La Légende de la femme-louve, Tome 1 : Traque sauvage de Sylvie WOLFS

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La Légende de la femme-louve,

Tome 1 : Traque sauvage
de Sylvie WOLFS
Les Nouveaux auteurs,
2011, p. 393

Première Publication : 2011

Pour l’acheter (réédition Lokomodo)La Légende de la Femme-Louve, Tome1

Sylvie Wolfs – son vrai nom – férue de culture amérindienne, passionnée de l’univers cinématographique du western, se consacre aujourd’hui à l’écriture d’une série romanesque dont voici le premier opus.

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Du Montana à l’Arizona, du coeur des ténèbres aux cimes sacrées desApaches Aravaïpas, nous voilà entraînés dans une traque mortelle : Wiley Hurt, un impitoyable chasseur de primes, veut la peau de Jewell O’Connor, jeune Irlandaise initiée par les Sioux et dotée de pouvoirs inattendus. Mais n’est-elle vraiment qu’une hors-la-loi pourchassée ? Et lui, n’est-il qu’un serviteur de la Loi ?

Il y a quelques temps déjà, j’avais entendu parler de ce titre sur Facebook et sur divers blogs. Le titre et le côté western m’intriguaient, c’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai reçu ce premier tome (dédicacé en plus !) grâce à un partenariat proposé sur Livraddict. Merci à la team de me faire aussi souvent confiance et merci également à Sylvie Wolfs pour l’envoi et la très gentille dédicace !
Je dois vous avouer que le monde du western est un de ceux que j’ai rarement côtoyés dans ma vie. A part l’image que j’ai pu m’en faire en tombant parfois sur Lucky Luke à la télé, je suis une grande novice ! Mais il faut croire que ces dernières semaines étaient propices à ma découverte du genre puisque, juste avant de me plonger dans cette lecture, je suis allée voir True Grit au cinéma. Je ne deviendrai sans doute jamais une fan inconditionnelle du western, mais ces deux petits incursions dans cet univers m’ont assez plu pour que j’ai envie d’approfondir ça…
Pour en revenir à ce premier tome et avant de développer mes impressions, je résumerai en disant que j’ai trouvé ce premier roman de l’auteure très abouti. Je n’en fais pas un coup de cœur car une ou deux choses m’ont légèrement chagrinée ou manquée, mais cette lecture reste une excellente surprise ! Si vous en avez l’occasion, lancez-vous !

Jewell O’Connor, jeune irlandaise à la crinière de feu, fuit depuis des années, Wiley Hurt, un chasseur de primes. Déguisée en homme, elle se cache quelques jours dans une petite bourgade du grand Ouest américain. Malgré sa discrétion, un des hommes de la ville découvre son identité et donne l’alerte. Wiley Hurt se lance à nouveau à sa poursuite, mais semble à chaque fois la rater de peu… Alors qu’épuisée par une longue chevauchée, elle perd espoir et s’évanouit, là voilà qui se réveille quelques heures plus tard dans une grotte. Elle a apparemment été secourue et soignée par un petit garçon bien étrange… Malheureusement, le chasseur de primes est coriace et ne compte pas la laisser filer…
Rattrapée à nouveau, on lui promet de laisser la vie sauve à son fils qu’elle n’a pas vu depuis des années, si elle s’acquitte d’une mission très spéciale du côté des Apaches

La Légende de la femme-louve, c’est avant tout l’histoire d’une traque, l’histoire d’une course-poursuite qui semble ne jamais avoir de fin. Jewell fuit, est rattrapée et arrêtée, s’enfuit à nouveau,… autant dire que le rythme est soutenu et qu’il est impossible de s’ennuyer pendant cette lecture. Ce côté « urgent », cette façon que le lecteur a de toujours être surpris par les évènements et de douter continuellement de l’issue… je suis restée en haleine du début à la fin ! En parlant de fin, j’ai apprécié le dénouement. On peut s’en « contenter » si on le souhaite mais il met également en place les bases du second tome qui s’annonce tout aussi haletant.
Là où l’intrigue m’a un peu déçue, c’est en ce qui concerne la partie « femme-louve » annoncée par le titre. Au début, j’appréciais beaucoup le mystère entourant cet élément, mais au fil de ma lecture, j’ai été un peu gênée d’en apprendre si peu, finalement. La plupart des personnages rencontrant l’héroïne, s’accordent à dire qu’elle est spéciale et le répètent souvent. On apprend que Jewell a été initiée par les Sioux des années plus tôt, donc on comprend qu’il y a quelque chose en elle, mais ce n’est jamais expliqué clairement (ou alors j’ai loupé le paragraphe correspondant ?). J’ai donc tourné la dernière page à moitié frustrée de ne pas avoir eu les explications que j’attendais. Peut-être dans le second tome ?

