Le Blé en herbe de COLETTE

bleenherbe
Le Blé en herbe

de COLETTE
GF Flammarion,

1964, p. 188

Première Publication : 1923

Pour l’acheter : Le blé en herbe

Sidonie Gabrielle Colette (28 janvier 1873 – 3 août 1954), dite Colette, est une romancière française, élue membre de l’Académie Goncourt en 1945.

Ce livre a été écrit lors de vacances de l’écrivain dans sa propriété de Roz-Ven à Saint-Coulomb, entre Saint-Malo et Cancale.

Chéri
La Fin de Chéri

Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.
Avec délicatesse, Colette excelle à évoquer l’éveil de la sensualité, la douloureuse initiation à l’amour et à la vie.

J’ai découvert Colette il y a quelques mois maintenant, grâce à Chéri et à La Fin de Chéri, deux petits romans que j’ai dévorés et adorés. Alors que je feuilletais le guide des 100 romans incontournables l’autre jour, j’ai découvert que l’auteur y avait inclus Le Blé en herbe. En allant à la librairie, sans idée précise, je suis justement tombée sur ce titre, d’occasion. Il n’en a pas fallu plus pour que je me décide à l’acheter et à le lire. Et, même si, à mon goût, ce court récit n’est pas à la hauteur de l’histoire de Chéri, il n’en reste pas moins un très joli témoignage des amours adolescentes.

Phil (diminutif de Philippe) a 16 ans et demi et, comme chaque été depuis son enfance, il passe ses vacances en compagnie de ses parents et de la famille de Vinca, sa meilleur amie de 15 ans. Les liens qui les unissent sont très intenses ; ils sont amis, ils sont frère et sœur. Mais voilà, cette année, sur une des plages de Bretagne, les deux adolescents se rendent compte qu’il y a peut-être plus que de l’amitié et de l’amour fraternel entre eux. Philippe regarde Vinca différemment et ne voit plus en elle, que la simple petite fille qui lui était coutumière. Cependant, leur relation privilégiée et « secrète », se trouve ébranlée lorsque Phil fait la rencontre d’une femme mystérieuse, la « Dame en blanc ». Avec cette femme d’une trentaine d’années pour laquelle il éprouve une attirance/répulsion physique, l’adolescent met en péril la relation particulière qu’il entretient avec sa jeune amie ; et se retrouve à faire le mur chaque nuit pour rejoindre, en secret, la « Dame en blanc » dans sa villa étouffée sous des parfums d’encens. La bulle d’innocence construite par les deux jeunes adolescents a été violée ; qu’adviendra-t-il d’eux et de leur amour, dorénavant ?

Malgré la brièveté du roman (moins de 180 pages), les sentiments décrits par Colette sont travaillés et intenses. J’ai aimé retrouver cet aspect que j’avais déjà pu apprécier avec l’histoire de Chéri, et plus encore, c’est la poésie des mots et des phrases de l’auteure, qui m’a conquise. En effet, sur ces quelques pages, Colette s’attache à décrire de nombreuses choses, que ce soit le ciel de Bretagne, les yeux couleur pervenche de Vinca ou encore le parfum étouffant de la villa de la « Dame en blanc ». La plupart des sens sont ainsi appelés, et surtout celui de la vue ; puisque les couleurs, leur symbolique et l’aspect des choses revêtent une importance toute particulière dans l’histoire. Certaines métaphores – bien que parfois, pour certaines, assez « obscures » – m’ont enchantée et m’ont transportée dans un monde à part, dans des émotions intenses. Je comprends maintenant pourquoi René Barjavel a écrit une « étude » sur Colette (Colette à la recherche de l’amour, texte que je ne suis pas encore parvenue à trouver), auteure qu’il admirait, apparemment ; et je m’aperçois de certaines similitudes entre leurs deux plumes. Colette n’a donc pas fini d’envahir les étagères de ma bibliothèque, et j’ai déjà commencé à acheter la collection des Claudine ! Ajoutons également que les chapitres n’excèdent pas la dizaine de pages (sauf un, l’avant-dernier, qui en compte une quarantaine), ce qui, en plus d’une plume fluide, permet une lecture très simple et rapide.

ColetteLes évènements et les sentiments décrits grandissent en quelques semaines seulement, pendant les vacances d’été, sur les plages bretonne. Le départ des familles des deux adolescents, aux alentours du 25 septembre (il faut croire que les vacances d’été étaient décalées, à l’époque), signe la fin de cet épisode, et un nouveau départ dans la relation des deux adolescents. Je pense que l’histoire se situe dans les années 20 (en tout cas, le texte a été écrit et publié durant ces années) ; mais elle possède un caractère totalement intemporel. En effet, les sentiments couchés sur papier par Colette, pourraient être ceux ressentis par n’importe quel adolescent, qu’il soit né en 1920 ou en 2010 ; et qu’il vive en Bretagne, en Auvergne, à New-York (ou n’importe où !). Cette caractéristique du texte permet au récit de Colette de rester dans les mémoires et c’est sans doute pour cela qu’il est encore lu et est cité dans un guide des romans incontournables !

Je pense que j’aurais encore plus apprécié cette lecture si je l’avais entreprise au moment de mes premiers émois amoureux, et pourquoi pas, lors de vacances d’été. Cependant, même si quelques années me séparent de ces évènements, j’ai tout de même été sensible aux émotions ressenties par les adolescents et offertes aux lecteurs. Je regrette cependant que la majorité du récit suive les troubles et pensées de Phil lors de sa découverte des sentiments et de l’amour physique avec la « Dame en blanc », mettant ainsi un peu de côté l’évolution des sentiments de Vinca. Bien que le point de vue adopté par Colette ne soit pas exclusivement celui du jeune garçon (car on entre tout de même parfois dans les pensées de la jeune fille quand certaines scènes les mettent face à face), il reste tout de même le point de vue le plus présent ; et c’est dommage.

Malgré ces quelques points « négatifs », je peux dire que j’ai aimé ce récit dédié au devenir d’un amour d’adolescents pendant les vacances d’été ; et il me tarde de continuer ma découverte de Colette, grâce à d’autres textes qui attendent patiemment dans ma bibliothèque.

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