Les Enchantements d'Ambremer, Tome 1 de Pierre PEVEL

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Les Enchantements d’Ambremer,

Tome 1
de Pierre PEVEL
Le Livre de Poche,
2007, p. 351

Première Publication : 2004

Pour l’acheter : Les Enchantements d’Ambremer

Pierre Pevel est un écrivain français de fantasy et de science-fiction. Né en 1968, il est d’abord scénariste et auteur de jeux de rôle, et ne vient qu’ensuite à l’écriture. Il a écrit plusieurs romans de fantasy sous le pseudonyme de Pierre Jacq, puis signe ses livres suivants de son vrai nom. Il se fait connaître par sa trilogie des Ombres de Wieldstadt, publiée en 2001, qui lui vaut en 2002 un Grand Prix de l’Imaginaire. Pierre Pevel vit actuellement à Nancy.

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Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer.
Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d’enquêter sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers : un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien…

Matilda a souvent vanté les mérites des livres de Pierre Pevel sur son blog, mais, ne le connaissant absolument pas et n’ayant pas particulièrement l’occasion de lire cet auteur, j’avais un peu mis son nom de côté jusqu’au partenariat proposé par Livraddict avec le Livre de Poche. Comment passer à côté de ce titre ? Je remercie Matilda d’avoir cité Pierre Pevel à plusieurs reprises dans son petit chez elle et je remercie Livraddict et le Livre de Poche pour cette magnifique découverte. Les points négatifs de cette lecture sont bien minces face aux points positifs qui l’emportent haut la main ! Il me tarde de lire la suite de l’aventure (il y a apparemment un second tome) et j’espère très prochainement trouver d’autres ouvrages de ce Monsieur Pevel.

La première chose qui m’a plu dans cette histoire, c’est le contexte. En effet, les évènements prennent place à Paris, au début du XXème siècle, en 1909 pour être précise. L’action se déroule sur quelques jours seulement, mais les informations sont tellement denses dans ce premier volume qu’il n’était pas nécessaire de faire évoluer les personnages plus longtemps. J’ai aimé les évocations régulières aux tailles corsetées des dames, aux allures de dandy des messieurs, aux domestiques s’occupant des grandes maisons bourgeoises parisiennes et aux premiers « pétaradements » des nouvelles voitures… Le ton est donné dès les premières pages et très rapidement, en quelques minutes seulement, le lecteur est projeté dans la capitale, en ce début de XXème siècle.
Cependant, ce monde n’est pas le seul décrit par l’auteur, car chez Pierre Pevel, Paris côtoie un monde parallèle, celui d’OutreMonde et sa capitale Ambremer, monde de la magie où vivent les fées, les gnomes et autres créatures fantastiques. Alors que le pays féérique est resté « inviolé », le pays des humains est « envahi » par de nombreuses espèces magiques, et chacun tente de cohabiter avec son voisin. Ainsi, les mages, bien que peu nombreux, sont tout de même en nombre suffisant dans la capitale pour se rassembler en « cercles » qui organisent des réunions de gentlemen magiciens.

C’est donc dans cet univers bien particulier que naît notre histoire ; et quelle histoire ! Les premières pages s’attardent sur la fuite de Isabel de Saint-Gil, belle jeune femme qui tente d’échapper à la police russe alors qu’elle est à bord d’un train… Dans les chapitres suivants, l’auteur laisse cette mystérieuse femme de côté pour suivre la progression de Louis Denizart Hippolyte Griffont (communément appelé Griffont) – mage gentleman – qui, en voulant rendre service, découvre l’existence d’un trafic d’objets enchantés. Parallèlement, il se rend à la bibliothèque d’Ambremer pour emprunter un livre particulier que lui a demandé une de ses amies – Cécile de Brescieux. L’emprunt de cet ouvrage attire sur lui l’attention des dirigeants d’Ambremer et ne tarde pas à lui causer des ennuis ! Bientôt, Isabel de Saint-Gil et Griffont se trouvent réunis (à nouveau, car ils se connaissent de longue date…) pour enquêter sur une affaire bien plus grave qu’un simple trafic ; une affaire qui laisse derrière elle beaucoup de cadavres, qui promet de nombreuses courses-poursuites à travers la capitale, et surtout, beaucoup d’ennuis !
L’histoire est haletante et l’enquête habilement menée tout au long des 350 pages. Cependant, et s’il doit bien y avoir un petit point négatif à cette lecture, c’est bien celui-ci, le dénouement tombe très rapidement et presque trop « facilement ». Après plus de 330 pages de recherches et d’enquête, toutes les réponses sont apportées et la bataille finale n’occupe pas plus d’une dizaine de pages. Heureusement, les dernières phrases du récit incitent à penser qu’une suite est prévue (et effectivement, elle existe bien : L’Elixir d’oubli) et ne nous laissent donc pas complètement désemparée par cette fin abrupte.

