Perceval ou Le Roman du Graal de Chrétien de TROYES

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Perceval ou Le Roman du Graal

de Chrétien de TROYES
Gallimard (Folio Junior),

1999, p. 256

Première Publication : environ 1181

Pour l’acheter : Perceval ou le Roman du Graal

Chrétien de Troyes, sans doute originaire de Troyes, né vers 1135 et mort vers 1185, est un poète français, considéré comme un des premiers auteurs de romans de chevalerie.

Dans les sombres forêts du monde arthurien, un chevalier égaré est en quête du Graal. C’est le jeune Perceval. Cet adolescent un peu naïf et insouciant a en effet décidé un jour de quitter sa mère pour se lancer dans les aventures de la chevalerie. Adoubé par le Roi Arthur, ses pas le mènent rapidement vers le château du Roi Pêcheur, où au cours d’un repas, il assiste à un bien étrange spectacle. Des jeunes gens silencieux passent et repassent devant lui, tenant en main un plat en or, une lance qui saigne, et surtout un mystérieux vase baigné d’une lumière surnaturelle : le Graal. Que signifie ce singulier défilé ? Pour le savoir, Perceval devra devenir le meilleur chevalier qui fut jamais et errer de par le monde. Peut-être aura-t-il alors accès au plus grand secret qui soit. Ainsi commence un long voyage initiatique.

Le premier week end d’octobre est arrivé, avec lui les premiers froids et surtout, la première cession du Challenge 1000 ans de littérature française ! Pour cette première lecture, j’ai choisi un titre de Chrétien de Troyes. Pourquoi ce choix ? Premièrement car deux des titres de l’auteur trainaient dans ma PAL et deuxièmement car Perceval ou le Roman du Graal fait également partie de mon Objectif PAL ; une pierre deux coups !
Ce titre est une relecture pour moi, l’ayant étudié lorsque j’étais au collège (en cinquième si je me souviens bien) et ayant survolé quelques morceaux en ancien français en cours de littérature médiévale, à la fac. Cependant, outre quelques épisodes marquants, je ne me souvenais pas de grand-chose et c’est comme si je lisais le texte pour la première fois ! Perceval n’est vraiment pas un chevalier que j’affectionne dans la légende arthurienne. Son histoire est intéressante, j’en conviens, mais ce roman de chevalerie n’est définitivement pas celui que je préfère…

percevalDans la forêt du pays de Galles, un tout jeune homme rencontre par hasard, cinq chevaliers en armure. Naïf et n’ayant jamais rencontré de tels personnages, il ne peut s’empêcher de les questionner et bientôt, il n’a plus qu’une seule idée en tête : aller à la cour du roi Arthur pour que celui-ci le nomme chevalier. Il part, laissant donc sa mère seule derrière lui et, une fois auprès du roi, réclame son adoubement. Keu, le sénéchal à la langue de vipère, se moque de lui et l’envoie combattre un chevalier à l’armure vermeil. Perceval (qui ne connaît pas encore son nom), aussi innocent qu’un nourrisson, le prend au mot et va réclamer l’armure qu’il désire. Il combat vaillamment et s’approprie (difficilement) l’ensemble vermeil qu’il désirait tant. Il part ensuite à la découverte du monde et est entraîné dans plusieurs aventures et combats pour prouver son courage et découvrir son identité. Son plus grand moment étant sans doute lorsqu’il arrive au château du Roi Pêcheur, voit le Graal lui passer devant le nez, mais ne pose pas les questions qu’il faudrait…

J’ai été assez surprise de constater que l’histoire de Perceval n’est pas la seule histoire de ce texte de Chrétien de Troyes ; on suit également les aventures de Gauvain, chevalier de la Table Ronde et neveu du roi Arthur. Je n’avais pas du tout de souvenirs concernant cet entrelacement d’histoires ! Il faut aussi avouer que Gauvain n’est pas non plus un chevalier que j’affectionne particulièrement (à part dans la série Kaamelott, parce qu’Aurélien Portehaut est un comédien que j’aime bien – et d’ailleurs son one man show est sympa, si vous avez l’occasion !).

