Les Lames du Cardinal, Tome 3 : Le Dragon des Arcanes de Pierre PEVEL

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Les Lames du Cardinal,

Tome 3 : Le Dragon des Arcanes
de Pierre PEVEL
Bragelonne,
2010, p. 331

Première Publication : 2010

Pour l’acheter : Les Lames du Cardinal, Tome 3

Pierre Pevel est un écrivain français de fantasy et de science-fiction. Né en 1968, il est d’abord scénariste et auteur de jeux de rôle, et ne vient qu’ensuite à l’écriture. Il a écrit plusieurs romans de fantasy sous le pseudonyme de Pierre Jacq, puis signe ses livres suivants de son vrai nom. Il se fait connaître par sa trilogie des Ombres de Wieldstadt, publiée en 2001, qui lui vaut en 2002 un Grand Prix de l’Imaginaire. Pierre Pevel vit actuellement à Nancy.

 Les Lames du Cardinal : Tome 1  Tome 2 

♣ ♣ ♣

Paris brûle-t-il ? On pourrait le croire, si l’avenir funeste dont Soeur Béatrice a eu un aperçu prophétique se réalise.
Déjà un dragon a survolé Paris et est passé à l’attaque. Face à lui, un homme a péri dans un dernier acte de bravoure et de sacrifice : Almadès, le maître d’armes espagnol des Lames du Cardinal. La bande de La Fargue est en deuil et la colère appelle la vengeance.
L’action reprend très vite ses droits. Agnès et Ballardieu veulent en savoir plus sur la vision de Béatrice et la menace qui pèse sur la capitale.
Direction : le Mont Saint-Michel, repaire des Châtelaines, où Béatrice est cloîtrée…

Et voilà le troisième et dernier tome des aventures des Lames. La sortie en librairie est prévue le 17 septembre, alors, fans de Pierre Pevel, préparez votre porte-monnaie pour aller l’acheter ! Grâce au partenariat proposé par Livraddict avec les éditions Bragelonne, j’ai donc pu découvrir ce dernier opus en avant première, sous la forme des épreuves éditeur, je les remercie donc une nouvelle fois pour tous les bons moments que j’ai passé avec cette trilogie française !
Quant à ce troisième tome, j’avoue l’avoir préféré au second, car plus « dramatique » à mon goût, encore plus rythmé (si c’est possible) et nous offrant une fin assez… « bluffante ». Je vais faire de mon mieux pour ne pas trop spoiler, mais je pense que pour certains points, ce sera assez « indispensable », même si je vais tenter de rester le plus « vague » possible ; donc si vous avez peur de trop en découvrir… mieux vaut peut-être ne pas lire la suite !

En ce mois caniculaire de juillet 1633, les Lames sont endeuillées, ayant perdu l’une d’entre elles quelques jours plus tôt, lors de l’assassinat de l’Alchimiste par un dragon (dernières scène du second tome) et ayant également subi le départ de Leprat – rongé par la rance -, redevenu mousquetaire sous les ordres de M. de Tréville. Agnès – toujours accompagnée de son fidèle Ballardieu – quant à elle, tente de soustraire (comme nous l’avons également vu à la fin du second opus) quelques secrets aux sœurs châtelaines au Mont Saint-Michel. Malheureusement, elle n’est pas la bienvenue et se voit bientôt emprisonnée par la mère supérieure qui tient, coûte que coûte, à préserver ce qu’elle a découvert… Les autres Lames survivantes se lancent donc à la recherche de la jeune femme et concoctent un plan pour la faire sortir de sa prison… Mais que cachent donc les châtelaines ? Quel rapport ce secret a-t-il avec la Griffe Noire ? Et avec le trône de France ? Et qui sont ces dragons renégats prenant le surnom des figures des cartes de tarot, également appelées « arcanes » ? Et surtout, que veulent-ils ?

J’ai aimé le côté plus « dramatique » de ce tome, que l’on découvre dès les premières pages avec l’enterrement d’une des Lames. Je ne sais pas si je suis sadique (si j’écrivais un livre je serais du genre à faire mourir les héros…), mais je trouve que ce genre d’évènements amène une atmosphère d’angoisse, d’urgence et un côté un peu plus « sérieux »… on ne rigole plus, le danger est là et il va bientôt falloir l’affronter ! Bref, ça commence fort et ça continue avec un rythme qui va en s’amplifiant, jusqu’au combat final… L’atmosphère est tendue, l’angoisse monte, monte, monte… sans compter sur la disparition et la séparation d’autres Lames qui apportent aussi un petit quelque chose de triste, de nostalgique. Bref, cette atmosphère pesante m’a beaucoup plu.
Je suis également très contente d’avoir découvert le fin mot de l’histoire, car ce tome apporte la réponse que l’on attend depuis le début : quel est le véritable but des dragons ? On comprend également mieux l’évènement organisé (et déjoué par les Lames) dans le second tome et on arrive aux tout derniers mots offert par Pierre Pevel qui mettent cette trilogie en relation avec un « mythe » français célèbre… et me voilà à nouveau « sciée » ! Il fallait y penser, c’est très très fort ! Peut-on espérer une suite un jour ?

