Zoo ou l'Assassin philanthrope de VERCORS

zoooulassassinphilanthrope
Zoo ou l’Assassin philanthrope

de VERCORS
Magnard,
2003, p. 179

Première Publication : 1963

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Vercors est le pseudonyme littéraire adopté pendant la Résistance, durant la Seconde Guerre mondiale, par l’illustrateur et écrivain français Jean Bruller. Jean Marcel Adolphe Bruller est né le 26 février 1902 à Paris XVe et mort le 10 juin 1991 à Paris Ier.

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On ne naît pas homme, on le devient. Telle pourrait être la morale du procès deDouglas Templemore, impliqué dans “un scandale sans précédent dans toute l’histoire de la justice britannique . Sous le procès hilarant de cet “assassin philanthrope  se cache, outre la satire du colonialisme, la question philosophique fondamentale : qu’est-ce qu’un homme ? Anthropologues, paléontologues, zoologistes et médecins sont appelés à la barre pour en débattre…

 

Cette pièce de théâtre traîne depuis des années dans ma bibliothèque. Je l’avais déjà lue (et étudiée) en première car elle était dans mon programme pour le bac de français. Je me souviens avoir apprécié cette lecture à l’époque mais ne m’en souvenant plus des masses, j’avais envie de la redécouvrir avec un œil un peu plus mature (enfin j’espère !).
J’ai profité du dernier Read-A-Thon pour redécouvrir cette histoire et je ne suis pas du tout déçue, bien au contraire !

Un homme – Douglas Templemore – appelle le Docteur Figgins et l’Inspecteur Mimms en pleine nuit. Il a besoin des deux professionnels pour qu’ils constatent le décès d’un nourrisson, son fils, né d’une « femme indigène ». Il avoue l’avoir tué délibérément en lui injectant un produit toxique. Les questions s’enchaînent alors : est-ce un bébé humain ou est-ce un petit singe ?Templemore est-il coupable d’infanticide ou a-t-il « simplement » tué un animal ?
Un tribunal se réunit pour juger du crime de Douglas Templemore, appelant successivement à la barre de nombreux témoins et scientifiques de diverses domaines : anthropologues, médecins légistes, zoologistes, religieux,… malgré tout ce savoir, le doute persiste : quelle est la définition de l’être humain ?

vercorsZoo ou l’assassin philanthrope est une pièce de théâtre. Habituellement, c’est un genre qui me « déplaît » (enfin, peut-être pas à ce point, mais c’est un des genres avec lequel je prends rarement du plaisir) mais pour une fois et grâce à Vercors, je suis enthousiasmée !
Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde… Les didascalies sont assez nombreuses pour qu’on s’imagine correctement les scènes et les dialogues sont assez « intelligents » pour tenir en haleine jusqu’au bout. Il y a plusieurs passages amusants, beaucoup d’ironie et parfois ce qu’on pourrait qualifier d’humour noir ; tout pour me plaire !
Les personnages sont assez nombreux mais arrivent un par un sur scène (ou presque) donc on ne les confond pas. Et puis, la liste des personnages en introduction permet de s’y retrouver, au cas où. Vraiment aucune difficulté de compréhension dans cette lecture et les termes scientifiques sont de toute façon expliqués en note de bas de page.

Je ne suis pas une adepte des questions « philosophiques ». Enfin, disons que je lis surtout pour me détendre, pas tellement pour me prendre la tête ; mais ici, la question de la nature de l’Homme est si bien amenée que c’est un plaisir !
Au fil des pages, on se rend compte, comme le soulignent les personnages, que tout (ou presque) a été décortiqué et définit sauf… l’Homme. Où s’arrête le singe, où commence l’Homme ? Et puis, d’autres questions, d’autres zones d’ombre voient le jour avec les témoignages pendant le procès : quand peut-on commencer à parler de langage ? Encore une fois, où est la limite ? Peut-on, objectivement, la fixer ? Autant de questionnements amenés par Vercors qui, en retour, apporte des hypothèses scientifiques qu’il s’amuse à opposer, mettant en évidence un grand nombre d’absurdités.
Finalement, la mort de l’enfant n’est qu’un prétexte à la question générale. Vercors parvient-il à une réponse ? A une réponse cohérente ? Et bien, à mon goût, la réponse à la question n’est en fait pas ce qui compte le plus. En effet, c’est surtout le cheminement jusque là et la mise en évidence de certaines absurdités qui importent.

Il semblerait que Vercors ait également abordé le sujet dans un roman en 1952 – Les Animaux dénaturés – qui, dorénavant, me tente bien. Quelqu’un l’a lu ? Me le (dé)conseille ? J’ai cru voir que Zoo ou l’assassin philanthrope était comparé à Candide ou l’optimisme mais personnellement, j’ai préféré Vercors à Voltaire… à vous de voir !

 

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