La Roue du Temps, Tome 1 de Robert JORDAN

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La Roue du Temps,

Tome 1
de Robert JORDAN
Editions France Loisirs (Fantasy),
2007, p. 701

Première Publication : 1990

Pour l’acheter : La Roue du Temps, Tome 1

Robert Jordan est le nom de plume d’un auteur américain de fantasy. De son vrai nom James Oliver Rigney, Jr., il est né en 1948 en Caroline du Sud (États-Unis) et décédé le 16 septembre 2007.

En France, chacun des livres de l’édition originale a été découpé par l’éditeur (Rivages/Fantasy) en deux volumes.

♣ ♣ ♣

Jadis, le Seigneur de l’Ombre a voulu conquérir la terre, mais les Aes Sedai, maîtresses du Pouvoir Unique, l’ont repoussé. Des millénaires se sont écoulés et le Seigneur va enfin sortir de sa geôle et, avec lui, le mal, la guerre, la désolation,…
Seul le Dragon qui guidait les Aes Sedai peut l’anéantir. On dit, qu’un jour, il renaîtra pour délivrer l’univers. Mais quand ? Avant la grande catastrophe finale ?

 

J’entends parler de ce long cycle depuis des années mais je n’avais, jusque là, pas eu l’occasion de croiser le premier tome lors de mes pèlerinages livresques. C’est en Octobre que j’ai eu la chance de découvrir ce pavé neuf dans le bac d’un exposant d’un des vide-greniers de Lyon. J’ai, évidemment, sauté dessus !
Je n’ai pas eu le temps de l’ouvrir jusqu’à, il y a une dizaine de jours, profitant d’une lecture commune organisée sur Livraddictet, par la même occasion, du challenge ABC 2011 (et la lettre -J), pour me motiver. La lecture commune était prévue le 30 janvier, j’ai quelques jours de retard, mais il faut avouer que ces 700 pages ne s’avalent pas en une journée !
Après quelques jours à me débattre avec le dos (complètement plié aujourd’hui, dommage !), j’ai enfin terminé ce premier tome. Je lirai sans doute la suite à l’occasion (si je la trouve) mais n’en fais pas une priorité. J’ai passé un bon moment de lecture mais n’ai pas non plus été happée par l’histoire. Une lecture sympathique, mais sans plus.

Rand et son père Tam, deux bergers, se rendent à l’auberge du Champ d’Emond – la « ville » du coin – pour déposer des tonneaux d’eau-de-vie. En chemin, le jeune homme aperçoit un homme encapuchonné qui le terrifie. Tam, lui, n’a rien vu et pense que son fils a rêvé. Quelques heures plus tard, alors qu’il a terminé de décharger la charrette, Randretrouve des amis de son âge (à quelques semaines près) – Mat et Perrin – qui eux aussi ont été effrayés par la même vision.
La fête de Bel Tine (qui célèbre l’arrivée du printemps…) a attiré beaucoup de monde cette année. En effet, un ménestrel est arrivé, ainsi qu’un « couple » d’étrangers très surprenant – Lan qui ne se sépare jamais de son épée et Dame Moiraine, une femme d’une très grande beauté -, et également un colporteur qui apporte de mauvaises nouvelles du Sud, annonçant qu’un homme se proclame être le Vrai Dragon… Avec tous ces arrivants, la fête s’annonce exceptionnelle…
Rentrés dans leur ferme près des bois, à quelques heures de marche du Champ d’Emond, Rand et son père s’apprêtent à savourer un repas chaud bien mérité quand la porte de devant explose, laissant entrer des créatures à l’aspect repoussant. Les deux humains s’en sortent tant bien que mal mais Tam est gravement blessé. Rand n’a d’autres choix que de traîner son père le plus silencieusement possible, jusqu’à la ville, en passant par les bois et en évitant ses ennemis. Pensant trouver du réconfort et des réponses à ses questions au Champ d’Emond, le désespoir s’abat sur Rand lorsqu’il découvre que la moitié des maisons ont été incendiées.
Ce n’est plus le moment de se voiler la face, les Trollocs et les Myrddraals – ces créatures appartenant normalement aux contes – sont bel et bien réels et il semblerait qu’ils soient là pour capturer Rand, Mat et Perrin ! Pour ne pas mettre le village une nouvelle fois en danger, les trois jeunes gens acceptent de suivre Moiraine – qui est en fait une Aes Sedai, détestée par tous – et Lan – son homme Lige – jusqu’à Tar Valon (la ville des Aes Sedai) où ils seront tous en sécurité.
La petite troupe, accompagnée du ménestrel (Thom) et d’Egwene (une apprentie de la Sagesse du village), se met en route et va devoir affronter bon nombre d’épreuves avant d’arriver à destination…

Le schéma narratif n’est pas tellement original : une petite bande composée de figures différentes mais liées par un but commun, fuit des ennemis nombreux pour se réfugier dans un asile lointain. Il y a évidemment un grand méchant « invisible » (ou du moins, si loin des héros qu’on ne le rencontre pas en « chair et en os ») qui réunit des armées de créatures plus ou moins humaines pour ravager le pays et récupérer ce qu’il cherche (enfin, celui ou ceux qu’il cherche, ici). Sans être un banal copier/coller de textes déjà existants, on ne peut pas non plus dire que Robert Jordan innove dans le genre. Mais peut-être que l’originalité arrive dans les tomes suivants… Affaire à suivre…