sylviewolfsJewell est une figure forte, une héroïne hors du commun. Mais ce n’est pas tant son personnage qui m’a séduite que la relation très particulière qui la lie avec Wiley Hurt, son traqueur. Il ne s’agit pas seulement d’un chasseur et de sa proie ; il y a plus, infiniment plus. Il y a une tension, quelque chose de sauvage entre eux. C’est complexe et ambigu, j’aime ça.
De manière générale, je trouve que les personnages offerts par Sylvie Wolfs et les relations qu’ils entretiennent entre eux, sont un des points forts de cette histoire. Ils ont des personnalités plus ou moins obscures et toutes particulièrement intéressantes. Les personnages secondaires sont nombreux alors je retiendrai, en priorité : Isy – la fille du tenancier du saloon -, une adolescente que son père a vendue au plus offrant. Jeune mais déjà forte, la demoiselle est prête à tout pour gagner la liberté dont elle rêve tant. L’autre figure qui m’a marquée est Joshua, le sorcier Apache qui, je trouve, correspond assez bien à l’image que j’avais d’un sorcier indien : mystérieux, protecteur avec les siens mais en même temps dur, voire cruel la plupart du temps…
Bien d’autres personnages croisent le chemin de Jewell : Liam le petit garçon étrange (si j’ai un fils un jour, c’est ce prénom irlandais que j’ai prévu pour lui !), Mark le docteur au grand cœur, McCarthy le juge cruel… mais il serait trop long d’en faire la liste complète, je vous invite donc à les rencontrer de votre côté !

Autre point très positif que je retiens de ma lecture : le « contexte ». Comme je vous le disais en introduction, je suis une novice dans le monde du western mais je n’ai eu aucun mal à m’imaginer les lieux, les scènes ; je m’y serais cru ! Je voyais distinctement le saloon, les chambres au dessus, la « rue » entre les bâtiments, le désert et ses rochers, les canyons, la sécheresse et le vent charriant la poussière… bravo à l’auteur !
Sylvie Wolfs est passionnée par le western et notamment par son univers cinématographique (dixit la quatrième de couverture) ; et ça se ressent ! Les descriptions sont très « photographiques » et je n’ai aucun mal à imaginer cette histoire adaptée au cinéma !

Ce qui m’amène au dernier point que je voulais développer dans ce billet : la plume de l’auteure. Ayant parfaitement réussi à m’immerger dans cette Amérique de l’Ouest et ayant été en haleine du début à la fin, je pense que je peux affirmer sans me tromper que le style de l’auteure a fait son effet sur la petite lectrice que je suis. Récit à la troisième personne, descriptions, dialogues,… je n’ai rien de notable à signaler ; tout roule, comme on dit…
Cependant, et ce sera le deuxième (et dernier) point un peu « négatif » de ma lecture : j’ai parfois eu un peu de mal avec la « chronologie ». En effet, beaucoup de passages correspondent à des sortes de flash-back destinés à nous donner les explications du pourquoi de la situation présente. J’aime beaucoup cette idée : on se retrouve face à la conséquence et les pages qui suivent sont là pour nous présenter les causes. Ce n’est pas que le « concept » est mal employé, je trouve au contraire que Sylvie Wolfs se débrouille bien, mais je crois que c’est, naturellement, quelque chose qui a tendance à embrouiller le lecteur. En commençant un chapitre, je me disais parfois : « Hein ! Mais comment on est arrivé là ? Que, quoi, comment ? », ce qui, évidemment, me poussait à lire la suite. Ce point est à la fois une qualité (pour le rythme, pour relancer l’intérêt, pour l’originalité car évite un récit « bêtement » linéaire…) mais aussi un défaut (à partir du moment où le récit n’est pas « bêtement » linéaire, on a plus tendance à s’embrouiller) ; j’imagine que chaque lecteur le percevra différemment.

Comme vous pouvez le constater, le positif l’emporte largement sur le négatif (qui ne l’est, en plus, jamais totalement). J’ai passé un excellent moment en suivant les aventures de Jewell (de toute façon, un livre avec une héroïne irlandaise ne pouvait que me plaire) et je crois bien que je lirai la suite quand elle sortira !

 

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