François le Champi de George SAND

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François le Champi

de George SAND
Nelson Editeurs,

1928, p. 279

Première Publication : 1850

Pour l’acheter : François le Champi

George Sand est le pseudonyme d’Amantine Aurore Lucile Dupin, romancière et écrivain française, plus tard baronne Dudevant, née le 1er juillet 1804 et morte le 8 juin 1876. Elle a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin qu’elle adopte dès 1829, et dont elle lance aussi la mode.

Un champi, c’est un enfant abandonné dans un champ. Un champi suscite la crainte et la méfiance des paysans. Un champi a mauvaise réputation. François est un champi élevé par sa nourrice Zabelle. Mais Cadet Blanchet, le meunier chez qui elle loge, l’oblige à s’en séparer. Le jeune garçon est alors recueilli par Madeleine, une femme au grand coeur qui n’est autre que l’épouse de… Cadet Blanchet. Avec l’aide de Zabelle, elle le nourrit et l’instruit en cachette. Petit à petit, une relation particulière va unir François à sa mère adoptive.

François le Champi fait partie de ces livres qui trainent dans ma PAL depuis de longs mois (voire de longues années !), ayant atterri là par hasard, trouvailles d’un vide-grenier quelconque. Je pense que si j’ai fait l’acquisition de ce titre, c’est surtout pour compléter ma collection de titres chez Nelson Editeurs et aussi, car j’appréciais jusqu’alors la plume de George Sand (plume découverte grâce à la lecture de La Petite Fadette et de La Mare au Diable). J’ai profité d’une lecture commune organisée par quelques membres de Livraddict, pour me lancer enfin dans ce texte.
Bref, loin d’égaler La Petite Fadette, à mon goût, François le Champi est tout de même un petit texte qui se laisse lire, sans grandes difficultés ; une histoire sans prétention qui se veut distrayante. Néanmoins, j’avoue qu’un point particulier (que je soulèverai plus bas) est venu entaché ma lecture, qui, jusqu’au trois quarts du récit, se déroulait sans anicroche. Voyons tout ça de plus près !

La jeune et jolie Madeleine – mariée au vieux et désagréable meunier Monsieur Blanchet – tombe un beau jour sur un jeune enfant de cinq ans, qui se révèle bien vite être un petit champi (ses parents l’ont abandonné), recueilli par une femme intéressée par l’argent, mais aimante malgré tout, la Zabelle (surnom pour Isabelle). Bien que déjà mère d’un petit Jeannie, Madeleine se prend vite d’affection pour le petit François qui, de son côté, éprouve un amour presque sacré pour cette mère si bonne pour lui.
Le temps passe, le petit champi devient un beau jeune homme et l’on se rend bien vite compte que l’air « niais » qu’on lui avait trouvé dans son enfance, s’est effacé au profit d’un esprit vif et profondément bon. Cependant, François a gardé l’innocence de son enfance et ne se rend pas compte des cancans qui commencent à naître en ce qui concerne la relation « ambigüe » qu’il entretient avec Madame Blanchet, qui n’est que de dix ans son aînée. Pour faire taire les médisances et calmer son époux jaloux et violent, Madeleine l’envoie passer plusieurs années chez un meunier voisin où le champi, après avoir repoussé la fille de celui-ci – Jeannette – se rend compte que jamais il ne pourra se marier, car une autre femme occupe son esprit… parviendra-t-il à sauver Madeleine des dettes et ennuis laissés par son mari à sa mort, et saura-t-il se faire aimer d’elle comme une femme aime un homme ?

