Les Lames du Cardinal, Tome 1 de Pierre PEVEL

les lames du cardinal tome 1 pierre pevel bragelonne
Les Lames du Cardinal,
Tome 1

de Pierre PEVEL
Bragelonne,
2010, p. 300

Première Publication : 2007

Pour l’acheter : Les Lames du Cardinal, Tome 1

Pierre Pevel est un écrivain français de fantasy et de science-fiction. Né en 1968, il est d’abord scénariste et auteur de jeux de rôle, et ne vient qu’ensuite à l’écriture. Il a écrit plusieurs romans de fantasy sous le pseudonyme de Pierre Jacq, puis signe ses livres suivants de son vrai nom. Il se fait connaître par sa trilogie des Ombres de Wieldstadt, publiée en 2001, qui lui vaut en 2002 un Grand Prix de l’Imaginaire. Pierre Pevel vit actuellement à Nancy.

 Les Lames du Cardinal : Tome 2  Tome 3 

♣ ♣ ♣

Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et son éminenceArmand Jean du Plessis de Richelieu gouverne avec lui. Personnalité des plus puissantes et des plus menacées de son temps, le Cardinal doit se garder de tous ceux qui jalousent l’influence qu’il exerce sur le roi, et se prémunir contre les attentats ourdis par les ennemis de la France, au premier rang desquels l’Espagne et sa Cour des Dragons. Car dans cet univers, des intrigues alliant espionnage, politique et sorcellerie menacent de faire vaciller le trône !
Or, en cette nuit de printemps 1633, Richelieu décide de jouer une carte maîtresse et reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un fidèle parmi les fidèles dont le dévouement lui a autrefois valu d’être trahi et déshonoré : le capitaine La Fargue, chef desLames du Cardinal !
En effet, l’heure est venue de reformer cette élite secrète autrefois dissoute dans l’opprobre et la raison d’État : des combattants hors du commun, une compagnie d’aventuriers, d’espions et de fortes têtes rivalisant d’élégance, de mystère… ou de paillardise, qui ne redoutent aucun danger.

C’est Matilda qui, la première, m’a donné envie de découvrir la plume de Pierre Pevel ; elle n’arrêtait pas de vanter les mérites de cet auteur français sur son blog. Alors, quand, il y a quelques mois, Livraddict a proposé un partenariat avec Le Livre de Poche pour le titre Les Enchantements d’Ambremer, je me suis lancée et ce fut un des plus beaux coups de cœur de mon année livresque !
Vous vous doutez bien que quand la team Livraddict nous a, à nouveau, annoncé un partenariat spécial avec Bragelonne pour les trois tomes des Lames du Cardinal (le troisième tome ne sortant en librairie que mi-septembre), j’ai sauté sur l’occasion. Nous étions nombreux, mais le tirage au sort a été en ma faveur et c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai découvert les deux tomes (très jolis objets) déjà publiés et les épreuves éditeur du troisième.
Sitôt arrivés dans ma boîte, sitôt entamés ! J’ai lu le premier opus en deux ou trois jours, pressée d’arriver au bout, sursautant à la moindre révélation et souriant face à l’ampleur des complots et trahisons !
Deuxième livre de Pierre Pevel lu, et deuxième coup de cœur ! Monsieur Pevel, je vais de ce pas lire la suite des aventures de ces courageuses lames et je vais m’empresser de découvrir vos autres écrits ! Pour les amateurs de mondes fantastiques travaillés et de personnages attachants, vous avez frappé à la bonne porte…

France, 1633. Louis XIII est officiellement à la tête du royaume de France, mais le Cardinal de Richelieu – premier ministre du roi – tire officieusement les ficelles de la politique et de la diplomatie françaises.Cette année 1633 marque le grand retour dans la capitale et ses alentours, des célèbres Lames du Cardinal, ce petit groupe d’aventuriers courageux, prêts à tirer l’épée à la moindre occasion, pour le bien-être de la France. Ces hommes (et cette femme !), se regroupent pour combattre un ennemi qui se fait de plus en plus puissant, une société secrète : la Griffe Noire ! Celle-ci – largement implantée en Espagne – est constituée de dragons, ces créatures centenaires qui comptent bien prendre la tête de la France. Mais les dragons se sont transformés au fil des siècles, et aujourd’hui, ils ressemblent à n’importe qui… Où se cachent-ils ? Que manigancent-ils ? Qu’ont-ils à voir avec Richelieu pour que celui-ci fasse appel au Capitaine La Fargue et ses Lames ? Mais surtout, qui sont à la solde de ces créatures ? Qui sont les traîtres dans la cour du Cardinal ? A qui peut-on encore faire confiance dans le royaume ?…

