Les Combustibles de Amélie NOTHOMB

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Les Combustibles

de Amélie NOTHOMB
Le Livre de Poche,
1997, p. 89

Première Publication : 1994

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Amélie Nothomb née Fabienne Claire Nothomb le 9 juillet 1966 à EtterbeekBruxelles, est une écrivaine belge francophone. Elle partage sa vie entre la France et la Belgique, et une partie d’elle reste tournée vers le Japon.

♣ Cosmétique de l’ennemi 

♣ ♣ ♣

La ville est assiégée. Dans l’appartement du Professeur, où se sont réfugiés son assistant et Marina, l’étudiante, un seul combustible permet de lutter contre le froid : les livres…
Tout le monde a répondu une fois dans sa vie à la question : quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? Dans ce huit clos cerné par les bombes et les tirs des snipers, l’étincelante romancière du Sabotage amoureux pose à ses personnages une question autrement perverse : quel livre, quelle phrase de quel livre vaut qu’on lui sacrifie un instant, un seul instant de chaleur physique ?
Humour, ironie et désespoir s’entretissent subtilement dans cette parabole aux résonances singulièrement actuelles.

J’ai commencé ma découverte d’Amélie Nothomb avec Biographie de la faim qui m’avait laissée pantoise, déstabilisée et peu encline à poursuivre mon exploration des écrits de cette auteure. Et puis, en février dernier, une amie m’a convaincue de lire Attentat. Je me suis laissée tenter par la proposition et ne regrette pas, Amélie Nothomb est alors remontée dans mon estime. Avec ce troisième ouvrage, j’étais assez « angoissée ». Soit je retrouvais ma déception de Biographie de la faim et renonçais alors à la poursuite de la découverte de cette auteure, soit je tombais sur une bonne surprise. Et ce fut le cas !

nothombamelieLes Combustibles, sorte de pièce de théâtre / réflexion sur la valeur des livres, m’a beaucoup plu. Ce n’est pas tant la forme théâtrale qui m’a charmée, car je n’en raffole pas et trouve toujours cela trop court (même pas une centaine de pages ici), mais plutôt les réflexions qui découlent de la question « Quel livre, quelle phrase de quelle livre vaut qu’on lui sacrifie un instant, un seul instant de chaleur physique ? ». On se pose véritablement la question, à la lecture de ce livre, et on se surprend à se poster devant sa bibliothèque pour tenter de trouver une réponse… Personnellement, je ne la trouve pas, et je me demande même si je serais véritablement capable de brûler des chefs d’oeuvre littéraires (à mes yeux) pour me réchauffer quelques instants. 

Amélie Nothomb amène également la question de l’attribution de telle ou telle qualité littéraire à tel ou tel livre. Qui décide qu’un livre est « bon » et donc doit être sauvé, et pas celui qui se trouve à ses côtés sur l’étagère ? Qui sommes-nous pour trancher ? Est-ce que je préférerais brûler un livre qui me plaît mais n’a aucune popularité (« valeur ») chez les défenseurs des « classiques » (j’emploie ce mot, « classiques », car je ne trouve pas d’autre terme approprié) ou bien un livre qui n’a pas su me toucher mais qui est un grand nom de la littérature ? Au final, quel est celui que je préférerais sauver ?

L’auteure nous amène à ces différentes questions, que je trouve très intéressantes, et je la félicite de parvenir à le faire en si peu de pages. L’histoire en elle-même n’est finalement pas si importante et Amélie Nothomb ne s’y attarde d’ailleurs pas tellement. Enfin, j’ai apprécié les différentes interventions des personnages, réfléchies, parfois amusantes, souvent ironiques…

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