La Mort à Venise de Thomas MANN

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La Mort à Venise

de Thomas MANN
(Challenge ABC 2009)
Le Livre de Poche

1993, p. 189

Première Publication : 1912

Pour l’acheter : La Mort à Venise

Thomas Mann, né le 6 juin 1875 et décédé le 12 août 1955, est un écrivain allemand, lauréat du prix Nobel de littérature en 1929. Il est l’une des figures les plus éminentes de la littérature européenne de la première moitié du XXe siècle et est considéré comme un grand écrivain moderne de la décadence. Rompant peu à peu avec les formes littéraires traditionnelles, ses ouvrages comprenant romans, nouvelles et essais, font appel au domaine des sciences humaines, de l’histoire, de la philosophie, de la politique et de l’analyse littéraire pour produire une image du siècle et de ses bouleversements. Son œuvre, centrée sur l’étude des rapports entre l’individu et la société, oppose généralement la spiritualité, la rigueur du travail intellectuel et le culte de l’action.

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La Mort à Venise est le récit de la passion folle et fatale qui saisit un écrivain d’âge mûr à l’apparition d’un gracieux adolescent d’une extraordinaire beauté.
Dans Tristan, le dilemme qui s’offre à l’héroïne est de tenter de vivre en étouffant ses dons d’artiste ou « mourir de musique ».
La fin de Lobgott Piepsam dans Le Chemin du cimetière prouve que la vie est dure aux faibles, mais que la mort vaut mieux que la débâcle d’une constante lâcheté.
C’est peut-être dans ses nouvelles que Thomas Mann, le plus célèbre écrivain allemand de ce siècle, a mis le meilleur de sa verve ironique et de sa sensibilité musicale, de son émotion discrète et dominée, qui se drape volontiers d’un sarcasme.

En prenant ce petit livre, je n’étais pas du tout motivée, mais comme il fait partie de mon Challenge ABC 2009, je me suis forcée.
Tout ce que je savais de cet ouvrage, c’est qu’il relatait l’amour d’un écrivain d’âge mûr pour un jeune adolescent. Autant dire, un sujet qui ne m’intéresse pas vraiment…

thomasmannPremière surprise en ouvrant l’objet (et oui, je ne pense jamais à lire la quatrième de couverture… -_-) ; il n’y a pas une, mais trois nouvelles : La Mort à Venise (une centaine de pages), ensuite Tristan (une cinquantaine de pages) et enfin, Le Chemin du cimetière (à peine une dizaine de pages). Après petite réflexion, je pense que la nouvelle que j’ai le plus appréciée est la seconde : Tristan. Les deux premiers textes sont assez proches l’un de l’autre dans le fond, car ils font tous les deux intervenir des artistes. En effet, dans La Mort à Venise, c’est un écrivain d’âge mûr qui sacrifie sa vie au service du Beau. Dans Tristan, un autre écrivain rencontre une jeune femme mourante. Celle-ci cache en elle l’âme pure d’une musicienne, et se laisse aller à sa passion première, quelles qu’en soient les conséquences… Bien que proches l’une de l’autre par le fond, ces deux nouvelles se différencient par la forme. Alors que la première n’offre majoritairement que des descriptions et les pensées de l’artiste ; la seconde se penche un peu plus sur le dialogue, ce qui la rend plus vivante, plus « percutante » et sans doute plus agréable à parcourir ! En ce qui concerne la troisième nouvelle – Le Chemin du cimetière -, elle aurait, à mon goût, gagné à être plus développée, car la personnalité  et le destin du héros ne sont abordés que sur une dizaine de pages…

Le point commun des trois écrits de Thomas Mann réside dans une certaine mélancolie et dans le choix de ses protagonistes face à la mort. Celle-ci fait partie intégrante des trois nouvelles, comme l’annoncent les trois titres : le mot « mort » (cité dans le premier), le nom « Tristan » (qui par son étymologie laisse présager la tristesse, mais rappelle surtout la tragédie de Tristan et Iseut), et enfin, le mot « cimetière » allié au mot « chemin », dans le troisième titre (autrement dit, une métaphore pour la mort). Et cette mort est amenée, chaque fois, d’une façon assez abrupte, même si on la sent rôder autour des personnages depuis de nombreuses pages…

Des idées et des thèmes communs pour ces trois titres, mais à chaque fois, un contexte différent qui rend ces histoires plus ou moins intéressantes. Comme le laisse présager le titre de la première nouvelle – La Mort à Venise -, l’histoire se déroule principalement dans un hôtel à Venise, sur plusieurs semaines. Les évènements de Tristan prennent place plusieurs jours durant, à « Einfried », dans un établissement qui accueille des malades plus ou moins atteints. Enfin, Le Chemin du cimetière comme le titre l’indique parfaitement, se déroule sur le chemin d’un cimetière, et les évènements décrits sur une dizaine de pages, ne durent que quelques minutes.

Malgré mes réticences premières, je me suis surprise à prendre plaisir à cette lecture. J’ai découvert que Thomas Mann possédait une plume douce et parfois poétique (bien que je n’ai pas senti l’ironie et le sarcasme cités par l’éditeur, dans la quatrième de couverture…) ; et malgré l’emploi de la troisième personne du singulier (et non de la première), ses différents personnages et leur destin respectif, m’ont touchée. Je ne regrette pas du tout cette découverte et serais même tentée de lire d’autres textes de cet auteur !

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