Zazie dans le métro de Raymond QUENEAU

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Zazie dans le métro

de Raymond QUENEAU
Folio,

1990, p. 189

Première Publication : 1959

Pour l’acheter : Zazie dans le métro

Raymond Queneau, né le 21 février 1903 et mort le 25 octobre 1976, est un romancier, poète, dramaturge français, cofondateur du groupe littéraire Oulipo.

Zazie débarque à Paris pour la première fois chez Tonton Gabriel. Le Panthéon, Les Invalides et le tombeau du véritable Napoléon, elle n’en à que faire ! Mais kess-qui l’intéresse alors, Zazie ? Le métro ! Et quand elle apprend que les employés sont en grève, elle leur envoie une volée d’injures. Ne contrariez pas Zazie !

J’avais envie de lire Zazie dans le métro depuis très longtemps, trouvant le titre amusant et relativement attrayant. J’avais, de plus, envie de découvrir Raymond Queneau et sa plume si poétique, selon la majorité. Enfin, il me fallait un auteur en -Q pour mon Challenge ABC 2010 ! C’est donc, ravie, que j’ai déniché ce petit poche, pour quasiment rien, à la brocante que j’ai faite en octobre dernier.
Certains lecteurs adorent, d’autres détestent… et moi alors ? Et bien, je suis mitigée. Le livre est relativement court mais j’ai mis pas mal de temps à en venir à bout, en comparaison. Je ne rechignais pas à lire quelques chapitres, mais jamais je n’ai eu l’envie qui tenaille et qui pousse à continuer la lecture. Il y a certes de jolies choses, surtout au niveau des sonorités et des jeux de mots… mais il m’a manqué quelque chose pour que j’entre complètement dans l’univers de Raymond Queneau.

raymondqueneauZazie, pré-adolescente de 12 ans, débarque à Paris où elle va passer deux jours en vadrouille sous bonne garde… ou presque ! A peine arrivée chez son oncle Gabriel et sa tante Marceline qui vivent au dessus du café Turandot, que la jeune fille file à l’anglaise dans l’espoir de voir enfin son obsession : le métro parisien qui, fait exprès, est en grève à ce moment-là ! Au fil de ses pérégrinations surtout amenées à cause (grâce) à sa curiosité, Zazie rencontre de nombreux personnages hauts en couleur ; à commencer par Trouscaillon qui est, tantôt policier, tantôt pervers… Mais une question, surtout, la suit pendant ces deux jours : son oncle Gabriel qui gagne sa croûte en jouant chaque soir à la danseuse étoile dans un cabaret parisien, est-il « hormosessuel » ?

J’ai été tout d’abord surprise par l’intrigue de ce petit roman car en fait… il n’y en a pas vraiment ! Zazie visite Paris, on s’attend à ce que l’histoire tourne autour du métro – étant donné le titre – mais finalement, la fillette n’y met jamais les pieds ! Il n’y a pas vraiment de fil conducteur car les scènes s’enchaînent sans véritable connecteur logique, un peu au hasard de la vie. C’est un peu comme si les personnages avaient pris le contrôle des choses et vivaient leur propre histoire, sans demander son avis à l’auteur ! On peut donc être un peu déstabilisé au début, mais une fois qu’on accepte cet état de fait, on suit les aventures de Zazie sans se poser de questions !

Au niveau des personnages, on ne peut pas dire que je me sois vraiment attachée à eux ; ils sont tellement bizarres, tellement « too much » ! A commencer par leur nom : Turandot, Mado P’tits-Pieds, Trouscaillon,… évidemment des pseudonymes choisis, et bien choisis ! Entre le perroquet qui répète toujours la même chose : « Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire ! » et les situations cocasses des différents personnages, on ne peut pas dire qu’on s’ennuie, c’est la grande zizanie !

La zizanie, le bazar, le bruit, la cacophonie,… voilà quelques mots qui me viennent en tête lorsque je repense à ma lecture. J’ai en tête, l’image d’une course-poursuite dans Paris, sans temps-morts, entre la gare d’arrivée, le café Turandot, le marché aux puces, la Tour Eiffel, la cabaret où travaille Gabriel et la gare de départ… J’ai cette impression tenace d’une troupe de joyeux lurons bruyants, pas du tout discrets, qui traverseraient Paris sans réel but, suivant juste les évènements et les aléas de la vie « quotidienne ». Voilà une image très « couleur locale » je trouve, et même si les aventures sont un peu (beaucoup) rocambolesques, on a quand même une impression de « réalisme » ; à commencer par la grève du métro ! A croire que déjà, en 1959, les transports en commun étaient synonymes de grève !

zazieCe qui fait la célébrité de ce petit roman « d’apprentissage » français – j’ai d’ailleurs quelques doutes, personnellement, sur cette interprétation, mais pourquoi pas après tout ; pendant ces deux jours, Zazie, curieuse, vit pas mal d’aventures et d’expériences, mais évolue-t-elle vraiment ? – et celle de son auteur, c’est surtout la plume particulière de Raymond Queneau, poète avant tout ! Certains mots, phrases, passages (un peu partout au fil du texte) sont écrits en phonétique, insistant ainsi sur les sons. Quelques morceaux – connus – sont d’ailleurs savoureux (« Un rien l’amène, un rien l’anime, un rien la mine, un rien l’emmène. »), mais dans l’ensemble, je dois avouer que je suis restée assez imperméable. Je ne conteste pas le talent de Raymond Queneau mais disons que, personnellement, je n’ai pas été touchée plus que ça par cette plume, par ce travail sur la langue. J’ajouterai même que, très vite, l’argot et les « mon cul ! » (qui ponctuent chaque fin de phrase de Zazie) m’ont agacée.

Je peux comprendre qu’on soit absolument enthousiasmé par ce court roman, comme j’admets volontiers qu’on puisse passer complètement à côté et détester. Je suis heureuse de l’avoir enfin découvert, j’en garderai sans doute quelques images et le relirai peut-être dans quelques années avec plus de maturité ; mais pour l’heure, j’en reste là !

Petite question qui me taraude… Savez-vous si le choix de son nom de scène – pour la chanteuse Zazie – a un rapport avec cette œuvre de Raymond Queneau ? Curieuse que je suis…

5 pensées sur “Zazie dans le métro de Raymond QUENEAU

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