Passionnée par cette période qu’est le Moyen Age, je suis toujours heureuse de lire des textes s’y rapportant, et les romans de chevalerie sont sans doute les œuvres les plus connues aujourd’hui. J’aime les thèmes abordés par Chrétien de Troyes : la quête de soi (la quête du Graal), la chevalerie, la courtoisie,… les différentes symboliques (les couleurs, les vêtements, les noms, l’anneau, la traversée d’une rivière ou d’un pont,…)… tout est marqué par les anciennes traditions celtiques, et j’adore ça. Tout est étudié, rien est laissé au hasard…
Le contexte de ces aventures ne ressemble à aucun autre et on retrouve des évènements clefs (un peu la marque de fabrique des romans de chevalerie) : des combats, des tournois, des duels, l’errance dans les bois, la recherche de l’identité, la quête de soi, le sauvetage de sa Belle… Tout ça dans l’ancienne Bretagne (l’Angleterre actuelle), dans des paysages typiques (forêts, ruisseaux, châteaux,…), avec, en arrière plan, les personnages « phares » de la légende arthurienne : le roi Arthur qui est ici un vieil homme, la reine Guenièvre qui est toujours la plus belle femme du pays, le sénéchal Keu et ses répliques assassines… Merlin, mon personnage favori, ne se montre pas ici, c’est bien dommage !

J’aime cette démesure propre aux personnages de l’époque : ces chevaliers qui tombent amoureux de leur Belle (la demoiselle qui a ravi le cœur de Perceval s’appelle Blanchefleur) au premier regard, parce que celles-ci ont le teint pâle et le front haut… Par contre, avec ces textes, j’ai beaucoup de mal à m’attacher aux personnages. Tout est tellement « surréaliste », tellement loin de nos conceptions actuelles… On lit vraiment des récits d’un autre temps, et ça se sent !

gauvainEt si j’ai du mal à m’attacher aux personnages, que je trouve distants, c’est notamment et surtout, à cause de la « forme » du texte. N’oublions pas que ces récits écrits sont le fruit de longues traditions orales. Le texte originel de Chrétien de Troyes, en ancien français, apparaît sous la forme d’octosyllabes avec des rimes et un rythme bien particuliers. La traduction en français moderne oublie tous ces éléments pour nous offrir un texte en prose sans aucune coupure (pas de chapitres, seulement quelques sauts de lignes par-ci, par-là) et elle enlève en plus, beaucoup de dynamisme et de force au récit, à mon goût. Je sais que l’exercice de traduction est difficile (j’ai du en faire quelques-unes pour les cours, et je peux vous dire que ce n’était pas rigolo du tout !), et je ne suis personne pour remettre en cause le résultat, mais je ne suis pas entièrement satisfaite de celle-ci. Je n’avais malheureusement que cette édition enfantine à portée de mains (celle sur laquelle j’ai travaillée en cinquième) et je pense que dès que j’en aurai l’occasion, je me procurerai une édition plus « sérieuse », bilingue pour profiter véritablement du talent de Chrétien de Troyes. Et je vous conseille, si un jour vous avez envie de découvrir les romans de chevalerie, de plutôt vous tourner vers ces éditions, certes plus chères, mais bien plus intéressantes et plus « fidèles » aux textes d’origine.

En revanche, et je ne crois pas que la faute vienne de la traduction, j’ai été surprise (et pas positivement), des changements brutaux de héros. On passe en effet des aventures de Perceval à celle de Gauvain, juste en sautant une petite ligne et avec une annonce maladroite (du genre : « Nous laissons ici Perceval pour suivre les aventures de Gauvain »). Bon, au moins, si on en a marre de l’un ou de l’autre, on a l’occasion de suivre le second, mais bon… Pas totalement convaincue, je suis !

Dernière petite précision : Chrétien de Troyes semble être mort avant d’avoir terminé son histoire. De nombreuses continuations ont ainsi vu le jour les années suivantes, toutes beaucoup plus « chrétiennes » avec la montée en force de la religion à la fin du XIIe siècle et pendant le XIIIe. Ma petite édition pour les plus jeunes, résume celles-ci en quelques paragraphes, mais à l’occasion, j’aimerais bien les lire en entier. Autre précision : comme il s’agit d’une édition pour enfants, il y a plusieurs questions et jeux à la fin ; je les ai survolés rapidement mais je fais une réclamation : les mots croisés sont mal fichus et sont complètement faussés ! Il manque des cases noires et les cases blanches sont mal placées… Je sais, ça n’a aucune importance, mais si jamais vous vous retrouvez avec ce folio junior dans les mains, vous êtes prévenus !

En bref, des thématiques et des symboliques que j’adore bien que les histoires de Perceval et Gauvain ne soient pas mes préférées mais, quitte à découvrir ces romans de chevalerie, je préfère le faire avec les versions originales (en ancien français) ou alors sur des supports et adaptations plus modernes (quitte à choquer les puritains !). C’est donc avec un avis en « demi-teinte » que j’inaugure le Challenge 1000 ans de littérature française ! J’attends de voir ce que me réserve le prochain titre !

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