L'Alliance : Mort d'un sombre seigneur de Laurell K. HAMILTON

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L’Alliance :

Mort d’un sombre seigneur
de Laurell K. HAMILTON
Milady,
2009, p. 283

Première Publication : 1995

Pour l’acheter : L’Alliance : Mort d’un sombre seigneur

Laurell Kaye Hamilton, née le 19 février 1963, est une écrivaine américain de romans d’horreur et de fantasy.
Elle est principalement l’auteur de deux séries de romans : celle d’Anita Blake, commencée en1993, et qui comporte à ce jour seize volumes dont dix publiés en français, et celle de Meredith Gentry, commencée en 2000. L’une et l’autre séries se déroulent, à notre époque, aux États-Unis, dans un monde où la magie est monnaie courante et où l’existence des monstres est connue des humains. Les deux mondes se côtoient et ont ainsi de nombreux rapports et échanges tout en demeurant foncièrement étrangers l’un à l’autre.

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Dans un monde où la sorcellerie est redoutée plus que tout, une jeune fille découvre qu’elle a d’étranges pouvoirs magiques.
Mais peut-elle se fier à son propre don alors que tout est corrompu ?

Sincèrement, je ne sais plus pourquoi j’ai acheté ce livre. Sans doute car j’ai du le trouver à 1 ou 2€ et que j’avais envie de découvrir L.K. Hamilton dans autre chose qu’Anita Blake. Cela dit, je dois soit être très curieuse soit avoir un côté maso, mais il faut savoir que la série citée précédemment (Anita Blake) n’est pas une de celles que j’apprécie. Alors pourquoi insister avec cette auteure ? Pour lui laisser une seconde chance bien sûr ! J’ai profité du fait que Karline avait aussi ce titre dans sa PAL pour proposer une petite lecture commune, et plusieurs autres Livraddictiens ont profité de celle-ci pour se motiver à lire ce titre.
Mort d’un sombre seigneur n’a pas tellement de bonnes « critiques » sur Livraddict et ailleurs ; ça et le nom de L.K. Hamilton et je n’étais pas des masses emballée. Mais la lecture commune et la maigre épaisseur du livre aidant, je me suis lancée.
Autant dire que mon avis ne viendra pas rehausser la note de ce livre dans Bibliomania… L’histoire avait du potentiel mais j’ai trouvé le texte brouillon, à la limite du compréhensible parfois ; les réactions des personnages invraisemblables et le style encore plus horrible que chez Anita Blake ! Ce n’est pas encore ce titre qui me réconciliera avec L.K. Hamilton… peut-être un jour ?

Elaine et Blaine, deux jumeaux de 18 ans, ont été recueillis huit ans plus tôt par Jonathan et sa femme Tereza. Les tensions apparaissent dans la famille alors qu’il devient évident, après une vision plus violente que les précédentes, que la jeune et jolie Elaine est une sorcière.
Jonathan, brillant chasseur de mages, se bat contre ses préjugés et accepte finalement que sa fille adoptive soit prise en main par Gersalius, un sorcier qui lui apprendra à maîtriser ses pouvoirs. Appelé pour sauver un village d’une armée de zombies, Jonathan se met en chemin, accompagné de toute sa famille et de son entourage, pour mettre fin à l’invasion…

Le gros problème de ce livre, ce sont les incohérences et l’impression de ne rien comprendre à ce qui se passe.
Pour commencer, j’ai eu énormément de mal à situer certains personnages et je doute encore, après ma lecture, d’avoir compris qui était Thordin et Konrad par rapport à Jonathan et sa famille. Ok, ils font tous partie (sauf Elaine) d’une confrérie « top secrète » mais ça n’explique pas qu’ils vivent tous ensemble. Enfin, ce n’est peut-être pas le cas, et ce n’est qu’un détail, mais au début, je me suis vraiment demandée ce qu’ils foutaient là.
Pareil pour le départ vers le village envahit de zombies. La présence d’Elaine et du sorcier est expliquée par un faux prétexte. Mais oui, allons tous faire un petit coucou aux zombies, on va bien s’amuser !
Autre point sombre : je n’ai compris que très tardivement le lien entre le premier chapitre (qui présente une scène où un vieil homme mourant accepte de vendre son âme en échange d’un corps jeune) et tout le reste (c’est-à-dire l’histoire d’Elaine et de sa famille).
Continuons dans les points négatifs avec les personnages. Même si c’est du vu et revu, mettre en scène une jeune fille instable qui découvre ses pouvoirs et ne les maîtrise pas, aurait pu être intéressant. Ce qui ne va pas, c’est l’interaction des personnages entre eux et notamment la relation Elaine/Jonathan. Alors oui, Jonathan aime sa fille adoptive mais hait ce qu’elle est, une sorcière. Quant à elle, elle est en pleine période de doutes et en veut à son père adoptif qui la rejette. Ce qui donne des scènes surréalistes, toutes les trois pages, où père et fille sont sur le point de s’entretuer mais s’enlace la seconde suivante. Mais oui, ce lunatisme chronique est parfaitement normal !
Enfin (en ce qui concerne l’intrigue et les personnages parce que j’ai d’autres points négatifs en réserve !), j’ai tourné les dernières pages en me disant : « Tout ça pour ça ?! ». Mais quel était le but de ces 300 pages ? Où est l’intrigue construite intelligemment ? Ne cherchez pas, il n’y en a pas. Tout est prétexte à mettre en scène des personnages, à les faire interagir (mal) les uns avec les autres et… c’est tout.

