Le Dernier jour d'un condamné suivi de Claude Gueux et de L'Affaire Tapner de Victor HUGO

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Le Dernier jour d’un condamné.
Claude Gueux.
L’Affaire Tapner

de Victor HUGO
Le Livre de Poche,

2001, p. 284

Première Publication : 1829 / 1834

Pour l’acheter : Le Dernier jour d’un condamné…

Victor-Marie Hugo, né le 26 février 1802 et mort le 22  mai 1885, est un écrivain, dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé français, considéré comme l’un des plus importants écrivains romantiques de langue française.

Victor Hugo a écrit d’admirables poèmes, il a écrit d’admirables romans et d’admirables drames ; mais, pour nous, son oeuvre capitale – quand le bourreau aura été chassé -, ce sera d’avoir aidé à chasser le bourreau.
Il y a quelque chose de plus grand qu’un grand poète ou un grand romancier, c’est un sage. Il y a quelque chose de plus beau, de plus enviable que l’imagination, c’est le coeur.
C’était au temps où Joseph de Maistre voyait en la peine de mort la clef de voûte de l’édifice social. Mais Pierre Larousse avait raison de se féliciter de l’efficacité de ce livre étrange. Hugo réinvente son art pour servir la plus noble des causes. Qui est-il ce condamné ? Quel crime a-t-il commis ? Nous ne le saurons pas. De la main, de la plume, il suffit qu’il nous conduise vers son avenir immédiat. Comment penser l’homme quand l’homme décide la mort de l’homme ?

Je possède ce Livre de Poche depuis presque une dizaine d’années maintenant, car j’avais étudié un des textes (je ne sais plus lequel, et peut-être les trois en fait…), lorsque j’étais au collège, en quatrième ou en troisième, je ne sais plus exactement. J’avais décidé depuis très longtemps de faire cette relecture – car je n’avais aucun souvenir de ma toute première découverte des textes -, et une lecture commune organisée sur Livraddict m’a convaincue de me lancer une bonne fois pour toute. Comme ma Petite Sœur a aussi étudié le texte en cours de français au collège, le livre a beaucoup vécu et est gribouillé et peinturluré à divers endroits. C’est amusant de retrouver ces marques et je me suis surprise à me demander ce que les professeurs de l’époque pouvaient bien avoir à nous raconter sur ces passages précis, alors qu’avec une dizaine d’années de recul, je ne trouve rien de particulier aux dits passages… Bref.

Comme vous pouvez le constater, cette édition du Livre de Poche nous offre trois textes de Victo Hugo, sur un seul et même sujet : la peine de mort. Le premier texte, et sans doute le plus connu, est Le Dernier jour d’un condamné. Vient ensuite Claude Gueux et enfin L’Affaire Tapner. Je peux même ajouter, un quatrième texte, avant les trois autres, appelé Une comédie à propos d’une tragédie qui n’est pas sans me rappeler le texte écrit par Molière – La Critique de l’Ecole des femmes – dans lequel il met en scène des personnages pour parler de sa célèbre pièce L’Ecole des femmes. Ici, Victor Hugo fait la même chose, il rassemble quelques figures stéréotypées (un chevalier, un philosophe, un poète,…) et leur donne la parole concernant Le Dernier jour d’un condamné.
La lecture commune n’était destinée qu’à la découverte du texte le plus célèbre, mais partie comme je l’étais, j’ai également lu les suivants ! Ces trois « récits » (je laisse de côté la mini-pièce d’ouverture citée plus haut) ne peuvent pas être considérés comme des romans à mon sens – bien que les deux premiers soient classés comme tels sur la page Wikipedia de Victor Hugo (mais Wikipedia, ça vaut ce que ça vaut). Comme il a fallu que je choisisse (pour mon classement en catégories), j’ai finalement opté pour « Nouvelle », au vu de la petite taille des textes : Le Dernier jour d’un condamné compte à peine une centaine de pages, Claude Gueux à peine 35 et L’Affaire Tapner un peu plus de 50. Voilà de quoi faire pour se faire une idée de l’engagement de l’auteur en ce qui concerne le sujet épineux qu’est la peine de mort.

