Pêcheur d'Islande de Pierre LOTI

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Pêcheur d’Islande

de Pierre LOTI

Maxi-Poche, Classiques français,
1996, p. 254

Première Publication : 1886

Pour l’acheter : Pêcheur d’Islande

Pierre Loti, né Louis Marie Julien Viaud, le 14 janvier 1850 et mort le 10 juin 1923, est un écrivain français qui a mené une carrière d’officier de marine. Après des funérailles nationales il fut enterré sur l’île d’Oléron.

Pêcheur d’Islande est dédié à la femme de lettre Madame Adam (Juliette Lamber) (1836-1936), avec la mention : « Hommage d’affection filiale ».

Entre Gaud, fille d’un gros commerçant de Paimpol, et Yann, le pêcheur, il y a bien des obstacles : la différence des conditions et des fortunes, bien sûr ; mais aussi la timidité farouche du jeune homme, de ceux qu’on nomme les « islandais » parce que, chaque année, leurs bateaux affrontent, durant des semaines, les tempêtes et les dangers de la mer du Nord.
C’est l’histoire d’un amour longtemps jugé impossible que nous conte ce roman, publié en 1886, et depuis lors redécouvert et admiré par plusieurs générations. Mais c’est surtout un grand drame de la mer, et l’une des expressions les plus abouties de ce thème éternel.

J’ai terminé cette lecture depuis plusieurs jours/semaines, mais, suite à un emploi du temps chargé et à quelques soucis personnels, je n’ai pas réussi à trouver le temps de rédiger mon billet. Ayant une mémoire de poisson rouge ces derniers temps, je pense que, pour une fois, mon avis ne sera pas aussi complet que les autres, plus vagues, moins travaillé… Bref.
J’ai trouvé ce petit livre il y a de nombreux mois maintenant, d’occasion évidemment et j’avoue que je ne sais même plus pourquoi il avait atterri jusqu’à la caisse de la librairie… Ne le voyant pas sortir de ma PAL assez rapidement, je l’avais ajouter à mon Challenge ABC 2009 (qui je vous le rappelle, prenait fin début juin 2010 pour moi). Je me suis décidée, l’autre jour, à l’ouvrir enfin, histoire d’avancer au maximum ce challenge avant la clôture (résultat : 24 livres sur 26, ce qui, je dois l’avouer, me rend très fière !).
Finalement, même si cette histoire ne restera pas dans ma mémoire pendant des années (la preuve, après quelques jours à peine, j’ai déjà oublié le nom des personnages principaux… hhhmmm hhhmmm…), j’ai tourné les pages sinon avec passion, au moins avec un léger plaisir et je ressors de cette lecture avec un avis plutôt positif. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais un joli moment d’émotions…

La jeune Marguerite Mével revient vivre avec son père, dans un petit village breton, après plusieurs années dans la capitale française. La jeune femme âgée d’un vingtaine d’années – surnommée Gaud par les bretons – est isolée des autres, à cause de sa beauté et de ses airs de demoiselle. Pourtant, lors d’un mariage au village, elle est invitée et devient la cavalière de Yann Gaos – marin-pêcheur aimé de toutes les jeunes filles, admiré par tous les hommes. Bien vite, elle se rend compte de ses sentiments envers le beau jeune homme, mais doit se résoudre à le voir partir au mois de février, pour la célèbre pêche en Islande. Les années passent, Yann la repousse, son père meurt, sa fortune s’évanouit et Gaud se retrouve seule avec une vieille dame, sans le sou ; mais elle continue d’aimer son marin et à espérer son amour…

PierreLotiComme vous pouvez le constater, l’histoire en elle-même n’a pas grand-chose de très original. Une histoire d’amour, encore et toujours. Mais l’intérêt du récit réside dans le style de Pierre Loti, assez particulier, je dois dire. Le texte date du XIXe siècle, mais n’ayez pas d’inquiétude, l’ensemble se lit parfaitement bien, il n’y a aucune difficulté de vocabulaire (si ce n’est celui de la pêche et de la navigation).
Là où la plume est particulière, c’est surtout dans la ponctuation ! J’ai été surprise de découvrir que l’auteur faisait une utilisation régulière – voire très fréquente – des points de suspension, que ce soit à la fin d’une phrase bien sûr, mais surtout en début de paragraphe… La première fois que je vois ça, surtout dans un texte datant de la deuxième moitié du XIXe siècle ! Je trouve ce procédé très « moderne » et plus proche de ce que pourraient faire des poètes du XXe siècle, par exemple. Ce n’est qu’un détail bien sur, mais tout de même un détail qui m’a sauté aux yeux ! Ce n’est absolument pas gênant pour la lecture, ça donne juste un rythme assez particulier, et une impression de « rêverie ». Je ne trouve pas de mot plus adapté, mais vous savez, quand vous utilisez les points de suspension, c’est justement que vous laissez en suspend une idée, une image ; et c’est un peu l’atmosphère qui se dégage du texte. Celui-ci est finalement court et divisé en chapitres brefs ; le tout se lit donc vite et bien !

La Bretagne est une terre de légendes, de mystères, qui fait « rêver ». Ajoutez à cela le monde de la mer et des pêcheurs et vous aurez une idée de l’ambiance générale qui se dégage de ce roman de Pierre Loti. Celui-ci insiste particulièrement sur la mer, et en fait presque un personnage à part entière ! Il nous décrit sa quiétude ou ses colères, sa soif de pouvoir… il n’oublie pas de nous parler des paysages bretons, de la vie sur les bateaux ou du quotidien des femmes de marins pendant l’attente du retour de leur mari, fiancé, fils, frère… Comme le dit la page Wikipedia consacrée à Pêcheur d’Islande, c’est presque un roman ethnologique que nous offre là l’auteur, qui a lui-même été officier de marine. Les mois, les années défilent vite, et pourtant, malgré ces ellipses de temps importantes, jamais je n’ai « décroché » et jamais je n’ai cessé de suivre avec intérêt, les aventures des personnages et l’évolution de leurs sentiments…

Dans le résumé que je vous ai livré plus haut, je n’ai fait référence qu’à l’histoire d’amour entre Gaud et Yann, mais en fait, les chapitres défilent et nous offrent les histoires de plusieurs autres personnages, certes, secondaires, mais tout de même attachants : le jeune Sylvestre – à peine 17 ans et envoyé en Asie pour combattre – et la vieille Yvonne – sa grand-mère qui a perdu tous les membres de sa famille un par un, et qui place tous ses derniers espoirs dans l’avenir de ce petit-fils tant aimé… -.

C’est une sorte d’hommage à toutes ces personnes  – marins, femmes attendant au port – qui vivaient en Bretagne au XIXe siècle et c’est très émouvant. L’histoire de Gaud et Yann n’est qu’une parmi tant d’autres et n’est peut-être que « virtuelle », mais elle permet justement de mettre des mots, des émotions sur toutes ces autres histoires qui elles, ont vraiment existé. Ne vous attendez pas à une lecture joyeuse, préparez plutôt les mouchoirs, vous en aurez sans doute besoin…

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