En ce qui concerne les personnages, je n’ai rien relevé de bien marquant. Comme dit au dessus, ils sont tous différents mais liés par un but commun. Pour le moment, chacun garde des zones d’ombre, on ne sait pas tellement quelle est leur place dans la grande intrigue, mais j’imagine qu’on en apprend plus au fil des tomes. Pour ce premier opus, les personnalités et leur passé sont juste ébauchés, assez pour qu’on soit curieux d’en apprendre plus. Moiraine et Lan sont-ils vraiment du côté des trois garçons ? Pourquoi le ménestrel les suit-il ? Qu’a-t-il à retirer de cette aventure dangereuse ? Qu’ont Perrin et Mat de particulier ? Qui est vraiment Rand ?
Grâce aux choix narratifs de l’auteur, on se doute que Rand est le personnage le plus important dans cette histoire même s’il n’est pas à proprement parler le héros. C’est une figure sympathique mais je ne me suis pas attachée plus que ça à lui. Ni à aucun des autres d’ailleurs… et j’aurais même été tentée d’éliminer le très agaçant Mat à plusieurs reprises… Je me suis sentie assez étrangère à leur destin, et c’est peut-être ce qui m’a manqué pour vraiment prendre goût à ma lecture.

robertjordanL’univers mis en place par Robert Jordan ne m’a pas emballée plus que ça, lui non plus. Je n’ai rien trouvé de bien original dans ce monde. Comme d’habitude, on ne situe plutôt dans un univers à tendance médiévale (les vêtements, les moyens de transport, les armes, les us et coutumes,…) avec des créatures « traditionnelles ». En effet, les noms changent mais l’idée reste la même. Les Trollocs ne sont pas très différents des Trolls déjà rencontrés dans d’autres histoires : des créatures humanoïdes parfois pourvues de sabots, de plumes, de groin, de cornes,… Les Myrddraals, ces « humains » terrifiants encapuchonnés, me rappellent les Nazgûl de Tolkien et les Draghkar ne sont pas bien différents des montures des neuf spectres du Seigneur des Anneaux… L’Aes Sedai m’a fait penser au personnage de Kahlan, l’Inquisitrice, dans l’Epée de vérité de Terry Goodkind ; mais là, s’il y a inspiration, c’est plutôt dans l’autre sens puisque le premier tome de l’Epée de vérité est plus récent, il date de 1994…
Une carte est présente au début de l’ouvrage, mais j’ai eu du mal à me repérer. D’ailleurs, autant l’avouer, je n’ai toujours pas trouvé le lieu de départ de l’aventure, le Champ d’Emond. Avec l’itinéraire suivi par la troupe, j’ai réussi à évaluer à peu près où se situait la ville, mais je n’ai pas pu le faire avant des centaines de pages… Franchement, un « Vous êtes ici » rouge, comme sur les plans de villes, n’aurait pas été de trop ! Un détail sans doute, mais moi qui aime avoir toutes les informations « contextuelles », surtout lorsque je lis de l’imaginaire ; ça m’a agacée du départ…

Quant à la forme du récit, on ne peut pas vraiment dire que la lecture est compliquée. Certains ont été gênés par les cent premières pages, assez descriptives car elles mettent l’histoire et les personnages principaux en place, mais je n’ai pas été dérangée plus que ça ; c’est passé vite et bien. Dans l’ensemble, le texte se lit bien et je le conseillerai à ceux qui débutent dans le monde de la fantasy ; l’univers est facile à comprendre.
En revanche, je ne sais pas si ça vient de la traduction, mais j’ai parfois buté sur des tournures de phrases maladroites que je devais relire deux ou trois fois pour bien comprendre de quoi il retournait.
Autre point problématique : la coupure de ce tome. J’ai appris (merci les membres de Livraddict !) que cet ouvrage correspondait en fait à la première partie du premier tome américain. Effectivement, les éditeurs français coupent les tomes américains en deux parties. Bien que je ne sois pas foncièrement contre le procédé, la division pourrait au moins être faite de façon « intelligente ». Là, on s’arrête après 700 pages, sans aucune raison apparente (il n’y a pas d’élément « clé » qui justifie cette coupure) et c’est franchement frustrant ! Je lirai donc le second tome (donc la deuxième partie du premier tome américain) dès que je le trouverai pour, au moins, arrêter sur quelque chose de « solide », au cas où je décide de ne pas poursuivre la saga.

En bref, ce n’est pas un mauvais tome d’introduction, mais ça manque franchement d’originalité et de « piquant » pour que je sois pressée de lire la suite… En revanche, les lecteurs débutants dans le monde de la fantasy, y trouveront leur compte, à mon avis…

Une pensée sur “La Roue du Temps, Tome 1 de Robert JORDAN

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  • 5 septembre 2014 à 8 h 31 min
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    Je l’ai lu à peu près en même temps que toi (il y a quelques années), et je me suis ennuyée dessus. Histoire trop classique, style trop plat… j’ai refermé le livre en me disant que je passerais sur les 12 tomes suivants ! des gens m’ont dit que ça se décantait un peu dans le deuxième tome, mais je ne pense pas retenter l’expérience 😉 Je comprends bien qu’une introduction est parfois nécessaire, mais que l’auteur n’arrive pas du tout à me faire accrocher à son univers ni son style au bout d’autant de pages c’est mauvais signe pour la suite.

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