S’il y a bien un gros point positif dans ce premier tome signé Pierre Pevel, c’est la maîtrise du suspens et des révélations. En effet, au fil des pages, on se rend compte – avec stupeur – qu’un tel est en fait à la solde des « méchants », qu’un autre prépare quelque chose en secret et enfin, qu’un dernier n’est pas celui qu’on croyait… Les découvertes n’arrêtent pas, je n’ai jamais eu les yeux autant écarquillés par des révélations que pendant cette lecture ! N’ayant rien vu venir – à part peut-être la révélation sur l’ancien compagnon traître de La Fargue – j’ai été époustouflée par tous ces retournements de situation et par tous ces « retournements de veste » ! A la fin de ce tome, on ne sait plus à qui on peut faire confiance, qui est sous les ordres de qui et surtout, ce qui se trame réellement ! Les toutes dernières lignes m’ont d’ailleurs laissée sur les fesses (pour être polie !), la bouche ouverte avec un « Non, c’est pas possible ! Oh non, c’est pas possible ! » sur les lèvres… Heureusement que j’ai le second tome à portée de mains pour découvrir le fin mot de cette histoire !

Et si Pierre Pevel parvient à nous balader comme ça, c’est aussi grâce à ses personnages. Nombreux, ils ont tous des secrets bien enfouis, secrets qu’on découvre petit à petit sans jamais tout apprendre des différents passés. Alors finalement, on n’arrive pas à cerner complètement les personnalités, ce qui laisse une grande marge de manœuvre concernant leur avenir, le camp auquel elles appartiennent… C’est vraiment bien joué, car ainsi, on a toujours envie d’en savoir plus sur telle ou telle figure, alors on dévore les pages les unes après les autres, espérant comprendre le fin mot de l’histoire…

Je dois avouer qu’au début (pendant les cinquante premières pages, disons), j’ai eu du mal à retenir qui était qui. Les personnages sont effectivement très nombreux (La Fargue, Agnès, Saint-Lucq, Marciac, Ballardieu, Almadès, Leprat, Malencontre, Laincourt, Gagnière, la vicomtesse de Malicorne, Saint-Georges, Cécile,… et j‘en oublie !), mais heureusement, l’auteur nous offre des traits caractéristiques pour chacun, traits qui reviennent souvent dans les descriptions, pour qu’on puisse bien « imprimer » que tel élément correspond à tel personnage.
J’ai surtout retenu les figures de Saint-Lucq – le sang-mêlé avec « ses bésicles aux verres rouges » (pour cacher ses yeux de dragon !) -, Marciac (le tombeur débraillé) etAgnès (la seule femme des Lames, courageuse et entêtée !). Bon, j’avoue, j’ai un gros faible pour Saint-Lucq et Agnès ; mais il fallait s’en douter, les figures du sang-mêlé et de la femme forte, ça me parle… Pierre Pevel ne nous a pas appris la moitié des choses concernant ses personnages, alors j’espère bien en savoir plus avec la lecture du deuxième tome, je suis très curieuse d’approfondir un peu certaines personnalités !

J’ai aussi beaucoup aimé (à vrai dire, il y a peu de choses que je n’ai pas appréciées pendant cette lecture) le contexte de l’intrigue : Paris et ses environs en 1633. On retrouve avec plaisir la capitale du XVIIe siècle, avec ses petites rues pavées, ses faubourgs florissants, ses voyageurs inquiétants et ses complots autour de la cour du roi et du cardinal… Les éditions Bragelonne nous propose un plan détaillé de la capitale française, en début d’ouvrage. C’est très pratique et utile, j’ai pris plaisir à suivre les itinéraires là-dessus, suivant les indications données par l’auteur, lorsqu’un personnage se déplace d’un point à un autre (j’ai même l’impression de mieux connaître Paris maintenant !). J’ai adoré retrouver l’ambiance du roman de cape et d’épée à la Alexandre Dumas (je suis une grande fan des Trois mousquetaires, particulièrement d’Athos, mais ça c’est l’effet John Malkovich dans L’Homme au masque de fer !), on croise d’ailleurs quelques personnalités déjà présentées par l’écrivain : Monsieur de Tréville et Rochefort entre autres, et Pierre Pevel cite l’affaire du siège de la Rochelle, évènement important dans la vie des courageuses Lames du Cardinal…
L’auteur met en place une mythologie concernant les dragons, pour le moment, on ne sait pas grand-chose les concernant, si ce n’est qu’ils existent depuis très très longtemps, et qu’au fil des siècles, ils se sont mélangés à la « population » humaine ; les véritables « dragons » ancestraux ayant quasiment tous disparus, il ne reste que des « sang-mêlé » (comme Saint-Lucq, alors, gentil ou méchant ?), des dragonnets (des dragons miniatures qui remplacent les pigeons voyageurs [et les chouettes de Harry Potter !]), des dracs (une espèce d’humanoïdes sur deux pattes, mais plus proches du dragon) et des vyvernes (les créatures aîlées qui servent de montures à nos personnages)… J’ai hâte d’en apprendre plus sur ces créatures et sur tout ce qui les entoure…