Ce troisième tome fait la part belle au personnage d’Agnès qui est mis sur le devant de la scène. Ce sont ses aventures que l’on suit le plus (chez les sœurs châtelaines notamment), et c’est une de ses décisions qui fera pencher la balance d’un côté plutôt que de l’autre… Cette focalisation n’est pas pour me déplaire, car Agnès est, depuis le début de ma lecture, un de mes personnages préférés ; je regrette cependant que les autres soient un peu laissés de côté et mes questions sur le personnage de Saint-Lucq (notamment) restent sans réponse… Dommage !
On découvre ici de nouveaux personnages (du côté des « Arcanes » principalement), et on en retrouve d’autres : la Malicorne, l’Italienne, Gagnière… Comme d’habitude, les figures sont nombreuses, mais dorénavant, on ne s’emmêle plus, on a eu le temps d’imprimer qui était qui ! En revanche, j’ai trouvé le cardinal de Richelieu plus effacé que dans les tomes précédents, son rôle n’est plus aussi « décisif », c’est plutôt du côté des châtelaines que tout se passe désormais…

Le lecteur retrouve les Lames directement après ce qui s’est passé à la fin du second tome (pas d’ellipse narrative) et les suit à nouveau dans des aventures qui ne durent pas plus de quelques jours. On replonge donc dans le Paris caniculaire de cet été 1633 (juillet, mais il m’a semblé, une fois, voir le mot « juin » à la place ; petite erreur sans doute) avec sa puanteur, ses rues étroites et sales, sa population entassée dans ses quartiers malfamés… Comme j’ai lu les épreuves éditeur et non le livre édité, je n’ai malheureusement pas eu de plan à portée de mains (et ça m’a manqué, je m’étais habituée à suivre les aventures des Lames sur la carte proposée à chaque fois, dans les deux tomes précédents), mais j’imagine qu’il sera bien présent dans la version « définitive ». Pierre Pevel connait la capitale de l’époque (et le Mont Saint-Michel également !) et il le prouve une nouvelle fois. J’ai particulièrement aimé la description des scènes lors de l’attaque finale de Paris, alors que les maisons s’écroulent sous les flammes, que la population panique et que les parisiens se font massacrer par des dracs fous… Je m’y serais cru ! Tout au long de ma lecture, le rythme s’accentuait, « l’angoisse » se faisait plus présente ; et là, c’est l’apogée !

La plume de l’auteur est – une nouvelle fois – très imagée, très vivante. Et ce n’est pas pour rien que ce troisième opus reprend la forme du précédent : quatre épisodes (« La Prisonnières des Châtelaines », « Les Arcanes », « Bois-Noir » et « L’Archéen ») pour une seconde saison, à l’image des séries télévisées. Ces quatre « parties » sont chacune divisées en quatre chapitres toujours équilibrés de la même façon : un petit chapitre d’introduction, un deuxième beaucoup plus long que les autres, un troisième qui mène vers la « révélation » et le quatrième, souvent d’une seule page qui contient cette « révélation » tant attendue. J’aime bien lorsqu’un texte est rythmé ainsi, régulièrement ; il n’y a pas de temps mort et c’est entrainant. Ainsi, pour la troisième fois (j’ai l’impression de beaucoup me répéter entre chaque tome), l’ensemble se lit très vite (surtout qu’ici, on n’a plus le souci de retenir qui est qui, les personnalités sont – normalement – bien ancrées dans nos têtes) et agréablement.
J’ai peut-être le même reproche à avancer que précédemment : le recours à des morceaux de phrases « types » pour qualifier un personnage, pour annoncer son entrée en scène. C’est parfois un peu lassant de toujours relire que Saint-Lucq a des « besicles aux verres rouges » et qu’Agnès possède une longue tresse de boucles noires qui ne tiennent jamais en place !  Un peu redondant, mais peut-être utile pour ceux qui auront eu du mal à retenir qui est qui (quoiqu’au bout de trois tomes, je peine à le croire…).

Pour ne pas risquer de spoiler un peu plus ou de me répéter (les qualités et défauts sont pratiquement les mêmes que pour les deux autres tomes, et j’ai déjà bien argumenté sur ceux-ci), je vais m’arrêter là.

Un tome plus « dramatique », à l’atmosphère plus « pesante ». Un rythme de plus en plus soutenu, jusqu’au combat final ; on ne s’ennuie pas une seule seconde et les dernières pages offrent comme une « apogée ». Agnès est au premier plan, et c’est un de mes personnages préférés. Une révélation finale qui lie cette trilogie à un mythe français célèbre ; c’est assez « bluffant » ! Une écriture très imagée servie par un découpage particulier qui « copie » celui des séries télévisées. Mes questions sur certains personnages (notamment Saint-Lucq, mon préféré !) restent sans réponse, dommage ! Toujours quelques « lourdeurs » dans l’annonce des personnages (toujours désignés par les mêmes caractéristiques)…

 

5 pensées sur “Les Lames du Cardinal, Tome 3 : Le Dragon des Arcanes de Pierre PEVEL

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