Chroniques des Enchanteurs, Tome 1 : 16 lunes de Kami GARCIA et Margaret STOHL

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Chroniques des Enchanteurs, 
Tome 1 : 16 lunes

de Kami GARCIA
et Margaret STOHL
Hachette Jeunesse,
2010, p. 635

Première Publication : 2010

Pour l’acheter : Chroniques de Enchanteurs, Tome 1

Originaire du Sud des États-Unis, très superstitieuse, Kami Garcia est professeur et lectrice. Titulaire d’un MA en pédagogie, elle a étudié à la George Washington University. Elle dirige des groupes de lecture pour les enfants et les adolescents et vit aujourd’hui à Los Angeles, avec sa famille.

Margaret Stohl écrit depuis l’âge de quinze ans. C’est son passage à Amherst et à Yale qui l’a fait tomber amoureuse de la littérature américaine. AStanford, elle a obtenu un MA en littérature anglaise, puis a étudié l’écriture à l’Université d’East Anglia, à Norwich, sous l’égide du poète George McBeth. Comme Kami Garcia, elle vit aujourd’hui à Los Angeles.

♣ ♣ ♣

J’ai longtemps rêvé de cette fille. Elle apparaissait dans un cauchemar où, malgré tous mes efforts, elle tombait sans que je puisse la sauver. Je me savais lié à elle d’une façon particulière. Et puis un jour, elle est arrivée en chair et en os au lycée de Gatlin, notre petite bourgade du Sud des Etats-Unis. Elle était belle et mystérieuse.
Si j’avais su qu’en même temps que cette fille surgirait aussi une malédiction… J’étais éperdument amoureux, mais cet amour était perdu d’avance.

J’avais eu connaissance de la sortie de cette nouvelle série, il y a de longs mois déjà, et voilà également plusieurs semaines que je voyais ce premier tome dans les librairies que je visite. Cependant, je n’arrivais pas à me décider à franchir le pas, attendant d’abord des échos dans la sphère littéraire. Oui mais voilà, c’était sans compter sur le partenariat proposé par Hachette Jeunesse grâce à Livraddict ; pourquoi ne pas tenter cette lecture ? Et j’ai bien fait de me laisser aller, car, même si ce n’est pas un coup de cœur absolu, j’ai passé un très bon moment en compagnie du narrateur et j’attends la suite très impatiemment !

kami garciaJ’aimerais, pour commencer, dire quelques mots sur l’objet en lui-même. Je savais qu’il s’agissait d’un premier tome assez conséquent, mais je ne m’attendais pas du tout à ce petit pavé de 634 pages, très vite avalées, rassurez-vous ! En ce qui concerne l’illustration de couverture, j’avoue être assez sceptique. Bien que le vert et le noir restent mes couleurs « fétiches », et que les formes curvilignes aient ma préférence, je ne suis pas totalement emballée par cette image qui n’est pas sans rappeler les couvertures de la saga Twilight (elle aussi publiée chez Hachette Jeunesse). En revanche, j’aime beaucoup la calligraphie choisie pour 16 lunes ; et, à l’intérieur de l‘ouvrage, les petites décorations entourant chaque titre de chapitres, ainsi que les croissants de lune et formes curvilignes marquant chaque page. C’est original sans en faire trop, et c’est très agréable !

Venons-en maintenant à l’histoire en elle-même. Je n’avais qu’une peur en débutant cet ouvrage, c’est trouver des similitudes avec Twilight de Stephenie Meyer. Alors, oui, il faut avouer qu’il y en a certaines comme il y a énormément de clichés propres aux évènements se déroulant dans un lycée américain ; mais dans l’ensemble, ça ne m’a pas gêné outre mesure. J’ai plus été agacée par les adolescents typiquement américains décrits par les deux auteurs (les cheerleaders en mini-jupe, sans cervelle, blondes, maquillées à outrance et ne jurant que par leur portable tenant à peine dans leur mini sac à main ; et les joueurs de basket supers stars) que par les parallèles possibles avec l’histoire de Bella et Edward.
Certes, il s’agit une nouvelle fois d’une histoire d’amour « impossible » entre deux êtres qui n’appartiennent pas au même monde, et même si les statuts d’humain/créature ne sont pas distribués de la même façon (ici, c’est Lena, la jeune fille, qui n’est pas tout à fait humaine), on ne peut s’empêcher de faire le lien. Mais, en grande fleur bleue que je suis, je ne vois pas pourquoi je me serais abstenue de lire une nouvelle histoire du genre. Par contre, je trouve le dénouement un peu confus (la scène de la « bataille » notamment) et un peu rapide ; mais c’est malheureusement souvent le cas…