Pour résumer un peu « l’intrigue » de ces trois textes, commençons par Le Dernier jour d’un condamné. Comme l’indique si bien le titre, il s’agit du récit du dernier jour d’un condamné. Nous ne savons rien de lui, si ce n’est qu’il est un homme, assez jeune et qu’il ne lui reste que quelques heures à vivre avant de quitter définitivement ce monde, c’est-à-dire sa petite fille – Marie -, sa femme malade et sa mère mourante. Le texte est à la première personne du singulier, donc nous voyons tous des yeux du narrateur, du condamné, de son procès aux dernières heures dans sa cellule avant la montée à l’échafaud, jusqu’au bourreau…
En ce qui concerne Claude Gueux, encore une fois, le titre nous renseigne assez bien sur le texte en lui-même qui sera le récit – à la troisième personne du singulier – de Claude Gueux, homme emprisonné pour vol, qui, une fois en prison, en vient à assassiner le directeur des lieux qui ne lui accordait pas une demande toute simple, par simple méchanceté.
Enfin, L’Affaire Tapner, séparé en trois « parties » (la première est un texte destiné aux habitants de la ville de Guernesey, écrit par Victor Hugo ; la seconde est une lettre destinée à lord Palmerston – secrétaire d’état de l’Intérieur en Angleterre – toujours par Victor Hugo ; et enfin, la dernière est assimilable à un extrait du journal de l’auteur, lors de son pèlerinage sur les lieux de l’exécution de Tapner) nous relate une dernière affaire de condamnation à mort, à travers le point de vue de Victor Hugo.

victorhugoLes trois textes et donc les trois exemples différents, se situent dans la première moitié du XIXème siècle dans des prisons de Paris pour les deux premiers récits et en Angleterre pour le dernier, mais leur sujet reste toujours d’actualité aujourd’hui, au début du XXIème siècle, bien que la peine de mort ait été abolie dans notre pays depuis plusieurs années (n’oubliez pas qu’elle est toujours d’actualité dans de nombreux pays, et notamment dans certains états des Etats-Unis…).
Le Dernier jour d’un condamné nous offre un texte qui ne relate que quelques heures (mais quelles heures !) de la vie d’un homme, alors que Claude Gueux s’attarde déjà un peu plus longtemps (sur quelques mois) sur le prisonnier et que L’Affaire Tapner, enfin, s’étend sur une année puisque Victor Hugo nous offre le récit de son pèlerinage sur les traces du condamné, plusieurs mois après sa mort. Le temps est un élément important pour le premier texte car il matérialise une urgence, une détresse qui rend la lecture plus prenante ; élément que l’on ne retrouve pas dans les deux textes suivants. La temporalité n’a d’ailleurs pas beaucoup d’intérêt dans ces derniers ; seul le message concernant la peine de mort importe.

Je dois avouer que la (re)lecture du Dernier jour d’un condamné se révèle être une petite déception pour moi. Je m’attendais à beaucoup d’émotions, à une lecture très prenante et émouvante, et ce ne fut pas réellement le cas. Bien sur, j’ai été happée (quoique légèrement) par le sort de ce condamné et par ces derniers mots, alors qu’il ne lui reste que quelques heures à vivre, mais ce fut très léger ; je n’ai eu aucune révélation ou coup de cœur littéraire.
En revanche, Claude Gueux m’a beaucoup plus emballée et j’ai été touchée par l’histoire de cet homme qui, à cause de la cruauté du directeur de la prison, en vient à assassiner ce dernier ; posant ainsi la question des circonstances dans la justice. Et si Claude Gueux avait eu affaire à un directeur de prison compréhensif, jamais il ne serait devenu un assassin, jamais il n’aurait fini sur l’échafaud… J’ai aimé la narration de Victor Hugo sur ce deuxième texte, car il s’attarde sur différents moments de l’histoire de cet homme à l’appétit démesuré, offrant ainsi un récit assez développé (ni trop peu, ni pas assez).
En ce qui concerne la dernière histoire, j’ai peiné à arriver au bout, bien que la troisième partie de l’Affaire Tapner (dédiée à une sorte d’extrait de journal de l’auteur) m’ait plus enchantée que les deux lettres précédentes (adressées respectivement aux habitants de la ville et à un secrétaire d’Angleterre) ; deux lettres un peu trop engagées. Je ne suis pas contre les textes engagés, loin de là, mais la présentation de ceux-ci, qui utilisent apostrophes sur apostrophes, a tendance à m’agacer au plus haut point ; sans compter que j’ai eu l’impression que Victor Hugo se répétait beaucoup, avançant toujours les mêmes arguments… Je ne garde d’ailleurs pas énormément de détails en tête…

Si je devais résumer en quelques mots mes impressions : il me semble que la lecture du Dernier jour d’un condamné soit une lecture intéressante qui devrait passer entre les mains de chacun, non seulement pour la temporalité particulière du récit, mais surtout pour le message transmis ; Claude Gueux est un cas également très intéressant qui mérite qu’on s’y attache un petit moment (et qui a même ma préférence !), car le message offert ici par Victor Hugo me semble encore plus clair que dans le texte précédent et plus facilement « assimilable ». Enfin, je dirais que le dernier texte – L’Affaire Tapner – ne mérite pas tellement qu’on s’y attarde (le texte est d’ailleurs assez peu connu) ; c’est certes plus ou moins intéressant, mais ça n’apporte pas grand chose de plus et l’engagement de Victor Hugo qui transparaît beaucoup ici, est plus lourd à « digérer »…

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