Lolita de Vladimir NABOKOV

Lolitanabokov
Lolita

de Vladimir NABOKOV
(Challenge ABC 2009)
Le Livre de Poche,

1963, p. 499

Première Publication : 1955

Pour l’acheter : Lolita

Vladimir Nabokov, né en 1899 et mort en 1977, est le descendant d’une vieille famille russe émigrée en Europe occidentale en 1919. Ancien élève de l’Université de Cambridge. Il s’installe en Amérique en 1940, et publie en anglais des essais de critique littéraire et plusieurs romans. Il a été professeur de littérature russe à l’Université Cornell aux Etats-Unis.

♣ ♣

Avant d’être jugé pour meurtre, Humbert nous conte son amour pour une fillette de douze ans. Avec tendresse et passion le narrateur nous décrit Lolita, archétype de la « nymphette » : démoniaque, perverse, et en même temps avide par-dessus tout d’icecreams et de magazines.
Au terme d’un périple à travers une Amérique étrange, inconnue, au cours duquel Humbert connaît la douleur de se savoir peu aimé, il se retrouve seul, Lolita l’ayant abandonné pour une médiocre doublure de lui-même.

Voilà plusieurs mois que j’avais envie de lire ce roman, mais je n’osais pas me lancer, de peur d’être déçue et de ne pas apprécier cette oeuvre à sa juste valeur. Et puis, il y a un jour où il faut se lancer, qu’on se sente prêt ou non ; ce que j’ai finalement fait il y a une semaine environ. J’ai attrapé le poche volumineux et en mauvais état, dans ma bibliothèque, je me suis assise confortablement et j’ai serré les dents en parcourant la première page, m’attendant à une lecture indigeste. Peut-on être stupide parfois !

Sans m’en rendre compte, j’ai avalé les cinquante premières pages, puis les suivantes, profitant même des quelques minutes de transport en commun quotidien pour continuer cette lecture, coûte que coûte, pour enfin apprendre ce qu’il advient de Lolita et surtout de Humbert.
Beaucoup peuvent hésiter à entamer cette lecture, du fait de son sujet, et je les comprends, j’ai longuement hésité moi aussi. Mais très rapidement, on oublie le côté scandaleux de cette histoire pour ne plus voir que l’amour incommensurable que porte le narrateur à Lolita. J’aimerais recopier ici quelques lignes, pour que vous puissiez vous rendre compte vous-mêmes de l’intensité de cet amour. Les premières lignes, immensément célèbres : « LOLITA, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li. Ta. Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais dans mes bras, c’était toujours Lolita. » Et les dernières lignes qui résument le pourquoi de ce livre, écrit en prison par Humbert : « Ainsi subsistent les aurochs et les anges, tel est le secret des pigments immuables, tels sont les sonnets prophétiques, tel est le refuge de l’art. Et c’est la seule immortalité que je puisse partager avec toi, ô ma Lolita. »

nabokovvladimirOutre le sujet qui a défrayé la chronique, c’est également le style si particulier de Vladimir Nabokov que je retiendrai. En effet, il nous offre ici un texte à la première personne du singulier. Le narrateur, Humbert, homme quadragénaire au début de l’histoire, finit malgré tout par nous émouvoir malgré son statut de pédophile. Humbert, dans son texte, ne cache pas ses penchants, il est toujours sincère et s’adresse plusieurs fois à ses lecteurs, s’excusant à plusieurs reprises pour tel ou tel élément. Rien ne nous est caché, et pourtant, tout est suggéré. En effet, les relations physiques entre l’homme d’âge mûr et la fillette ont bien lieu, mais les descriptions offertes par le narrateur sont cryptées, et presque « poétisées » (oui, j’utilise un superbe néologisme, car je ne trouve pas d’autres mots pour faire passer mon idée. Si ça se trouve, il existe ce terme, non ?).

Bref. Ce roman, divisé en deux parties (j’ai globalement préféré la première à la deuxième, celle-ci possédant quelques longueurs, notamment au milieu), nous offre les souvenirs, les pensées et les états d’âme du narrateur, de sa première relation « amoureuse » inachevée lorsqu’il avait treize ans, au meurtre de C. Q., des années plus tard. On part avec l’idée que Humbert est un pervers sexuel, un monstre ; et au fil des pages, on est touchés par sa détresse, par ce besoin, par cette passion qu’il éprouve pour Lolita. C’est peut-être l’histoire d’une relation entre un homme de 40 ans et une fillette « impubère », mais c’est surtout l’histoire d’un amour infini qu’un homme éprouve pour une femme, si jeune soit elle…

Maintenant, j’ai très envie de découvrir les deux adaptations cinématographiques qui ont été réalisées. Les avez-vous vues ? M’en conseillez-vous une plus que l’autre ?

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