GeorgeSandCourt roman (279 petites pages dans mon édition de 1928) champêtre dont George Sand a le secret ; une nouvelle fois, l’auteure parvient à nous transporter dans la campagne du XIXe siècle ! Je salue son talent de conteuse ; elle utilise ici un petit subterfuge, racontant cette histoire de la bouche d’un « chanvreur », lors d’une rencontre avec d’autres habitants du village. Ainsi, à plusieurs reprises, l’on assiste à des dialogues entre ces membres du village, qui donnent leur avis sur l’histoire de François le Champi. J’aime assez ce procédé, qui donne un peu de vie à la lecture ; mais je dois avouer qu’à plusieurs reprises, j’ai du reprendre la lecture de quelques phrases, en ayant en tête que ce que je venais de lire quelques secondes plus tôt, appartenait en fait au récit des villageois, et non à l’histoire du champi. Les deux points de vue ne sont pas séparés de façon visible (pas de saut de lignes, les phrases s’enchaînent) alors plusieurs fois, je me suis faite avoir et me demandais vraiment ce que je lisais !
Mise à part ce petit détail, les chapitres sont courts et bien aérés, les descriptions ni trop longues ni trop courtes et surtout pas trop encombrantes ; la lecture est fluide. Comme l’histoire se déroule dans la campagne française du XIXe siècle, il faut avoir en tête que certaines expressions (en plus appartenant à un patois particulier !) ne font plus partie de notre vocabulaire aujourd’hui, en 2010. Cependant, je n’ai pas été gênée outre mesure dans ma lecture, et, contrairement à La Petite Fadette où des notes de bas de page expliquent la signification de certains mots, ici, point d’éclaircissements dans mon édition, mais franchement, ils ne m’ont pas paru nécessaires.

On retrouve bien cette atmosphère particulière des campagnes de l’époque, avec les mentalités, les us et coutumes, le quotidien… même si l’histoire ne m’a pas paru passionnante, j’ai aimé ce retour en arrière et pour tous ceux qui s’interrogent sur la vie des paysans français du XIXe, lire du George Sand est une très bonne idée ! C’est, certes, un témoignage romancé, mais tout de même un témoignage riche de sens et de détails !

J’ai aimé retrouver chez George Sand, les bons sentiments et les personnages « rustiques » qui lui sont chers (bien que ces derniers aient des personnalités un peu trop tranchées, manichéennes ; ce qui entraîne une histoire prévisible, sans grande surprise !) ; mais, il y a un mais, et peut-être l’avez-vous déjà venu venir avec le résumé que je vous ai livré un peu plus haut…
Un jeune homme élevé par une femme à peine plus âgée que lui, se rend compte au bout de plusieurs années, qu’il l’aime comme un homme aime une femme… Pendant les trois premiers quarts du roman, il insiste sur le fait que Madeleine est une vraie mère pour lui, et qu’il l’aime comme un fils et… paf, voilà que cet amour se transforme. N’ayons pas peur des mots, mais moi, ça me fait penser à un cas d’inceste. J’ai l’esprit trop tordu peut-être ? Je ne me choque pas facilement mais bon, cet amour a quelque chose de vraiment très dérangeant pour moi… sans compter que [Attention, spoiler !] Madeleine répond finalement à cet amour, et le texte se termine sur le mariage de ces deux là ! [Fin du spoiler !] Les filles, vous qui venez de terminer cette lecture, avez-vous ressenti la même chose ? Ou suis-je la seule à m’arrêter sur ce point ? Le pire, c’est que je le voyais venir dès le début de ma lecture, mais je n’arrêtais pas de me dire « Non, c’est pas possible, ça peut pas se passer comme ça… » et après avoir refermé l’ouvrage « Ah ben si… ». C’est tout de même un texte qui a été publié pour la première fois en 1850 ; j’ai beau savoir qu’il y a encore quelques dizaines d’années, les mœurs n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui surtout dans les campagnes… mais ça me paraît vraiment étrange ! Si quelqu’un a un point de vue, une explication ou tout simplement une remarque sur ce point, qu’il éclaire ma lanterne, je me ferai une joie de la lire !

Pour conclure, si je mets de côté le point négatif développé juste au dessus, j’ai apprécié cette lecture. Je ne sais pas si je garderai longtemps un souvenir bien net de cette histoire et ce qui est certain, c’est que j’ai préféré La Petite Fadette ; mais c’est avec un sentiment plutôt positif que j’ai refermé ce livre. Un joli moment de dépaysement, une plume agréable.

4 pensées sur “François le Champi de George SAND

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