planparis les lames du cardinal pierre pevelPierre Pevel mélange ainsi brillamment le côté fantasy des dragons au côté historique français sous le règne de Louis XIII et de Richelieu. On sent les recherches derrière, notamment sur Paris (sur l’histoire de la construction de ses différents quartiers), ou encore sur la position de la France face à l’Espagne et aux autres pays européens. Les plus jeunes apprendront ainsi deux ou trois choses, sans qu’il n’y paraisse et les lecteurs plus avertis reverront leurs connaissances de l’époque. J’ai pris plaisir à retrouver (ou découvrir) des termes particuliers, assez désuets il me semble, mais appropriés à cette lecture ; « bésicles » étant le terme qui me vient tout de suite à l’esprit (et qui signifie « lunettes ») car revenant très souvent dès que Saint-Lucq est dans les parages ! En outre, l’auteur se dote d’une plume particulièrement agréable à parcourir ; les descriptions sont bien menées, les dialogues ne sont pas là pour meubler mais apportent un petit plus (de l’humour par exemple).
Je mettrais peut-être un petit bémol en ce qui concerne l’introduction des personnages (on découvre ceux-ci petit à petit, un par un au fil des chapitres) qui est parfois un peu redondante. Comme les personnages sont nombreux, Pierre Pevel les annonce à travers leurs traits caractéristiques (comme dit plus haut), c’est parfois un petit peu « lourd », mais ça me semble assez indispensable si on veut retenir qui est qui… et je ne sais pas comment les choses auraient pu être faites autrement !

Enfin, en ce qui concerne la forme de ce premier tome, je n’ai pas grand-chose à redire. Les chapitres sont courts, divisés en plusieurs petites parties dédiées à tel ou tel personnage et à l’avancée de ses aventures, l’ensemble se lit donc très bien. On lit un chapitre (seulement quelques pages) et, en voyant la taille du suivant, on se laisse aller à la lecture ; et au final, on dévore une centaine de pages sans s’en rendre compte ! J’aime beaucoup cette mise en page bien dégagée, bien aérée. C’est tellement agréable de parcourir des pages rapidement, sans s’abîmer les yeux sur des paragraphes compactes qui s’étalent sur une dizaine de pages sans saut de ligne et alinéa ! Alors, bravo à Pierre Pevel pour ce choix de « découpage », et bravo aux éditions Bragelonne pour la mise en page ; vous avez tout bon !

Les chapitres sont courts et la plume de Pierre Pevel fluide ; c’est donc très agréable et très rapide à lire. Les révélations et le suspens sont au rendez-vous, on ne se pose pas une seconde ; l’auteur nous balade du début à la fin sans aucun temps mort ! Fantasy, histoire et roman de cape et d’épée sont ici brillamment liés, tout naturellement sans que ce soit dérangeant ; bien au contraire ! Les personnages sont nombreux, ont tous quelque chose à nous offrir et ont tous un petit quelque chose d’attachant ; Agnès et Saint-Lucq ayant trouvé une nouvelle adepte ! L’objet en lui-même est tout simplement beau et agréable à avoir en mains (et oui, ça compte !) !
Les personnages sont si nombreux, qu’au départ (avant de les « connaître »), on peut s’y perdre un petit peu. L’introduction des différents personnages dans le récit est parfois un peu redondante, car l’auteur les amène avec leurs traits caractéristiques (« les besicles aux verres rouges » de Saint-Lucq, par exemple)…

4 pensées sur “Les Lames du Cardinal, Tome 1 de Pierre PEVEL

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ec85b92657992a3ca1dc48d7fb11a73c,,,,,,,,,,,,,,,,,