Le Papa de Simon et autres nouvelles de Guy de MAUPASSANT

papadesimon
Le Papa de Simon
et autres nouvelles

de Guy de MAUPASSANT
GF Flammarion (Etonnants Classiques),
1995, p. 162

Première Publication : 1879

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Guy de Maupassant, né Henry-René-Albert-Guy de Maupassant le 5 août 1850 et mort le 6 juillet 1893, est un écrivain français. Ces œuvres retiennent l’attention par leur force réaliste, la présence importante du fantastique et par le pessimisme qui s’en dégage le plus souvent mais aussi par la maîtrise stylistique. La carrière littéraire de Guy de Maupassant se limite à une décennie – de 1880 à 1890 – avant qu’il ne sombre peu à peu dans la folie et ne meure à quarante-deux ans. Reconnu de son vivant, Guy de Maupassant conserve un renom de premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations filmées de ses œuvres.

Les orangers en fleurs embaument comme une friandise. Un baptême se prépare. On tire les Rois…
Mais l’enfance ne ressemble guère au paradis. Les camarades de classe de Simon le harcèlent parce qu’il n’a pas de papa. Le vieux cheval Coco est martyrisé par un garnement. Une toute petite fille a été abandonnée dans la neige, on ne sait par qui, on ne sait pourquoi…
Pourquoi la vie est-elle à la fois si magnifique et si cruelle ?

Le Papa de Simon fait partie de ces livres qui dorment dans ma PAL depuis de longues années (3 ou 4 ans il me semble), qui ont atterri là par hasard (dans le cas présent, c’est un « don ») sans que je demande quoi que ce soit. L’autre jour, j’avais envie de lire quelque chose de court, de rapide pour faire baisser cette satanée PAL ! Quel meilleur choix pouvais-je faire puisque, par la même occasion, j’ajoute un point à mon défi PALesque (Objectif PAL) : 11/123, j’ai encore du boulot, mais ça avance !
Jusque là, je n’avais pas lu grand-chose de Maupassant : Une partie de campagne (que j’ai étudié en seconde, avec la petite adaptation de Jean Renoir des années 30, ça m’a marquée !) et Le Horla (emprunté, il y a quelques années, un jour de pluie à ma petite sœur). Apparemment, Maupassant serait plutôt doué dans la rédaction de nouvelles, et prolixe (plus de 300 selon ce cher Wikipedia !). N’ayant absolument jamais entendu parler du Papa de Simon et n’ayant même pas cherché à lire la quatrième de couverture, j’ai été plus que surprise en me rendant compte que cet ouvrage est en fait un recueil de nouvelles (l’illustration de cet article n’est pas exactement celle de mon livre puisque, sur le mien, le sous-titre « et autres nouvelles » n’apparaît pas… sinon j’aurais peut-être compris !) et que celle qui a donné son titre ne fait pas plus d’une dizaine de pages ! Je ne garderai sans doute pas un souvenir impérissable de cette lecture, c’est loin d’être transcendant, mais ce n’est pas non plus désagréable…

Neuf nouvelles dans ce recueil au service de neuf histoires différentes. En voilà les grandes lignes. Le Papa de Simon : un petit garçon cherche désespérément un papa pour que cesse les moqueries à l’école ; En voyage : une femme raconte un fait divers marquant dans une des lettres qu’elle envoie à son amie ; Aux champs : deux familles voisines réagissent différemment lorsqu’un couple de bourgeois passe leur porte pour leur acheter leur dernier-né ; La Confession : une jeune femme avoue à sa sœur aînée, sur son lit de mort, un abominable crime ; Le Père : un jeune homme tombe amoureux d’une jolie demoiselle mais la laisse livrée à elle-même lorsqu’elle lui annonce sa grossesse ; Le Baptême : un abbé est particulièrement ému lorsqu’il doit baptiser un nouveau-né ; Coco : un jeune garçon doit s’occuper d’un vieux cheval mais, pour se venger des moqueries que lui apporte cet « emploi », il maltraite l’animal ; Mademoiselle Perle : qui est cette étrange femme, jolie mais particulièrement réservée ? ; Boitelle : un jeune homme tombe amoureux d’une jeune femme noire et tente d’acquérir l’approbation de ses parents paysans.

guydemaupassantCes neuf nouvelles sont vraiment minuscules. En effet, l’ensemble s’étend sur à peine 140 pages (la vingtaine de pages restantes de mon édition, est destinée à des petits jeux et quelques questions), autant dire que c’est très vite lu (en plus, c’est écrit assez gros !). La plupart des histoires ne vont pas plus loin que la dizaine de pages, la plus longue étant Mademoiselle Perle (environ 25 pages). Je ne suis pas particulièrement impressionnée par le style de Maupassant, je n’en ferai sans doute jamais un de mes auteurs préférés (au contraire de Victor Hugo, d’Emile Zola ou d’Alexandre Dumas pour les français), mais l’ensemble reste abordable. Je n’ai repéré aucune difficulté de lecture et, en plus, les quelques mots d’argot qui pourraient poser problème sont expliqués en note de bas de page. Ce n’est pas « passionnant » mais c’est facile à lire et je me répète, court ; donc, à mon avis, parfait pour les plus jeunes lecteurs qui veulent découvrir la plume de Maupassant. A lire en priorité : Coco pour la cruauté développée par l’enfant, c’est sans doute la nouvelle qui m’a le plus marquée. Quant à celle qu’on peut, à mon avis, oublier : Le Baptême, que j’ai trouvée sans grand intérêt.

Ce qui fait la renommée de Guy de Maupassant, c’est la façon dont il dépeint (à la manière d’un peintre) les us et coutumes, les habitudes et les mœurs de la France rurale du XIXe siècle : son réalisme. Il fait ça brillamment. Toutes les nouvelles se situent dans cette campagne française des années 1800 et racontent des évènements habituels pour ses habitants. Bien que toutes ancrées dans le même milieu, ces histoires sont toutes différentes et narrent des évènements plus ou moins « longs » dans le temps. En effet, l’intrigue du Papa de Simon s’étend sur plusieurs semaines alors que, sur un même nombre de pages (à peu de choses près), Le Baptême dépeint un évènement isolé, qui ne dure pas plus de quelques heures d’une même journée. On pourrait presque utiliser ces petites histoires en guise d’études « anthropologiques » ; c’est un excellent et simple moyen de découvrir la vie de l’époque !

Malheureusement, le gros défaut des nouvelles (en général), comme pour le théâtre, c’est que, les textes sont tellement courts que l’auteur n’a pas le temps de s’appesantir en profondeur sur les personnalités de ses personnages et le lecteur n’a donc, pas la possibilité de s’attacher à ces derniers. Comment en une dizaine de pages, voulez-vous vous lier d’amitié pour une figure, on ne connaît que son nom et les grandes lignes de son histoire qui serviront à l’intrigue… Cependant, je dois le reconnaître, Maupassant reste assez fort car, en si peu de pages, il parvient tout de même à nous faire ressentir des émotions fortes. Le meilleur exemple reste, pour moi, l’histoire racontée dans Coco. Les agissements du jeune garçon, sa cruauté sans limite face à la détresse d’un vieux cheval… ces quelques pages m’ont révoltée !

Ces scènes de la vie quotidienne de la France rurale du XIXe siècle sont donc de beaux témoignages pour nous autres, « citadins » du XXIe siècle ! Je conseille ce titre, en priorité, aux jeunes lecteurs ou à ceux qui n’ont pas beaucoup d’expérience dans le domaine ; c’est un bon moyen d’appréhender la plume d’un auteur « classique », même si c’est loin d’être « extraordinaire »…

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