Delirium, Tome 1 de Lauren OLIVER

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Delirium,
Tome 1
de Lauren OLIVER
Hachette (Black Moon),
2011, p. 452

Première Publication : 2011

Pour l’acheter : Delirium, Tome 1

Titulaire d’un diplôme de philosophie et de littérature à l’université de Chicago, Lauren Oliver a ensuite suivi une formation en arts à l’université de New York. Elle a brièvement travaillé comme assistante d’édition chez un éditeur new-yorkais, avant de se consacrer entièrement à l’écriture.

 Tome 2 

Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme le plus grand des maux. Un monde où tous les adultes de 18 ans subissent une opération du cerveau pour en être guéris. A quelques mois de subir à son tour « la Procédure », Lena fait une rencontre inattendue… Peu à peu elle découvre l’amour et comprend, comme sa mère avant elle, qu’il n’y a pas de plus grande liberté que laisser parler ses sentiments. Même si cela implique de quitter ses certitudes…
« Ils prétendent qu’en guérissant de l’amour nous serons heureux et à l’abri du danger éternellement. Je les ai toujours crus. Jusqu’à maintenant. Maintenant, tout a changé. Maintenant, je préférerais être contaminée par l’amour ne serait-ce qu’une seconde plutôt que vivre un siècle étouffée par ce mensonge. »

Depuis l’excellente surprise de 16 lunes de Kami Garcia et Margaret Stohl l’an dernier, je n’avais pas replongé dans un ouvrage de la collection Black Moon chez Hachette. Lorsque j’ai vu ce partenariat proposé par Livraddict, je me suis donc lancée, curieuse de découvrir ce que se cachait derrière ce titre et cette couvertures étranges. En voyant le « Et si rien n’était plus dangereux que l’amour ? », je l’avoue, j’étais sceptique, m’attendant à une énième histoire à l’eau de rose sur fond de fantastique ou de science-fiction.
Mais, là où Les Ames vagabondes de Stephenie Meyer m’avait déçue, Delirium de Lauren Oliver tient toutes ses promesses ! En effet, derrière l’histoire d’amour, c’est tout un monde, une façon de penser, une « politique » qui sont développés. Contrairement à Meyer, Oliver nous offre un univers, une réflexion poussée, intelligente et maitrisée, pas juste là pour enrober une histoire d’amour.
Apparemment, Delirium peut-être classé en dystopie et je suis ravie que de tels ouvrages soient mis en avant par Black Moon et proposés aux lecteurs (plus ou moins jeunes) habitués à la collection. C’est vraiment une excellente surprise et il me tarde de lire la suite ! 

Lena aura bientôt 18 ans. Dans trois mois, début septembre, elle subira le « Protocole » et sera enfin heureuse et en sécurité. Avant d’en arriver là, elle doit subir une évaluation devant plusieurs « spécialistes » qui jugeront de sa « qualité » aussi bien physique que morale, et pourront ainsi lui proposer une liste de noms afin qu’elle choisisse un futur mari. Lena s’entraîne à apprendre les réponses qu’on attend d’elle, pressée d’en finir avec cette épreuve.
Le jour -J, nerveuse, elle s’avance quasi nue sous les regards inquisiteurs du jury, attendant les questions. Sous l’effet du stress, la voilà qui répond « gris » au lieu de « bleu » à la question qui concerne sa couleur préférée, et qui avoue aimer le sacrifice de Roméo et Juliette ! Sacrilège ! Heureusement, elle échappe à la catastrophe grâce au troupeau de vaches qui envahit les lieux et pourra donc repasser une évaluation quelques semaines plus tard. Alors que les juges montent sur les tables pour ne pas être piétinés par les animaux, Lena lève les yeux vers une salle à l’étage et découvre derrière la vitre, un jeune homme riant de la bonne blague, lui faisant un clin d’œil…
Quelques jours plus tard, alors que leur jogging les conduit vers les laboratoires de la ville, Lena et sa meilleure amie Hana tombent nez à nez avec le mystérieux garçon de l’évaluation qui est en fait un gardien… Il nie ouvertement connaître Lena, mais lui fait comprendre discrètement qu’il est bien celui qu’elle croit… Mais qui est-il vraiment ? Fait-il partie des rebelles ou pire, des Invalides ? Impossible, la marque dans son cou atteste qu’il a subi le « Protocole », et pourtant…