Le point qui aurait pu être positif dans ce petit roman, c’est l’univers fantasy dans lequel il s’inscrit. Il semble que ce titre fasse partie d’un grand ensemble : Ravenloft. Peut-être qu’il faut connaître ce dernier et donc tous les « tomes » précédents pour avoir toutes les clefs de compréhension. Ce qui est certain… c’est que je ne les avais pas, ces clefs de compréhension.
On ne sait même pas dans quel monde on se trouve (pas de carte, pas d’explications). Il semblerait que mage, sorcier et magicien soit des synonymes puisqu’ils sont employés aléatoirement pour définir Elaine et Gersalius. Apparemment, il y a des elfes qui viennent d’un autre pays (une dimension parallèle ?) mais je n’ai toujours pas compris comment ils sont arrivés là. Il y a des guérisseurs, aussi bien chez les sorciers/mages/magiciens que chez les elfes, mais on ne sait pas pourquoi. Il y a un loup-garou, apparemment le grand méchant de l’histoire, qui apparaît tantôt aux personnages comme une bête, tantôt comme un bel homme. J’imagine qu’il peut se transformer à loisir, mais on n’en sait pas plus. Quant à sa capacité à faire passer une âme dans un autre corps grâce à une amulette, grand mystère !
Tout ce que je retiens, c’est que l’intrigue se passe dans un pays enneigé (l’hiver ?), que pleins de créatures y évoluent et, qu’à la façon de la saga de l’Epouvanteur de Joseph Delaney, des hommes sont là pour combattre la magie qui est forcément considérée comme maléfique.
Peut-être que si j’avais eu connaissance de l’univers mis en place dans Ravenloft, j’aurais mieux compris… en tout cas, il serait peut-être utile de préciser (de façon voyante) sur la couverture qu’il s’agit d’un « tome » parmi tant d’autres…

Enfin (et cette fois c’est le dernier point), j’en viens à la plume de L.K. Hamilton. Je ne l’apprécie déjà pas lorsqu’elle met ses « talents » au service de la bit-lit mais là, dans un texte clairement classé en fantasy, on atteint des sommets. Même si je n’apprécie pas le côté oral dans Anita Blake, au moins, ça reste compréhensible alors que là, j’ai parfois du relire des passages pour m’éclaircir les idées (et la plupart du temps ça n’a servi à rien !). Par exemple, la scène de la découverte des elfes… une des scènes les plus nébuleuses du bouquin ! Elaine semblait avoir une vision (enfin, c’est ce que j’avais cru comprendre…) et hop, voilà toute la troupe face à de nouveaux personnages. Comment sont-ils arrivés là ? Mystères et boules de gomme !
Pour continuer sur les descriptions. Autant celles qui pourraient servir à rendre certaines scènes compréhensibles sont rares et mal menées, autant L.K. Hamilton nous abreuve de détails inutiles lorsqu’Elaine guérit des blessés. C’est presque cru et limite à tendance sexuelle (non, je n’invente pas !). Je vous jure, la jeune fille prend un plaisir jouissif (en tout cas, c’est comme ça que je l’ai perçu) à faire pénétrer (c’est pas moi qui utilise le mot…) ses doigts (par la pensée) à l’intérieur des plaies. C’est franchement dégueulasse !
Quant aux dialogues… les personnages ont déjà des réactions invraisemblables mais les dialogues… dignes d’une série B ! Vous connaissez la scène du Rocky Horror Picture Show dans laquelle Janet et Rocky sont découverts en mauvaise posture. On a droit à un super dialogue qui ressemble à : « – Janet ! – Brad ! – Rocky ! – Docteur Scott ! – Janet !… » Bon, c’est évidemment très exagéré, mais vous voyez le genre ? Et bien parfois (pas tout le temps non plus), j’ai eu cette impression de mauvais acteurs avec de mauvaises répliques…

Les idées de base n’étaient pas innovantes mais, mieux traitées, elles auraient pu servir un bon roman de fantasy. Peut-être que connaître l’univers de Ravenloft m’aurait aidé à apprécier un peu plus ce roman, mais à mon avis, même si ce n’est pas un livre totalement isolé, il devrait quand même pouvoir se suffire à lui-même, ce qui n’est définitivement pas le cas.
Je crois que L.K. Hamilton n’est définitivement pas pour moi… mais il me reste les tomes 4 et 5 d’Anita Blake dans ma PAL, peut-être me feront-ils changer d’avis ?

 

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