pierre pevelPour appuyer cette histoire haletante, Pierre Pevel nous propose de nombreux personnages hauts en couleur, personnages qui ont en grande partie participé à mon coup de cœur pour ce livre. Les protagonistes sont nombreux et ont tous, plus ou moins, une riche personnalité. C’est une population très dense que nous offre là l’auteur, et, parfois, au fil du récit, si le lecteur n’a pas été assez attentif au nom d’un personnage, il se peut qu’il se sente un peu perdu et peine à replacer ce nom sur un visage (ou sur une créature).
On peut tout de même citer et retenir quelques-uns des principaux protagonistes, le premier et le plus important étant sans doute celui qui fait figure de héros : Louis Denizart Hippolyte Griffont dit Griffont, tout court. Le narrateur suit les aventures de plusieurs personnages, mais il s’attache davantage à ce mage qui est au cœur de toute l’enquête. Sans véritable âge (sans doute plusieurs centaines d’années), Griffont se révèle être une figure attachante, un peu comme un grand-père dandy, avec ses caprices et son air bougon. J’ai particulièrement aimé ses joutes verbales avec Azincourt – le chat-ailé intelligent, qui a élu domicile chez lui – ces dialogues sont très amusants et rafraîchissants. Face à Griffont, on retrouve une figure féminine qui, si elle ne possède pas le premier rôle, n’est vraiment pas très loin derrière ; il s’agit de la baronneIsabel de Saint-Gil (aussi connue sous le nom d’Aurelia). Pleine de mystères, la jeune femme rousse se révèle être une agile cambrioleuse au caractère bien trempé ! Avec ses deux comparses, Lucien Labricole – gnome d’1m50 – et Auguste – jeune homme bien plus intelligent qu’il n’y paraît –, elle parvient à échapper à de nombreux poursuivants, pas toujours humains… Ces trois derniers personnages sont ceux représentés sur l’illustration de couverture – très jolie, au passage – si je ne me trompe pas.
Outre ces figures, l’univers créé par Pierre Pevel fourmille de personnages secondaires tout aussi intéressants, bien que la plupart du temps moins développés. Citons notamment Maupuis, le serviteur aux cheveux longs  et habillé en noir de la Reine noire ; Cécile de Brescieux, jeune magicienne rebelle du cercle de l’Incarnat ; Méliane, la reine des fées gouvernant Ambremer, le conservateur de la bibliothèque du pays des fées qui se révèle être un dragon sous forme plus ou moins humaine (il garde les yeux d’un reptile) ; Farroux, le policier humain chargé de l’enquête ; et tous les autres, que le lecteur croise plus ou moins souvent… L’univers est vraiment très très dense, avec une Histoire particulière (une « mythologie » concernant les deux reines, notamment) et tous les personnages cités auparavant tiennent un rôle plus ou moins importants… Je ne peux pas tout dire, car cela enlèverait beaucoup de magie à ceux qui veulent lire cet ouvrage ; et je ne peux que vous conseiller cette lecture !

J’aimerais finir mon billet élogieux avec quelques mots concernant la forme des Enchantements d’Ambremer. La plupart des chapitres de cette enquête, dans un monde où la fantasy côtoie le commun des mortels, n’excèdent pas la quinzaine de pages ce qui pousse à la consommation, à mon goût. J’aime les petits chapitres, car je suis alors poussée à lire le suivant, puis le suivant, puis… sans pouvoir jamais m’arrêter ! Les pages défilent ainsi à une vitesse alarmante et le lecteur pose l’ouvrage après avoir dévoré 150 pages sans s’en être rendu compte…
L’autre point positif du côté de la forme réside dans le style même de Pierre Pevel puisqu’il s’agit de sa narration à la troisième personne du singulier. Certes, ce « il » ou ce « elle » ne permet pas un attachement aussi facile qu’avec un texte à la première personne du singulier ; mais il a l’avantage de permettre au narrateur d’être omniscient. Le lecteur suit ainsi plusieurs personnages indistinctement et il sait tout sur tout (enfin, pas tout non plus, sinon l’enquête n’aurait plus lieu d’être bien sûr…). De plus, l’auteur fait preuve d’un certain humour qui me plaît beaucoup, notamment dans certains dialogues ; c’est très agréable à lire.

Un contexte particulièrement attirant : Paris au début du XXème siècle avec un monde parallèle féérique. Un univers extrêmement riche, notamment au niveau des différents protagonistes. Deux personnages principaux attachants (Griffont et Isabel) et agréables à suivre dans leurs aventures. Une enquête bien menée. Des chapitres très courts au service d’une plume amusante et qui fait mouche ! Une fin légèrement précipitée et trop simple, mais la promesse d’une suite atténue un peu la déception. Parfois quelques difficultés à replacer un nom sur une figure, car celles-ci sont très nombreuses ; il faut donc être attentif ! 

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