laurenoliverComme je le disais en introduction, c’est vraiment le côté science-fiction, dystopie, qui m’a le plus plu ici. On suit une jeune fille trois mois avant son « Protocole » et on découvre petit à petit son « univers ».
Elle vit à Portland dans une société future où les sentiments (notamment l’Amour) sont formellement interdits car soi-disant dangereux et mortels. On se rend compte que les habitants de la ville sont en fait enfermés dans celle-ci car entourés de barrières électrifiées et surveillées jour et nuit, donc infranchissables. Des mythes et des légendes circulent sur ce qui se passe au-delà de ces limites et surtout sur ceux qui y vivent. Le passé et les textes comme Roméo et Juliette sont étudiés à l’école (qui n’est pas mixte, les garçons et filles n’ont aucun contact entre eux avant d’être mariés) et utilisés pour prouver le danger mortel qui peut résulter du moindre sentiment.
Tout est contrôlé, la moindre personne est surveillée (ses conversations téléphoniques, par exemple). Seuls certains livres, certaines musiques et surtout certaines façons de penser sont admis. Si vous vous en éloignez, vous risquez d’être emprisonnés et jugés comme « Sympathisants »… Le gouvernement cherche à robotiser les humains (en leur enlevant leur libre-arbitre grâce au « Protocole ») et à les contenir… Heureusement, dans n’importe quelle société, il y a toujours des rebelles… et voilà que Lena en rencontre un !

Lena est l’héroïne de cette histoire. Son personnage est particulièrement intéressant car connait une évolution importante, une énorme prise de conscience. La jeune fille est au départ, complètement sous l’influence du gouvernement, persuadée du bien fondé des idées et méthodes des autorités. Marquée par le suicide de sa mère qui n’avait jamais été « guérie » malgré ses trois « Protocoles », elle croit dur comme fer qu’il est vital de subir cette opération du cerveau pour échapper à tous les dangers, pour être « normale » et se fondre dans la masse. Cependant, la petite voix qui lui avait soufflé les « mauvaises » réponses le jour de l’évaluation prend de plsu en plus d’ampleur au fil des jours alors que Lena commence à ouvrir les yeux sur ce qui l’entoure. De parfaite citoyenne au cerveau lobotomisé à rebelle active il n’y a qu’un pas, il suffit d’avoir le déclic ! J’ai vraiment apprécié découvrir l’évolution de cette jeune fille, sa prise de conscience. Lauren Oliver met en scène un personnage très « vrai », très touchant.
Le deuxième personnage principal est évidemment le mystérieux jeune homme, Alex. Il manque peut-être un peu de « profondeur » car est un peu lisse et au final on en sait assez peu sur lui, mais il reste sympathique et nous accroche assez pour qu’on ait, comme Lena, envie de le retrouver.
En ce qui concerne les autres personnages, je retiens surtout celui d’Hana, l’amie fidèle qui est pour beaucoup dans la prise de conscience de l’héroïne, même si cette dernière a bien du mal à l’accepter. Carol, la tante de Lena, est également une figure qu’on n’oublie pas puisqu’elle est l’exemple type de l’être humain ayant subi un « Protocole » avec succès et appliquant les règles du gouvernement à la lettre.

Le début est un peu lent, comme ont déjà pu le noter plusieurs lecteurs, mais je n’ai pas été gênée outre mesure, ravie au contraire d’entrer progressivement dans l’univers de Lauren Oliver. En revanche, au cours de ma lecture, j’ai connu quelques passages un peu plus « longuets » mais les évènements de la dernière partie les font tous oublier dans le feu de l’action. Le dénouement de ce premier tome, bien que très frustrant (surtout quand on sait qu’il faudra attendre de longs mois avant d’avoir la suite !), me parait parfait. Il n’aurait pu être autre, à mon goût. Je me pose maintenant beaucoup de questions sur ce qu’il pourra se passer et je me perds dans des hypothèses… Bref, j’ai hâte de découvrir ce que nous réserve Lauren Oliver !

Enfin, en ce qui concerne un aspect plus formel, je dois avouer que j’ai été surprise, pendant les premières pages, de découvrir une narration au présent, surtout au niveau des dialogues. En effet, les « réponds-je », personnellement, me perturbent. Cela dit, une fois qu’on y est habitué, cela passe très bien et renforce le côté « vivant » et « réel » de l’histoire. Lauren Oliver a en plus choisis d’écrire son texte du point de vue de Lena, à la première personne du singulier, c’est d’autant plus fort et prenant pour les lecteurs. Je n’ai pas grand-chose de plus à ajouter au niveau de la plume que j’ai trouvée abordable et fluide. C’est plutôt bien écrit, pas simpliste… bref, agréable.

Les adolescents, les jeunes adultes et les adultes ; je pense que tout le monde peut y trouver son compte, alors n’hésitez pas !

4 pensées sur “Delirium, Tome 1 de Lauren OLIVER

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