Ethan a seize ans. Il vit dans une petite bourgade américaine du nom de Gatlin, avec son père écrivain et Amma, sa gouvernante. Sa mère est morte dans un accident quelques mois plus tôt, laissant la famille désemparée et perdue. Du haut de son mètre quatre-vingt dix, Ethan rêve de quitter la ville et de voyager, mais, ne le pouvant pas encore, il se contente de lire ; cachant bien cette activité « illicite » à ses camarades membres de l’équipe de basket et aux cheerleaders aux langues de vipère. Il n’appréhende pas son année en seconde, sachant pertinemment que ces quelques mois se dérouleront comme ils le font toujours, sans aucune surprise… mais, en ce jour de rentrée, voilà qu’une nouvelle fait son apparition.
Lena est jolie, mais elle a fait l’erreur d’être née dans la famille Ravenwood, famille détestée par l’ensemble de la ville. Et voilà qu’Ethan se rend compte qu’un lien particulier existe entre eux et que la jeune adolescente pourrait bien être la jeune fille qui hante ses cauchemars depuis plusieurs semaines… Mais, qui est-elle avec son collier bizarre, ces chiffres marqués sur les mains et ses grands yeux verts pétillants ? Ethan découvre bien vite qu’elle n’a rien d’une mortelle ordinaire, et qu’elle cache un passé et un futur bien loin de la tranquillité de la petite bourgade…

Comme le laisse suggérer ce résumé, l’histoire qui fait office de journal, est racontée exclusivement du point de vue du jeune Ethan, narrateur à la première personne du singulier ; exceptées quelques pages en fin de récit, pour lesquelles Lena prend la parole. Avec 16 lunes, Kami Garcia et Margaret Stohl, en plus d’une histoire à quatre mains, nous offrent le journal d’un jeune adolescent, chose peu courante dans la littérature de ces dernières années. Ainsi, suivre les aventures d’Ethan, à travers quelques dizaines de chapitres courts, a quelque chose d’exotique et de particulièrement attirant. De plus, et j’ai particulièrement apprécié ce point là, l’adolescent a un sens de l’humour assez développé et fait parfois preuve d’une ironie légère ; c’est rafraîchissant.
En revanche, comme il s’agit du journal d’un adolescent, certaines répliques se rapprochent dangereusement d’un langage très familier qui a parfois eu tendance à m’agacer (notamment pour les répliques de Link, le meilleur ami du héros) ; alors, est-ce du à la traduction française ou est-ce voulu dans le texte original ; quelqu’un pourra peut-être me renseigner sur ce dernier ? Comme il s’agit d’un récit à la première personne du singulier, on se sent rapidement happé par l’action et les évènements ; et, comme, en plus, le récit est offert par un adolescent, la lecture est très simple et très rapide ; aucune difficulté notable.

margaret stohlJ’ai particulièrement aimé le contexte offert par les aventures d’Ethan, puisqu’il entraîne des informations d’ordre historique, et c’est très intéressant. En effet, bien que l’action se déroule principalement au XXIème siècle (quelques visions conduisent les héros dans le passé) dans une petite bourgade américaine, les traditions ont gardé toute leur importance (les reconstitutions historiques sont monnaie courante à Gatlin). On évolue donc dans un univers très fermé et particulièrement intolérant où seuls comptent le passé et ses coutumes et évidemment, dans lequel tout ce qui est étranger est mauvais, et donc, à détruire ! J’ai du mal à imaginer qu’une telle conception existe encore de nos jours dans un pays aussi « civilisé » que les Etats-Unis, mais, malheureusement, cela semble plus que fréquent ! Ainsi, grâce à cette atmosphère particulièrement opprimante et hostile, les aventures d’Ethan prennent une autre dimension et on ressent plus facilement l’urgence de la situation.
On suit donc avec hantise, l’évolution de la relation des deux adolescents – exclus par tous – pendant quelques mois – du 2 septembre au 12 février (les dates sont mentionnées à chaque début de chapitre, près du titre de celui-ci ; n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’un journal) – et on espère un dénouement heureux lors de l’anniversaire de Lena (ses 16 ans, qui revêtent une importance toute particulière dans sa famille). Enfin, sachez que la ville de Gatlin cache bien des secrets, et, qu’à la manière des histoires classées en bit-lit – et qui ont beaucoup de succès ces derniers temps -, deux mondes parallèles cohabitent dans ce lieu et parfois, s’entremêlent…

J’ai également beaucoup apprécié le développement des différentes personnalités, et pas seulement celles des deux héros. En effet, les personnages secondaires sont plutôt bien traités et ont su me charmer : Amma (la gouvernante mystérieuse d’Ethan), Macon (l’oncle encore plus mystérieux de Lena), Marian (la bibliothécaire très particulière de la ville, ancienne meilleure amie de la mère d’Ethan),… Les personnages sont nombreux et possèdent tous un petit quelque chose qui leur est propre.
Bon, il est vrai que certains sont très « manichéens » et particulièrement « inintéressants » (les cheerleaders, par exemple), mais d’autres ont plus à nous offrir et nous rappellent que chaque être a une part d’ombre et de lumière en lui. Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc. Tout n’est pas « Ténèbres », tout n’est pas « Lumière ». Car, outre cette histoire d’amour, les deux auteures apportent surtout le thème de l’identité et de sa quête, lors de l’adolescence. Vais-je choisir le Bien, le Mal ? Qui suis-je ? Qui sont mes parents et ma famille ? A quoi suis-je destinée ? 

Et, si je pense que je n’ai pas eu un coup de cœur absolu pour ce premier tome (pas loin, quand même), c’est parce que ces questions ne me touchent plus autant qu’elles auraient pu le faire si j’avais lu ce livre au même âge que les héros, c’est-à-dire, vers 16 ans.

 

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