’instant d’après, elle tremble de peur et souhaite s’enfuir à des kilomètres de là… ? Encore une fois, je comprends le désir de l’auteure de vouloir exagérer la confusion de Valérie mais la plupart du temps, cela en devient presque invraisemblable… peut-être que ces scènes ont un meilleur impact dans le film ?

sarahblakley cartwrightDernier point, pas foncièrement négatif, mais qui m’a tout de même légèrement déçue : le nom du coupable. Il est plutôt bien amené, mais l’explication avancée est presque « trop facile ». Je veux dire par là que j’avais deviné le nom du coupable assez rapidement et que je n’ai pas été surprise car il me semble « logique ». Attention, énorme SPOILER, je donne la réponse… vous êtes prévenus ! [Franchement, quand on se penche deux secondes sur cette histoire du Chaperon rouge, on remarque le côté très « sexuel », côté d’ailleurs mis en avant dans la Psychanalyse des contes de fées. On se doute alors vite qu’il s’agit d’un homme. Quant au nom de celui-ci, j’ai peut-être l’esprit un peu tordu, mais j’ai toujours trouvé que ce conte avait une connotation « incestueuse »…] Tout ça pour dire que je l’ai vu venir à des kilomètres et que j’aurais aimé un gros rebondissement, une révélation qui me surprenne. Cela dit, je ne doute pas que les lecteurs à l’esprit moins tordu que moi soient surpris par ce dénouement…
A noter également que le dernier chapitre n’est pas présent dans le livre mais qu’il faut aller le découvrir sur le site des éditions Michel Lafon. Je n’ai pas été gênée outre mesure car j’étais à proximité d’un ordinateur quand j’en suis arrivée là, mais je peux comprendre que certains soient ennuyés, surtout s’ils ne sont pas prévenus (rien ne l’indique clairement à part lorsqu’on arrive aux dernières pages…)…

Passons maintenant aux points positifs, et il y en a !
Le premier qui me vient en tête, et le plus important, c’est l’atmosphère mise en place par l’auteure. Le village fait vite office de huis-clos où la suspicion grandit. Je trouve que le côté angoissant est très bien rendu. De même pour le côté un peu « gothique » avec une forêt qu’on pourrait imaginer tel que le ferait Burton… J’avais les teintes noir, gris et rouge de la couverture constamment en tête, ce qui offre un côté visuel intéressant à cette lecture, à mon goût.
Pour revenir sur la suspicion très présente, j’ajouterais que l’auteure joue parfaitement avec le lecteur. Si l’on n’a pas deviné qui était le coupable, on est baladé d’un suspect à l’autre en même temps que Valérie et on doute de tous, successivement. Les ficelles sont parfois un peu grosses, mais ça a assez bien marché sur moi, au début.

Ce ne sera peut-être pas un point positif pour tout le monde, mais j’ai apprécié que l’histoire d’amour et le triangle amoureux ne prennent pas toute la place ou du moins, qu’elle n’empiète pas trop sur l’enquête et le côté angoissant de l’histoire. D’ailleurs, la petite guéguerre entre Peter et Henry et les doutes de Valérie les concernant n’auraient pas du tout été présents que ça ne m’aurait pas gêné outre mesure… Le côté « romance » du Chaperon rouge ne m’intéressait pas plus que ça et il reste assez en retrait pour que je sois satisfaite.

Globalement, cette version est assez éloignée du conte d’origine et mis à part le chaperon (qui apparaît tardivement), la grand-mère et le loup (qui devient un loup-garou), on retrouve assez peu des éléments découverts dans notre enfance. Cependant, je trouve que l’histoire tient la route et, si tous les défauts cités plus haut avaient été gommés ou au moins réduits, elle aurait pu être une excellente réécriture du Petit Chaperon rouge… Je me contenterai simplement de dire qu’il s’agit d’une version moderne divertissante.

Un dernier petit paragraphe pour féliciter une nouvelle fois les éditions Michel Lafon pour le soin qu’elles accordent à l’objet-livre en lui-même. Non seulement les couvertures sont toujours magnifiques, mais les décorations intérieures ne sont pas en reste. Le Chaperon rouge ne fait pas exception à la règle !

3 pensées sur “Le Chaperon rouge de Sarah BLAKLEY-CARTWRIGHT et David L. JOHNSON

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